INTRODUCTION, LV
l'autre la moindre prétention, le moindre effort; c'était un commerce aisé , naturel et charmant : nulle envie de briller, mais certainement le désir d^être agréable, avec une disposition à trouver ce qu'il faut pour l'être, ou, comme madame de Sévigné le dit d'une manière exquise : ce une envie de plaire, qui fait qu'on plaît. »
Il était un homme de famille ; il trouvait là deux forces qu'il ne séparait jamais, sans lesquelles il ne concevait pas la vie : l'affection et le devoir; il a été frappé cruellement à cet endroit, et l'existence de cet homme qu'on appelait heureux a été traversée par des événements terribles ; mais chaque fois, après le premier ébranlement, il reprenait son équilibre : quelle que fut sa souffrance, il aimait mieux ces douleurs que d'autres plaisirs. Il a longtemps conservé sa vieille mère, une femme de grand sens et de grand courage, dont elle avait eu besoin dans des années difficiles ; il a eu jusqu'à la fin près de lui la femme d'un cœur admirable, qui n^i jamais une seule fois pensé à elle-même, et des enfants, les plus respectueux et les plus tendres, en qui il revit.
Il n'était pas comme quelques-uns qui déploient toutes leurs grâces dans le monde et gardent leur mauvaise humeur pour la maison. Sous cette influence sereine, les naturels se mettaient en liberté.