‹ Jean-Louis d'ErlachChapitre 25 sur 30 · ROSEN - TAVEL DE VILLAI · texte numérisé non relu

ROSEN - TAVEL DE VILLAI

et qui était depuis lors prisonniei Rosen ne put pas recouvrer sa position ; il avait été remplacé t oublié. Faute de mieux, on le former irn corps d'armée de 4.0 avec les soldats licenciés de l'i doise'.

L'intervention d'Erlach en faveu de Villars ne réussit pas non pi Nicolaïde de Blonay, fille de Jea Blonay, seigneur catholique du près de Montreux sur le lac deGenè fiancée, étant encore mineure, à uti Etienne de Tavel de Villars, cito, et proche parent de la femme d'ï ans après, devenue majeure, elle se ver au Ghâtelard (9 janvier 1642) ses cousins, Jean-François de Bloni de Bernex, qui était catholique e Savoie, l'épousa, sans que les pa

' Jaaa de Roseo, gouTerueur de Thann d'Erlach, en lfti7, l'autonsation de se readr y démontrer l'innocence de son frère Beioli général. II serait parvenu, dit-on, ï pi'ouver

J£An~LO[)IS D'EKLACU

e y fissent opposition. Tavel, alors au e la France, porta plainte à Berne, et laux de cette ville condamnèreut le ■. Mais, malgré l'intervention du goude Brisacb, l'aflâire n'eut pas de

sième exemple d'intervention d'Erlach r de ses amis eut plus d'importance >ir plus de succès. Henri IV avait iuc Henri de Rohan avec Marguerite ue-Sully, fille de son ministre et ami, de Sully. Après la paix d'AIais 1630), le duc de Rohan se retira à vec sa femme, et entra en négocia- ; le Sultan pour lui acheter l'île de .ont il voulait faire un asile destiné aux 3 français'. Pour se procurer l'arjssalre au payement du prix stipulé I thalers), il lui fallait vendre les biens iédait en France. II en chargea sa

l'acheter l'île de Chypro avait été suggérée i Cyrille, patriarche de ConatantiDople. Cyrille l'affaire n'eut pas de suite (Imuobi., Bistoire de îohan, Didot, 1889, p. 285).

TAMCBÈDE DE ROHAH

femme et, comme elle était gros»

sept mois, ils suivirent tous deux leur fut donné par uu sénateur d tenir la naissance secrète, si la du chait d'un fils, de peur que Rich emparât pour le faire élever da:

catholique, et pour empêcher aim nots d'avoir un nouveau chef.

LkI duchesse, qui avait déjà une Marguerite, âgée de quatorze Venise avec elle {S octohre 1630) à Paris, non pas à l'hôtel de R craignait d'éveiller des soupçons, de ses amies où elle accoucha 18 décembre 1630. Peudejoursî sancc, la duchesse vint s'établii Rohan, et son fils, qu'on appela 1 baptisé sous un nom supposé.

L'année suivante, le due réconcilié avec le roi, fut nom deur en Suisse. U reparut à la Ci et on pense qu'il vit alors, mais son fils âgé de quatre ans.

Lorsqu'eut lieu l'invasiou de li

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le cardinal-infant don Fernando, en 1636, Jean de Werth menaçant Paris et le duc de Rohan étant absent, la duchesse se réfugia dans ses terres, et confia Tancrède au père de son maître d*hôtel, avec ordre de le conduire au château du Breuil, situé entre Lisieux et Pont rÉvêque.

