‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 32 sur 251 · INTRODUCTION. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLV

guissait, la vie morale da pays et peut-être, en de tristes heures, nous ont appris à ne pas désespérer de la France. Fi des amuseurs publics ! Ce métier est indigne de la parole ; mais elle est aussi bien hautaine si elle prétend ne s'adresser qu'à quelques-uns et dédaigne le reste.

Ce pays, grâce à Dieu, est vivant, n'allons pas le refroidir et l'éteindre. Bien des choses servent à nourrir cette activité : les articles de jouruaux et de revues, les hvres, les théâtres, les concerts, les musées, les expositions, les cours pubHcs, les discours de la chaire,,de tribune et d'académie, enfin tout ce qui fait sentir à l'esprit qu'il existe. N'y eût-il que ce mouvement, par lui-même le mouvement est bon, il est préférable à l'inertie; mais on n'en est pas réduit là, l'esprit ne se contente pas de se mouvoir, il se forme, il prend l'habitude de saisir, de juger à leur valeur les idées qui lui sont présentées, et, en faisant cela, il acquiert la justesse et la délicatesse, qui servent partout. Qui peut dire combien d'esprits ont excités et redressés les feuilletons de Sainte-Beuve, pratiquant en pubUc , chaque semaine pendant tant d'années, ses pesées et ses contre-pesées, avec ces balances si sensibles où il plaçait les vivants et les morts? Qui sait quel travail a été fait dans les intelhgences par la lecture de l'histoire telle qu'elle est entendue de-

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