AGE
la peine d’affirmer el détruit pour le plaisir d’effeuiller, car c’est un bien gros mot que détruire (1). »
Monseigneur Psycho, c’est Caro, dont Lorrain avait promis à l’une de ses plus jolies pénitentes de ne point parler. Mais, grâce à une citation bien choisie, le chroniqueur normand sait en parler, tout en n’en parlant point et peut terminer sa chronique infidèle par cette pirouette : « Madame, avouez-le, fidèle à la devise Verbum Caro factum est, les ai-je eues assez loutes les indulgences de la Chair pour le Verbe ou du Verbe pour la Chair, ou ai-je été assez bon pour lui! (2). »
Les Pères saphistes sont moins clairement indiqués. À la sonorité du nom, on reconnaîl, dans le père Tibulle, Catulle Mendès. On le devine aussi, au titre des ouvrages, que Lorrain cite page 58 : Tous les Baïsers (3), Pour lire au Bain (4), Contes pour les belles Personnes (5), Pour lire au Couvent (6), Le Fin du Fin (7).
Le Père Réneus, ainsi que son nom l'indique aussi, est René Maizeroy. Lorrain parle de ses petits traités de morale (8). Il fait allusion à ces brochures spéciales que Maïizeroy publiait, en effet, sous une forme didactique : Les Jeux de l'Amour, La Joie d'aimer, Le Mal d'aimer, Le Doute, parus avant L'Oratoire, Le Désir, La Jalousie, La Possession, La Rupture, parus après L’Oratoire.
Le Frère Hépicius (9), c’est le Père Monsabré. L'article est du 14 juillet 1887. Lorrain déclare avoir entendu le prédicateur « ce dernier printemps à Notre-Dame ». Or, c’est le Père Monsabré qui précha le Carême de 1887 à Notre-Dame.
Le Docteur Miracle (10) est Alexandre Dumas fils. A la page 94, Jean Lorrain fait allusion à Francillon, à propos de certaine marquise qui, un an auparavant, avait défrayé la chronique scandaleuse de Paris «pour avoir appliqué un an trop tôt la fameuse loi. du talion, la dernière. pièce, non, le système nouveau du Docteur Miracle (11) ». À la fin de la chronique, Lorrain conte d’ailleurs l’anecdote connue touchant l'élection
de Leconte de Lisle à l’Académie française. Ayant à se plaindre de.
Dumas, ce poète aurait négligé de lui faire la visite‘ de rigueur. Comme le secrétaire l’en avertissait :
(1) Dans l’Oratoire, p. 34.
(2) Ibid., p. 46.
(3) Paru en 1884-1885.
(4) Paris, Dentu, 1886.
(5) Le titre exact est : « Pour les belles dames amies » (Paris, Ollendorf, 1886).
(6) Paris, Flammarion, 1887.
(7) Le titre complet est : « Le fin du fin pour un jeune homme qui se destine à l’amour », Paris, 1885.
(8) Dans l'Oratoire, p. 54.
(9) Id., p. 56. S
(19) Jd., p. 94. -- Cf. p. 18, note 10.
(11) {bid.
AVANT TEEN CN
ic sut Le ÉTÉ CS ne à dm
— Mon cher Maître, vous avez oublié le Docteur.
— Quel Docteur ?
— Mais le Docteur Miracle, le seul, le grand Docteur !
—— Miracle, je le croyais mort ! aurait répondu le poëte, feignant de n'avoir jamais entendu parler que d'Alexandre Dumas le père (1).
Eros Basileus, celte chronique sur Péladan, sur les femmes de son temps, est, malgré son titre, sans mystère ; c’est une chronique littéraire, bien plus qu'un portrail.
Francine (2). Cette dame si célèbre alors dans le monde de la galanterie « qu’il fallait être bien peu Parisien pour ne pas la connaître » (3), n'a laissé d'elle aucune trace, pas même dans l'histoire anecdotique de la fin du siècle dernier. Il serait bien difficile de l'identifier, si, dans une lettre à Magnier (4), Jean Lorrain ne faisait allusion à Francine el à cette chronique : « La Francine qui vibre si bien dans les colonnes de L'Evénement, ne serait-elle pas une vieille garde bien connue de la plaine Monceau, Francine de S...vy, si cruellement exécutée il y a plus d’un an dans le même journal (5)!»
La Comtesse d'Escarbagnas est Mme Aubernon. On la reconnaît
à son portrait physique et moral : « Bien portante, exubérante comme la santé, gesticulante, empanachée.. comme une gaieté d'opéretle émane de toute sa réjouissante personne... » (6) ; à sa table sans éclat : « Bref,
serait une maîtresse de maison accomplie, si ses menus, trop chargés d'épinards, connaissaient quelquefois l’artichaut et l’asperge et si ses vins avaient l’âge de ses prétentions (7) » ; à certains délails de sa vie littéraire : « C’est elle qui découvre Henry Becque (8)... et minaude aux premières de Pailleron dont elle reconnaît avoir inspiré la pièce » (9) ; à sa sonnette en porcelaine qui réglait chez elle le ton des conversations : « une tonitruante sonnette, brandie à tour de bras par la maîtresse de céans, y imposait silence aux plus autorisés » (10).
Dans Le Fils du Rajah, avant même que Lorrain ait nommé le personnage que voile à peine ce pseudonyme lancé par Manoël Granfort dans une chronique du Gil Blas (11), le lecteur a reconnu Louise Abbéma à
(4) Dans l’Oratoire, p. 100 et 101.
(OT Ep-ati6:
(4) 4 janvier 1888. C’est Lorrain lui-même qui, sous le pseudonyme de Francine, vibrait alors dans les colonnes de L’ Evénement.
(5) Chapoutot, p. 8.
(6) Dans l’Oratoire, p. 158.
(7) Id., p. 159.
(8) La Parisienne de Becque fut, en effet, jouée sur le théâtre de Mme Aubernon; de même, c’est elle qui lança La Maison de poupée, d’Ibsen.
(9) Le Monde où l’on s'ennuie est, en effet, une caricature du salon de Mne Aubernon.
(10) Dans l’Oratoire, p. 154.
(11) Id., p. 184.