‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 204 sur 251 · Livre iv, p · texte numérisé non relu

Livre iv, p

VU le monde et ses orages, et après cette vie de trouble et de passion, revenu à Dieu et à l'Église, il cherche la paix dans Faccomplissement de ses fonctions, il l'y trouve :

Et j'instruis les enfants du village, et les heures Que je passe avec eux pour moi sont les meilleures... Je me dis que je vais donner à leur esprit L'immortel aliment dont l'ange se nourrit, La vérité, de l'homme incomplet héritage, Qui descend jusqu'à nous de nuage en nuage, Flambeau d'un jour plus pur... ^

Remarquons-le bien, ce qui fait la paix de Jocelyn et du vicaire savoyard, ce n'est pas seulement la résignation de leur âme, c'est leur vie occupée au bien, c'est l'exercice de la charité pastorale, les malades consolés, les enfants enseignés, Dieu invoqué dans le sacrifice de la messe avec une foi tremblante encore des atteintes du doute. Les grandes idées qu'ils ont retrouvées les élèvent; mais leurs humbles fonctions les soutiennent, et ce qu'ils font vient en aide à ce qu'ils pensent. Il n'y a point de résignation sans occupation, et la patience du cœur a besoin de l'activité de l'esprit ou des mains. Quand vous souffrez, priez et agissez. Ceux qui souffrent ont beau invoquer Dieu; s'ils n'agissent pas, ils arriveront promptement à l'aigreur et au désespoir, et ils perdront par l'oisiveté ce qu'ils auront gagné par la prière.

Il y a donc dans Jocelyn et dans le vicaire savoyard

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