Esprit du phcCas'.el, 1703, p. 110 et 111. i
économiste de nos jours. Ainsi il remarque que l'intendant du Languedoc sous Louis XIV, M. Lamoignon de Baville, a plus fait pour soumettre et pacifier les Gévennes par les grandes routes qu'il y a ouvertes que le maréchal de Villars par les armes et par les négociations. Il croit que les routes créent des voyageurs, et qu'elles développent sur leur passage l'industrie et Tagriculture. (< Percez un État en tous sens de canaux et de grands chemins; dès ce moment, sans presque qu'on s'en mêle, tout va s'animer dans ces grandes voies et dans tout ce qui y aboutit. Croyez-vous ce que je vais vous dire? Il n'est pas possible qu'un pays soit longtemps en friche, lorsqu'il est coupé de grands chemins... '. » Ainsi va la nature humaine. L'ingénieur se défie des livres, il en médit; mais il adore les routes, et il ne comprend pas que les livres et les chemins sont des véhicules de genre différent, mais de même effet, et qu'on ne peut pas remuer le corps de l'homme sans remuer aussi quelque peu son esprit. Les sciences mentent quand elles se vantent de ne s'adresser qu'à la matière, et qu'elles s'en font un mérite auprès des gouvernements ; elles ont tous les dangers des lettres et n'en ont pas les remèdes^.