‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 56 sur 251 · Voir la dernière lettre à Madame de Gréqui · texte numérisé non relu

Voir la dernière lettre à Madame de Gréqui

musicien du genre de Rousseau, c'est-à-dire un homme qui aimait la musique, et qui même s'en était fait un système particulier; mais c était surtout un homme d'esprit qui avait beaucoup d'idées et qui même ne craignait pas le paradoxe. Il m'est difficile de croire qu'il n'ait jamais parlé d'autre chose que de musique avec Rousseau, et que par ses réflexions il ne l'ait pas disposé contre les philosophes et les littérateurs du siècle, quand je lis du pèreCastel les phrases suivantes : « La science est aujourd'hui trop répandue, trop facile et à trop grand marché ; elle est trop à la portée de bien des têtes qui n'ont pas la force de la porter. Je suis payé pour vanter les journaux, les dictionnaires, les manières de faciliter les sciences et de les mettre h la portée de tout le monde. J'ai été trente ans journaliste ; j'ai mis les mathématiques en une espèce de dictionnaire, et ma fantaisie a toujours été de tout faciliter, arts, science et littérature. J'ai cru par là faire la guerre à la demi-science et rendre tout le monde pleinement savant. Pour un savant que j'ai fait, j'ai fait deux à trois cents demisavants, quart et demi-quart de savants, et il y a plus de quinze ans que j'ai reconnu de bonne foi que j'avais manqué mon coup et mon but..,^. » Voilà des idées qui touchent de bien près à celles de Rousseau. Le même homme, il est vrai, qui se repent d'avoir trop aidé à la diffusion des sciences par les jour- j naux et par les dictionnaires, est grand partisan des routes, des canaux, et de tous les moyens de communication ; il en parle même comme pourrait faire un

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