Gomme on ignorait toujours l'existence de Tancrède, sa sœur aînée Marguerite, passait pour le seul enfant du duc de Rohan et, par suite, pour la plus riche héritière de France. Craignant de se voir enlever tous ces avantages si l'existence de son frère venait à être découverte, elle résolut de le faire disparaître. Elle avait su se ménager pour cela le concours de quelques amis : Ruvigny, Barrière et Sauvetat. Barrière, qui servait dans la marine, enleva Tancrède, âgé de sept ans, au château du Breuil (12 février 1638) et, moyennant 1000 Ihalers, décida le gardien à annoncer à la duchesse que son fils était gravement malade. Un autre conjuré, Ruvigny, le conduisit d'abord dans un couvent de femmes dont la supérieure était une de ses parentes, puis au

TANCBËDE DE ROUAM

château de Gormelotte près de 1 Sauvetat, qui était au service de 1; le prit pour l'embarquer sur un devait se rendre aux Indes.

A la première uouvelle de la prête die de son fils, la duchesse de f envoyé son médecin au château du médecin, trompé par le même g écrivit que Tancrède était mort, e muniqua aussilôt cette nouvelle Rohan qui se trouvait alors au ca nard de Weimar devant Rheinfe

Pour expliquer cette présen' Kheinfeld, il est nécessaire cl en arrière. Envoyé en Suisse avec après sa réconciliation avec le de Rohan, à la suite de divers évén* tiles à rappeler, avait signé un in avec les Grisons et, Richelieu ayai ratifier ce traité, les Grisons s'étaii et avaient obligé le duc à se retii armée, Craignant d'être puni par nemeni français à cause de cet éc s'était d'abord réfugié à Genève,

mis à la disposition de Bernard de Weimar comme simple volontaire*. Il venait d'assister à la première bataille de Rheinfeld pendant laquelle il avait été dangereusement blessé (28 février 1638), quand il reçut la lettre de la duchesse qui lui annonçait la prétendue mort de son fils.

Le duc de Rohan connaissait déjà Tenlèvement. Etant encore à Rheinfeld, il avait, en effet, adressé à sa femme un mémoire dont on n'a pas la date et où on lit ces mots : « Peu après, étant arrivé au camp de Rheinfeld, j'apprends que des gens armés et masqués avaient par violence enlevé mon fils unique, nommé Tancrède, que je faisais nourrir secrètement en Normandie. »

Quelques jours après (8 avril), de Kœnîgsfeld où on l'avait transporté, Rohan écrivait de nouveau à la duchesse : « Une balle m'a été tirée du pied sans douleur. Je commence d'ap-

*■ Rohan avait quitté Genève le 23 janvier 1638 ; il arriva au camp de Rheinfeld le 12 février, le jour même où son fils était enlevé du château du Breuil. En route, à Goppet, il échappa à des émissaires du prince de Gondé chargés de l'enlever (Gonz., III, 454).

TANCRËDE DE tiOHt

prendre à marcher et m'en galop à ma santé sans le ckagr^ de la part de mon cher fils, et nuit devant les yeux. »

Le mémoire, envoyé de Rh( rait que Rohan avait été aver vement de son fils; et la h Kœnigsfeld, qu'il connaissait les deux documents prouverai reconnaissait Tancrède pour so tisans de Tancrède n'ont m jamais pu produire les originaux ni de la lettre, et ses adversair que ces deux pièces étaient lisons cependant, dans une let 1638, adressée par le dut Weimar à Erlach, à roccasion Rohan : « Sa naissance, se affinité et l'honneur particuliei de m' aimer sont des raisons asst

1 Le père ORiPFETidana iOn Sitlotre i Baaaompierre, 1767), dit que le métuoii de la maiD du duc de Roban.

2 La mort de Rohan,

JEAN'LOUIS D'EKLACI) lentir sans que je (1') accroisse par ir, ou de la première cause de son te celle que vous me mandes de sa » Ces deroiers mots ne feraieut-ils ion à la nouvelle que Rohati avait l'enlèvement et de la mort de son fils î eraient-i!s pas la véracité du mé-

Rheinfeld et de la lettre du S avril ?

i Weimar ajoute : « Tant y a qu'il en ' là, que Dieu l'a voulu retirer des le cette vie, pour le mettre en possestte (vie) éternelle et bien heureuse, qui nd avec lui dans le ciel, où nous le suimdil plairaàDieu de nous appeler*. »

nt quelle avait été la conduite de sa ■guérite à l'égard de son frère, et l'avoir plus d'autre enfant qu'elle, le lohan avait fait un testament dans 1 la déclarait sa seule héritière. Le [638, itmourait des suites de sa bles-

couventde Kœnigâfeld; et Erlacb,

TANCRÊDE DE ROHAN

qui lui avait fermé les yeux, aci corps à Genève où il le fit s inhumer.

