V. -— Chroniques
ME RISITERCREZES AA Re RER 1 (3 novembre 1887).
MaisonsShakespeare et CIE en (11 décembre 1887).
Mesdames Clemenceau................. (22 décembre 1887). L’Amant des poitrinaires.............. (25 décembre 1887). Jouet div er EC EEE EEE (1°r janvier 1888).
Ce projet n'était pas encore au point. Groupant ainsi ses articles, Lorrain n'avait pas conçu l’idée directrice de Dans l’Oratoire, qui donne à ce livre son caractère mystico-littéraire. Pourtant, c’est des quatre nouvelles groupées sous la rubrique : Les Confesseurs de ces dames que devaient sortir l’esprit, le titre et la première partie de Dans l’Oratoire.
L'esprit, parce que le titre de ce groupement devait, sous la forme de Leurs Confesseurs, rester le sous-titre de Dans l’Oratoire (1). Cette idée de considérer les littérateurs adonnés à la psychologie féminine comme des confesseurs et leurs modèles et lectrices comme des pénitentes, s’élargissant en l’esprit de Lorrain, devient la vision d’une manière de religion, d'église, dont les littérateurs seraient les prêtres et les femmes éprises de littérature, les dévotes.
Le titre, parce que, quelques souvenirs historiques aidant, la conception d'une religion où s'unissent, en un étrange ragoût, la sensualité, la mystique et la littérature, devait se réaliser plus tard dans l’image de L'Oratoire, « lieu de mystère et de clair-obscur, retrait moelleux, soyeux, tout imprégné d’odeurs de sacristie et de nuques de femmes (2) ».
La matière, parce que le titre II du recueil de chroniques passa tout entier dans la première de Dans l’Oratoire. Délerminant ainsi le caractère mystico-littéraire du volume, elle entraîna avec elle tout ce qui s’y rattachait, en quelque manière, notamment les quatre articles du titre Ier : La Comtesse d'Escarbagnas, le Docteur Miracle, La Petite Dachellery, Francine, que nous retrouvons dispersés dans L’Oratoire (3). De la troisième el de la quatrième du recueil, furent incorporés à L’Oratoire pour les mêmes raisons : Eros Basileus, sous son propre titre; L'Amour littéraire, sous le titre Du Respect aux morts; Madame Parleydhondemoi, sous le titre de De Vanitate (4). Une tenue mystique, au moins dans le titre, se révélait ainsi obligatoire pour entrer Dans l’Oratoire. Aussi toutes les chroniques du recueil, décidément réfractaires à cette influence, furent écartées du livre. Du titre III, trois seulement furent admises et pas une seule des quatrième et cinquième parties.
Pour compléter le recueil ainsi écourté, Jean Lorrain reprit sous le titre Sic transit gloria.. la chronique Neuilly, passée à L’Evénement le 23 février 1887, et quatre articles inspirés du même esprit que Les
(1) Dans l’Oraloire, p. 9.
(2) Ce titre : Dans l’Oraloire, ne fut trouvé qu’en 1888. En effet, l’article, intitulé L’Oratoire et qui servit de préface au livre, parut le 23 juin 1888.
; Le se premier, p. 153 ; le deuxième, p. 93 ; le troisième, p. 192 : le quatrième,
(4) Eros Basileus, p. 105 ; Du Respect aux morts, p. 71; De Vanitate, p. 128.
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Confesseurs de ces dames, précédemment publiés dans Le Courrier Français, savoir : La Salamandre (1), Le Fils du Rajah (2), La derrière Gondole (3), Frère Hépicius (4).
Les chroniques et portraits dont se compose Dans l’Oratoire sortaient donc encore frais du journal quotidien. Ils n'avaient rien perdu de leur actualité et le lecteur contemporain les comprenait sans peine. Pour le lecteur d'aujourd'hui, s’il n'est bien renseigné, ce sont de véritables énigmes. C’est pourquoi il nous paraît utile de chercher ici les originaux des portraits littéraires figurant Dans l'Oratoire et d'éclairer de quelques commentaires les chroniques présentant un intérét littéraire.
A. —- Portraits.
Mademoiselle Baudelaire (5), c'est Paul Bourget. Nous le reconnaissons à son éducation anglaise : il «ne sort plus de Saint-Sulpice, mais des Universités de Cambridge ou d'Oxford... il s'habille à Londres, lit la Bible dans Herbert Spencer, L’Imitation dans Stendhal, chante au lutrin dans Shelley et communie dans une théière » (6) ; à son portrait physique : « jeune, blond, joli garçon » (7) ; à ses héroïnes : la Comtesse Heurtal, Taraval, Mme de Sauves, Hubert Liauran : à ses protectrices des salons juifs : Mme Cakhen, par exemple, qui partageait ses soins entre Loti et lui-même le faisant ainsi traiter de Sous-Caro du ghetto (8) ; au titre de ses œuvres, Hamlet Cœurdelys (9).
L’Aumônier du château (10), c’est Octave Feuillet. Comment l’ignorer si on le désigne, au cours de la chronique, sous le nom de l’abbé Octave (11), si l’on y parle du Roman d’un jeune Homme pauvre, de Sybille (12) et de l'influence écossaise de Walter Scott (13).
L’Abbé de Joie, c’est Renan, ainsi nommé à cause de l’Abbesse de Jouarre. 1l suffisait d’ailleurs, pour le reconnaïtre, de son portrait moral : « L’Abbé de Joie est un doux, un conciliant, un suave, un voluptueux épris de son indifférence et de son repos. Il nie pour s’éviter
(1) 12 décembre 1886 : Oraloire, p. 204.
(2) 13 février 1887 : Oraltoire, p. 186.
(3) 20 février 1887 : Oraloire, p. 161.
(4) 17 juillet 1887 : Oraloire, p. 56.
(5) Que Lorrain écrit Beaudelaire. Cette graphie est si fréquente qu’elle ne saurait passer pour une faute d'impression. Elle surprend chez un écrivain qui paraît savoir Baudelaire par cœur.
(6) Dans l’Oratoire, p. 12.
(7) Ibid. L
(8) Ibid., p. 20-21.
(9)*1bid.,"p- 21:
(MO) Tbid,;"p- 22:
(11) Zbid., p. 25.
(12) Ibid., p. 24.
(13) Ibid., p. 26.