‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 246 sur 251 · C'est la dolînilion de l'Inquisition · texte numérisé non relu

C'est la dolînilion de l'Inquisition

veille aux portes de l'État révolutionnaire et force tout le monde d'y entrer.

L'anéantissement de l'individu au profit de TÉtat, voilà le principe fatal qui fait du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau le code prédestiné de tous les despotismes. Ici il m'est impossible de ne pas remarquer la contradiction qu'il y a entre Y Emile et le Contrat social :\ Emile ^ dans lequel Rousseau refait l'homme, et le Contrat social^ dans lequel il refait l'État.

J'ai expliqué comment l'histoire^ en France surtout, avait créé l'unité de l'État et comment elle avait successivement supprimé les diversités infinies qui rompaient cette unité : les principautés féodales, les provinces, les ordres et les rangs. Rousseau, dans le Contrat social^ ne s'appuie point sur l'histoire pour créer l'unité de l'État, il ne s'appuie que sur la logique ; mais, quelle que soit la méthode que suive la doctrine de l'unité de l'État, soit l'histoire, soit la logique, il est impossible que cette doctrine, après avoir supprimé toutes les diversités, n'arrive point à une dernière diversité qui lui sert d'obstacle, je veux dire l'impérissable diversité de l'individu. L'histoire respecte cette diversité : car nous voyons partout dans l'histoire depuis cinquante ans des chartes et des lois qui consacrent les droits des indi-

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