A peine le duc de Kohan étaitfillo Marguerite, pour mieux as de la naissance de Tancrède et l'é l'hérifage de son père, ordoni secrétaire du duc, qu'elle avait le gardien du château du Breuil tout ce qui, dans les papiers Genève, avait trait à son infortu avait même eu soin d'envoyer u surveiller l'exécution de ses ordr

Qu'était devenu l'héritier Sauvetat, au lieu de l'embarq Indes, l'avait placé, sous le si Charles, dans un village du Wesl un maître d'école nommé Simor Tancrède, dont personne ne sou] gine, y vécut pendant plusieurs a enfants du village. Quand il € Sauvetat le confia à ua marchai nommé Poteuicq, avec ordre de i

' Paya de Hollande (p, Griffet, p. 33) J.-L. d'Erlacli.

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à personne sans son autorisation. Il fréquenta d'abord les écoles, puis l'Université de Leyde.

Cependant Marguerite de Rohan, arrivée à l'âge de vingt -huit ans, avait enfin résolu de se marier et d'épouser le comte de Chabot, gentilhomme catholique d'une* noblesse déjà ancienne, mais bien inférieure à celle des Rohans, qui avaient eu plusieurs alliances avec la famille royale. Sa mère y fît opposition, mais Marguerite passa outre (6 juin 1645).

Ce fut sur ces entrefaites que la duchesse douairière de Rohan apprit, par ceux mêmes qui avaient aidé à l'enlèvement au château de Breuil, que son fils vivait encore et qu'il demeurait à Leyde. Pendant qu'elle envoyait un agent pour s'en assurer, sa fille en envoyait un autre pour se saisir de son frère. Potenicq refusa de le livrer à l'agent de Marguerite et le remit à Jean Rondeau, secrétaire de la duchesse. Le 16 septembre 1645, la duchesse de Rohan revoyait à Paris son fils qu'elle avait cru mort pendant sept ans * .

* GoNZENBACH, Hï, Documents, p. 43, 47.

kk^

Marguerite allait éti Tancrède le riche hér:

héritage que le duc de mort, lai avait assuré ( ment. Pour échapper à c rite intenta un procès i qu'il était un enfant si duchesse douairière pt mariage avec Chabot.

La Cour ne pouvait p.

pareil procès ; elle se pi la fille. La majorité de 1 nait le duc d'Orléans et faveur de Chabot et obi duc de Rohan*.

Mais la minorité, qui douairière et son fils, se

' Le duc de LongaeTÎlle ne .

sidératioD pour Coadé (Qo^zBN Voir la lifte dea qualre-vlngla (GonzENBACH, ll[, Documents La reine-mère et Mazaria, avec Condé, prolecteur de Cbi hostiles à Tancrède (Laugel, p. 377).

JEAIf-LOUIS D'ERLACII

!S de la famille de Rohan ; Hercule Rohan, le duc de Montbazon, le jtuémenée, le comte de Béthune, ithuiie, le comte d'Orval et quarante parents ou alliés.

