‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 41 sur 65 · HENRI, LA COMTESSE, BENOIT · texte numérisé non relu

HENRI, LA COMTESSE, BENOIT

la comtesse. Oui, colonel, j’avais hâte de vous voir.

henri. Allez, Benoît, et ne pordez pas un instant.

benoît. Comptez sur moi, colonel... ( J l sort .) la comtesse. J '.n bien des choses !» vous dire. henri. Rien de fâcheux, je l'espère ..

la comtesse. Non, j’ai plutôt de bonnes nouvelles b vous donuor...

henri fut fait signe de s'asseoir. Je viens d’envoyer au-devant de mademoiselle Jeanne.

la comtesse, s'asseyant sur la causeuse.

Elle sera ici dan9 deux heures, la voiture arrive à midi et demi.

henri. Maintenant, je vous écoute, madame...

la comtessr. Vous savez qu’hier soir quand vous avez quitté Tbôtel, vous m'avez laissée en téle-à-iéte avec monsieur le comte.

henri. Oui, madame.

la comteîSb. Nous avons eu ensemble alors une longue conversation au sujet de Jeanne.

J'ai trouvé monsieur le comte embarrassé ou plutôt repentant; après sôtie accuse d’une iioiiJeur irréfléchie et presque involontaire, après m’avoir fait votre éloge, il m'a dit qu'il comprenait, mais déplorait l'eloignement de ma fille, et qu'il eût oté huureux de pouvoir, afin de se réconcilier avec elle... hâter luimôme la célébration de son mariage, en lui dou* nant le contentement qu’il a toujours refusé.

henri. 11 vaudrait bien mieux pour le monde et pour nous quo notre mariage se fit sans violence.

la GOHiBSOt* Vous avez raison, Henri, et c’est dans l’espoir d'atteindre ce but que j’ai annoncé à monsieur le comté qu'aujourd'hui j’espérais voir Jeanne...

henri. Est-ce que tous lui avez communiqué ta lettre ?

la comtesse. Oh ! non. Jo ne le pouvais pas, les te: me» de celte lettre s'y opposaient; mais je lui ai fuit un ineiiN-nge... Je lui ai dit que lorsque Jeanne était partie pour dix jours environ, elle m’avait promis quo le cmquièrao jour elle viendrait secrètement m’embrasser à Paris qu% n nous séparant, nous nous étions donné rendez-vous le cinquième jour chez le colonel H ‘nri... que ce jour était arrivé... quo Jeanne, Adèle à sa parole, vi< mirait ici pour y passer une heure avec moi i l que je pourrais, en lui annonçant l’heur, use détermination de son beau-pere, Pempôqher de repartir...

henri. Très-bien.

la comtessb. Le comte, eu apprenant que j’espérais voir Jeanne aujourd’hui, n’a pu se

défendre d’un* certaine émotion, et n** demandé l'autorisation de $o joindre à nous .«fin de lut faire part lui-môme de sa résolution... II va donc venir... et je suis accourue pour que vous en fussiez prévenu.

HEvni. Tout cela est fort heureux, madame...

la comtesse. Maintenant que je vous ai dit mes espérance», il faut que je vous parle de mes inquiétudes...

henri, prenant un siège et s'asseyant près d'elle. Quelles sont-elles ?

la comtesse. Je ne puis les définir, et celle leltro do Jeanne en est cause... Voyez d’abon! comme elle est singulièrement cachetée...

henri, examinant la lettre. On n’a pas facilement tout sous la main dans les h Vil n ■ de province.

la comtesse. Mais Jeanne pot le toujours, suspendu à sa montre, son cachot avec ses initiales.

henri. (.'est étrange.

la comtesse, qui a ouvert la lellre. Et roy< i cette écriture tremblée.

hbnri. F.n effet...

la comtesse. Et maintenant, écoutez le sombre style de sa lettre. (Elle lit.) • Mère » chérie... je no puis plus vivre loin de toi, et » pourtant je crains de rencontrer le comte, » cet homme qui nous ferait mourir, si Dieu n ne veillait sur nous.* (Parlant.) Vous comprenez que je ne pouvais montrer cotte lettre au comte.

henri. C'eût été réveiller toutes los haines. . la comtesse, lisant. « Vers le rettiea du » jour, j'arriverai dan» la demeure du colonel, » rue de la Paix; hâie-toi de m'y précéder... » et songe d'avance au moyen que tu devras » employer pour me cacher là, où tu pourra* » consoler ta pauvre fille qui t’aime. Jeanne. * henri. Cette lettre est d'une incroyable tristesse... J’entends une voiture : (Jl ra à la fenêtre.) c’est colle du comte... Cachez bien cett« lettre, madame. Moi, je vais à la rencontre du comte d'Arezzo.

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