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JEAN-JACgUES ROUSSEAU.
tique de l'autre. Les enfants n'apprennent les langues que parla pratique. Donnez-leur une seule langue à apprendre ou donnez-leur-en plusieurs, c'est pour eux à peu près la même chose. Leur mémoire suffira à plusieurs comme à une seule; mais ne croyez pas qu'il y ait autre chose que la mémoire qui soit enjeu dans l'apprentissage qu'ils font d'une ou de plusieurs langues. Il n'y a là pour eux aucune étude littéraire, et ce serait une grande erreur que de croire que l'intelligence s'accroît à mesure que s'accroît le nombre des mots dont elle peut se servir. La meilleure preuve que cet apprentissage des langues est une pure affaire de mémoire, c'est que les enfants ne sont pas dispensés de rapprendre plus tard les langues qu'ils se sont habitués à parler dans leur enfance, pour peu qu'ils veuillent en savoir la grammaire et la littérature ; ils ne gardent de la pratique de leur enfance qu'une plus prompte et plus facile connaissance du dictionnaire de la langue : c'est quelque chose assurément, mais ce n'est pas tout; car des trois parties fondamentales de toute langue, la grammaire, le dictionnaire et la littérature, le dictionnaire est la moins importante et celle qui est le moins une science. Cette nécessité de rapprendre par l'intelligence ce qu'on avait appris par la mémoire n'existe pas seulement pour les langues i elle existe pour toutes choses, et Rousseau a raison de dire « qu'il faut que les enfants rapprennent, étant grands, les choses dont ils ont appris les mots dans l'enfance ^ »