‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 3 sur 251 · INTRODUCTION. Y · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. Y

• que les sciences, les lettres et les arts ne fussent pas nés ; mais ils sont nés : gardez-les donc ; seulement ne Yous imaginez pas qu'ils vous tiennent lieu de vertu. Et autres vérités de cet ordre. Mais qui ne dirait que cela ne trouverait pas de lecteurs ?

Ce n'était pas le compte de Rousseau. Il a porté immédiatement à la perfection un art qui a été beaucoup pratiqué depuis, Tart de tirer un coup de pistolet dans la rue pour attrouper les passants. On est émerveillé de la clairvoyance qu'il a eue dans cette affaire. Il s'agissait de s'emparer d'un monde possédé par le goût de la société et des choses de l'esprit, lorsque déjà ce monde appartenait à un parti d'écrivains formidablement organisé : il malmena la civilisation, prêcha l'état sauvage, piqua par cette nouveauté ; par cela même qu'il ne s'enrégimentait pas, il évitait d'être classé à un rang et pouvait avoir le premier; enfin, philosophe séparé des philosophes, et qui les malmenait rudement, il serait accueilli dans cette partie de la société où ils étaient détestés. Tout se passa ainsi.

On discute si Rousseau se proposait d'abord de résoudre la question pour ou contre les sciences, les lettres et les arts. Ce serait, il nous semble, peu le connaître de croire qu'à l'âge de près de quarante ans, il eût pensé à débuter dans le

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