Traité de VEducation corporelle des enfants en bas âge
iromanie lui remit alors mon ouvrage quMl venait de lire, lui promettant qu'il y trouverait tout ce qui ciait nécessaire pour compléter son plan. Rousseau prit le livre. J'ai su ces détails par une lettre que Piron me tit écrire en me demandant un nouvel exemplaire^. »
Rousseau n'est donc pas le premier qui ait dit aux mères de nourrir leurs enfants ; mais il le leur dit mieux que les autres, et c'est par là qu il fut aussi mieux écouté que les autres. Il revenait sans cesse sur ce point comme sur le point capital de la réforme qu'il avait entreprise de la famille. Je dois remarquer en effet que Rousseau songe bien moins à l'allaitement qu'à l'effet moral d'un devoir rempli et d'un sentiment naturel exercé et accru par l'usage. Il ne veut pas seulement que les mères soient des nourrices, il veut surtout qu'elles soient mères de famille. « Voulez-vous rendre chacun à ses premiers devoirs, commencez par les mères ; vous
I ; serez étonnés des changements que vous produirez. . .
1 L'attrait de la vie domestique est le meilleur contrepoison des mauvaises mœurs. Le tracas des enfants qu'on croit importun devient agréable; il rend le
i père et la mère plus nécessaires, plus chers l'un à l'autre; il resserre entre eux le lien conjugal. Quand la famille est vivante et animée, les soins domesti-
) I ques font la plus chère occupation de la femme et le plus doux amusement du mari. Ainsi de ce seul abus corrigé résulterait bientôt une réforme générale; j bientôt la nature aurait repris tous ses droits. Qu'une