X INTRODUCTION
l'homme, dans Rousseau, il faut d'abord faire la part de ce qui ne saurait être défendu: Torf^^ueil, l'indélicatesse dans ses amours, ses ombrages, ses brouilleries avec ses protecteurs et ses amis, son triste ménago, ses enfants mis à l'hôpital ; une fois cette part faite et largement, il reste un homme qui n'était pas méchant, qui était bon, si le manque d'équilibre d'un rêveur égaré dans une société trèscompliquée et les noirs accès de la folie, qui commença plus tôt qu'on ne le croit (M. Saint-Marc Girardin l'a reconnu), n'avaient gâté sa vie. M. Saint- Marc Girardin ne songe pas à excuser ses gaucheries avec les grands ; quand il s'agit des relations troublées avec les philosophes, il ne donne pas tous les torts à Rousseau et les distribue impartialement. N'eùt-on pas été Rousseau, peut-être n'était-il pas si facile de s'accommoder avec tel ou tel d'entre eux : avec Grimm, qui ne paraît pas de caractère très -maniable, et avec l'impétueux Diderot, dont 'M. Saint-Marc Girardin a si joliment dépeint l'humeur théâtrale. Enfin, malgré tout, Rousseau trouve grâce près du critique, qui le préfère encore aux philosophes et lui pardonne beaucoup en faveur de la scène qu'il leur fit chez mademoiselle Quinault, quand ils* se targuaient d'athéisme : « Moi, Messieurs, je crois en Dieu ; » et ; (c Je çors si vous dites m mot de plus, » Les