INTRODUCTION. XLII I
quieu, Voltaire sont tous des Français; il y en a d'autres, la foule sans cesse renouvelée qui, avec un nom moindre ou sans nom, écrit et cause et alimente l'éternelle querelle du wai et du faux en philosophie , en religion , en morale , en politique, en art, avide de s'entendre et de se faire entendre, décidée à n'être dupe de rien, et qui, constamment en exercice, arrive à distinguer la vérité par une espèce de tact. Mais ce n'est pas seulement un pays de critiques; quels écrivains, et quelle variété! Tout ce pays est amoureux du bien dire : un trait heureux, un mot trouvé le ravissent, et il n'y a pas de situation où on ne le trouve; aussi est-ce un des plus sensibles plaisirs qu'on puisse éprouver que d'être au milieu de ce public si fin connaisseur. On reconnaît avec joie que la culture ne fait pas tout ici, qu'il y a le sol.
Ce grand public mériterait qu'on lui rendît plus justice. On est bien méprisant pour les conférences. Il semble qu'il suffirait de mépriser celles qui le méritent, car enfin il y a conférences et conférences : il y en a de frivoles, il y en a de sérieuses. Le fait d'inviter un grand nombre de personnes pour les entretenir d'un sujet ne prouve pas nécessairement qu'on ne leur enseignera rien; seulement il va sans dire qu'on s'interdit certains sujets qui,