XII ' INTRODUCTION
sa vie de professeur et de père de famille, et avec sa science, son âme.
On éprouvera peut-être quelque étonnement en lisant le chapitre sur le Contrat social. On s'attendait à voir M. Saint-Marc Girardin résumer toutes ses forces pour attaquer cet ouvrage, qu il semblait avoir uniquement en vue en commençant ; or il ne se produit rien de pareil. Sans doute il combat avec une grande vigueur l'omnipotence de l'État, ridée absurde que l'État a le droit d'imposer une profession de foi et d'exiler ceux qui refusent de se soumettre : mais il aime aussi à montrer comment Rousseau s'est corrigé lui-même ; il laisse de côté des théories très-graves qui sont bien dans le " Contrat social^ comme la théorie du gouvernement direct ; et, sur un point des plus considérables, il attire Rousseau à lui au delà de ce que permet une exacte interprétation. Ainsi, après avoir recueilli dans les Lettres de la Montagne le passage suivant: « Le meilleur gouvernement est l'aristocratique, la pire des souverainetés est l'aristocratie ,)) il ajoute en songeant à la monarchie de Juillet tombée :
« Le gouvernement électif, où quelques-uns sont (( clioisis pour faire les affaires de tous, et où Ton ne « choisit que ceux qui peuvent donner leur temps aux « affaires publiques, ce gouvernement, qui est l'idéal