‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 26 sur 251 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

ces leçons. Quiconque a passé par l'épreuve de la parole sait qu'il y a toujours quelque momenf où, travaillé par un sentiment intiipe, qui tient au fond même de l'homme, on désire le faire pénétrer chez ses auditeurs, et on se livre, afm qu'ils se livrent aussi; alors on n'est plus seulement un habile esprit qui, sur un sujet proposé, range et développe les idées de ce sujet, on donne de sa personne, on se découvre, au risque d'un échec et peut-être du ridicule. Nul n'arrive à ce point sans une certaine émotion, sans quelque saisissement et oppression, comme lorsqu'on entre dans une eau froide, d'autant plus qu'il n'est permis d'y entrer que peu à peu et qu'il faut préparer le passage d'un ton dans un autre. Dans les cours de M. Saint- Marc Girardin, sur le fond de conversation unie, où couraient les mots spirituels, les morceaux de ce genre se détachent et la mahgne jeunesse qui les sentait venir se promettait bien de ne pas se laisser prendre ; pourtant elle était prise, tant l'accent était sincère, et l'éloquence était la parole d'un honnête homme, avec l'appui d'une vie intacte, toute de travail, d'honneur et de vertu, où les jeunes gens, si difficiles pour leurs maîtres, ne trouvaient partout qu'à respecter.

Dans ces cours, dans celui-ci, la leçon morale u'^-t--elie jamais tourné en prédice^tion morale et k

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