INTRODUCTION. XXXI
Prétendre que toutes les formes littéraires sont égales, ou prétendre que dans la politique toutes les formes sont également bonnes, dès qu'elles existent, et que dans l'histoire tous les faits accomplis sont légitimes, c'était à ses yeux une seule et même école ; il l'attendait à la morale et qu'elle proclamât un jour que tous les actes sont bons.
L'application de la mécanique et de la physique aux choses de l'âme 'le blessait ; il se moquait de la biographie préhistorique : il lui paraissait naturel, quand on raconte la vie d'une personne, de prendre sa yie entre sa naissance et sa mort, sans suivre trop loin la question des origines, qui forceraient de pousser jusqu'au paradis terrestre, où tout se confondrait; enfin, dans la vie même, il ne croyait pas que tout fût significatif, ni pour la connaissance de la personne ni pour la connaissance des ouvrages. On trouvera peut-être qu'il avait raison. On ne saurait assez admirer la naïveté de ceux qui s'imaginent faire de la critique littéraire quand ils collectionnent des inutilités biographiques, ni l'audace de ceux qui osent parler de Y Iliade^ de V Odyssée et de je ne sais combien de monuments de l'antiquité, quoiqu'ils ne sachent rien ou à peu près rien de leurs auteurs , pas même s'ils ont existé. Nous ne méprisons aucune information, nous sommes reconnaissants à qui