XXX INTRODUCTION
vrage, au lieu de se borner à signaler des influences qui pressent un esprit sans le forcer et respectent sa spontanéité originelle, elle a découvert des causes nécessitantes ; au lieu d'étudier Thomme dans son rapport avec l'ouvrage, elle l'a poursuivi dans le menu infini des détails, des actions et des transactions; puis il lui a fallu expliquer l'homme à son tour, et, non contente de retrouver en lui l'hérîtage des parents et ancêtres prochains, elle a épuisé les généalogies ; il ne lui a pas suffi non plus de briser la règle rigide à laquelle on mesurait uniformément tous les ouvrages, elle a affirmé qu'il n'y a pas de règle, que, étant donnés un temps et un pays, la langue et la littérature de ce temps et de ce pays sont ce qu'elles doivent être; qu'il faut renoncer, en fait de langue et de littérature, à l'idée de perfection et de maturité. La critique ne juge point, elle explique et comprend.
Rien de cette critique ne convenait à M. Saint- Marc Girardin. Il n'était pas homme à admettre qu'il n'y eût pas des degrés de perfection dans les langues et les littératures. Pour lui, une langue était un organe de l'esprit, et il pensait qu'un organe peut servir plus ou moins bien ; l'esprit luimême ne lui paraissait pas se posséder aussi pleinement à tous les âges, et c'est ce qui lui faisait admettre que tous les âges littéraires ne sont pas égaux.