INTRODUCTION. XXIX
à le rendre. Ainsi il ne s'emprisonnait dans aucune école et prenait toutes ses libertés. Il était d'esprit assez ouvert pour accepter les réformes justement introduites dans la critique ; il était aussi assez prudent pour ne pousser aucune chose à outrance; il se fit donc, à son usage, sans prétendre que le monde dût Tadopter, l'espèce de critique tempérée qui convenait si bien à son instinct.
Il est facile de reconnaître où nous en sommes aujourd'hui. Après avoir souffert des excès de la critique dogmatique, nous souffrons des excès de la critique historique. S'il y a eu pendant longtemps une critique qui prenait une œuvre sans se soucier de la vie de celui qui l'a faite, ni du temps ni du lieu où elle a paru, pour la comparer à un type unique de beauté et la juger par sa ressemblance ou sa différence avec ce type, cette critique est morte, bien morte, et ce n'est pas la peine de la ressusciter. A cette critique abstraite et étroite en a succédé une vivante et large qui, pour connaître une œuvre, veut connaître l'homme qui l'a produite, le miheu où elle est née, et croit qu'il y a, dans l'art comme dans la nature, des types différents de beauté, qui sont beaux par une même raison. La critique historique et biographique est fondée. Il serait très- étonnant qu'elle se fût arrêtée dans la juste limite ; aussi l'at-elle dépassée. Dans son désir d'expliquer un ou™