‹ Jean Lorrain: Un Second Oratoire Chroniques RetrouvéesChapitre 3 sur 41 · ER · texte numérisé non relu

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Ses dons de romancier ? Les Lepillier, s’ils ne lui avaient rien coûté, ne l'avaient pas enrichi, et Très Russe (1) ne devait pas lui rapporter davantage.

Mais, dès Fécamp, Jean Lorrain avait fait son apprentissage de publiciste en de pelites revues : L’Art et la Mode (2); La Vie moderne (3); La Suisse romande (4) ; La Revue indépendante (6)5 Lutèce (6).

Or, le journalisme, s’il payait mal son homme, élail mieux rémunéré que le roman et surtout que la poésie. Pour assurer sa vie matérielle, Jean Lorrain se fit donc journaliste, et, à la fin de 1886, il entra au Courrier français.

Fondé par Roques (7), cet hebdomadaire ne devait étre au début qu'une manière de prospectus à la gloire des pastilles Géraudel. Comme les écrivains en place dédaignaient, en ce temps, de collaborer aux publications commerciales, Roques eut l'esprit d'attirer à son périodique pliarmaceutique tous les jeunes talents de Montmartre : Alphonse Allaiïs, Caran d'Ache, Goudeau, Willette, Steinten. La première salle de rédaction du journal de Roques fut d’ailleurs un cabaret. « C’est dans le cabaret du Rat Mort que je nous revois, composant le numéro de la semaine, discutant l'actualité et blâmant ou approuvant les dessins au milieu des bocks el des verres de charlreuse entre neuf heures et minuit » (8).

Malgré cela, il y avait loin de ce périodique à un grand journal quotidien comme L'Evénement. Ce journal, dans sa première forme, avail élé fondé à Paris en 1847, sous l'inspiration déjà républicaine de Victor Hugo. Naturellement suspendu, il ne put reparaître qu’en 1872 sous la direction de Magnier, qui lui garda sa ligne républicaine et anticléricale.

Pourtant Lorrain passa, à moins d’un mois de distance, du Courrier à L'Evénement. 11 devait y rester jusqu’en juillet 1890. Cette période de sa carrière journalistique est particulièrement intéressante. De ses premiers essais, Jean Lorrain constitua Dans l’Oratoire, l’un de ses livres les plus importants. Il avait recueilli et préparé pour la publication un

(1) Paru en 1886.

(2) et (3) « J'ai beaucoup travaillé ces temps-ci, prose et vers : vers pour les Hérodiennes, vers pour Théodora ; prose pour L’Art et la Mode et pour La Vie moderne ! Lisez donc le dernier numéro de L’Art et la Mode, il y a allusion déguisée au dit Bourget Paul qui vous dilatera » (Lettre à Buet, t. II, p. 100).

(4) Correspondance, t. I°r, p. 86.

(5) et (6) « Ci-joint de la copie :

» I. — Trois sonnets des Hérodiennes, les Idoles, qu’il faut absolument me faire passer dans la Revue indépendante.

» IT. — Cette Kimdry à faire passer n'importe où ; dans Lutèce, par exemple » (Lettre aBuet END 251);

(7) Au début de 1886.

(8) Le Journal, 22 février 1896.

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cerlain nombre de chroniques qui suivirent (1). Mais les circonstances ne lui laissèrent pas le temps de les publier. C’est ce que nous voudrions faire aujourd'hui dans une manière de Second Oratoire, précédé d’une introduction étudiant, pour les mieux situer, l’ensemble des articles de Lorrain à L'Evénement ef, notamment, ceux de L’Oratoire.

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