Le théâtre des Délices
cliand de clous, à mon cordonnier ^ )) Les expressions de la lettre de Rousseau, dont il avaitri d'abord, lui revielinent à la mémoire et l'irritent. (( C'est contre votre Jean- Jacques que je suis le plus en colère, écrit-il à d'Alembert le 19 mars 1761. Cet archifou, qui aurait pu être quelque chose^ s'il s'était laissé conduire par vous, s'avise de faire bande à part ; il écrit contre les spectacles après avoir fait une mauvaise comédie ; il écrit contre la France qui le nourrit; il trouve quatre ou cinq douves pourries du tonneau de Diogène, il se met dedans pour aboyer; il abandonne ses amis; il m'écrit à moi la plus impertinente lettre que jamais fanatique ait griffonnée. Il m'écrit en propres mots : Vous avez corrompu Genève pour prix de V asile qu'elle vous a donnée comme si je me souciais d'adoucir les mœurs de Genève, comme si j'avais besoin d'un asile, comme si j'en avais pris un dans cette ville de prédicants sociniens, comme si j'avais quelque obligation à cette ville î » En recevant cette lettre, où la colère d'un poëte qui veut qu'on joue et qu'on applaudisse ses pièces met en mouvement toutes les autres colères de Voltaire : et sa colère de philosophe contre les prédicants, ^t sa colère de grand seigneur contre les marchands de clous et les cordonniers qui de plus sont diacres, et sa colère de riche contre ceux qui croient qu'il a besoin de quelqu'un, d'Alembert essaya de calmer l'irascible vieillard. « Je viens à Jean-Jacques, écrit d'Alembert à Voltaire, non pas à