Motteville pense, il est vrai, qu'ils cidés pour des motifs autres que la vérité. « Ils trouvaient avanta- \ix, dit-elle, que lelîls de la mère •- nom du père, et passaient légère- 3 doute de sa naissance, car ils ec raison qu'il ne serait pas le seul t à faui titro le nom et les armes emaisoti. Leshuguenots, qui alors ;s au roi, n'étaient pas fâchés néan- ^■oir un- duc de Rohan de leur.relïlaitaient seulement qu'il pût devenir leur servir de chef si un jour ils irmer quelque entreprise contre

en soit, uu arrêt du Parlement du i46fit défense à Tancrède de porter

feM"-" DE Motteville, coll. Pelitot,XXXVIlI,

TASCBÈDE DE ROI

le nom et les armes de Roh:

toutefois, que cet arrêt, re n'était pas défiDÏtif, à cause d Tancrède^

Pendant ce temps, la duché compléter l'éducation de son fort négligée ^. Erlacli a\ait ii le duc de Rohau, et était à n personne, de savoir la véril lui demanda secours^ et le Tancrède dans son armée*, t tiens étroites qui avaient exist' le gouverneur deBrisach^, rel elle fait précisément appel di 2 novembre 1645, la duc n'aurait pas osé s'adresser à I térité morale lui était connue, s pas été un enfant légitime, et

' V. DUC d'Aumale, les Condés, V. '.

- ' Taccrcde De parlait que le flamaod

^ Lettre autographe de la ducheBw du 2 novembre 1645. Gonzembacb, Do

* Letire autographe de la dacheese rantin, 11 août l&i8. Gonzenhach, t. Il

'" CoNZENBACB, 111, Documents, p. i

JEAN-LOUIS D'ERLACU

'aurait pas répondu favorablement aservé le moindre doute à cet égard, a été malheureusement perdue, 'ait dû être favorable, car Chabot, Paris, il mars 1648) pour le disîcevoir Tancrède dans son armée', ite lui écrivit également (sans date) ae sens*. Cependant, malgré l'appui Pancrède n'entra pas dans l'armée e. Cettearméedevantfaire la guerre sous le commandement supérieur qui était favorable à Chabot, la nonça à l'y envoyer^.

leTancrède mitfiuàraffaire. Blessé mt pendant les troubles de la Fronde, au château de Vincennes et, par une entres nombreuses dans sa courte

re sani date et d'une main étrangèie, ajressé om de la duohsase de Roban, racoal« l'acïret et l'eDlèTemeiit (Documents, III, p. 42). :h, !II, Documents, p. 44.

sujet : Letti-e de la duchesse douairiéi-e à it 1643 {GoNZBNBACH, DocMmeitts, p, 45) et 'ède à Erlach du 2S août 1618 (Id., Ilf, Doeu-

TANCRÈDE DE ROHAN carrière, il y fut soigné par la femi été sa nourrice. Il mourut le l"fév l'âge de dix-neuf ans ' et sa mère le auprès de son père, dansl'égHsede de Genève (mai 1654). Sa mort, qu au procès avec sa sœur, laissa cor qui existait entre la mère et la fllle à s'en occuper ici. La duchesse d Rohan mourut vingt ans plus tard 1660) et fut inhumée dans le mê que son mari (3 janvier 1661).

M"" de Motteville parle de la m crède en des termes qui, tout ei question douteuse, semblent ineii croj'ance à la légitimité. « Sa mèi duchesse de Rohan, dit-elle, qu toutes ses espérances sur lui, et qu son rétablissement se pouvoir veng

' Sur la mort de Taacrède, voir :

i" Mémoirea de M°" de Mottevilli

XXXVIII, p. 176.

20 Mémoirea^du CiIrdinal de Kbtz. coll.

3° Mémoires de Mo.nglat. coll. Petitol, ] 4" Mémoires de Lenbt, coll. Petilot, L!l

ment affligée de sa mort. Ceux qui t ses parents et qui le voulaient ■egrettèrent, et toute sa famille, ôté 1 fut affligée. Peut-être que la force ir fît jeter des larmes et qu'elles r marque de la vertu de sa mère *-rité de ses paroles. Sur de telles doule est, ce me semble, le parti le le plus juste, car ce qui paraît le le l'est quelquefois pas, et ce qui le parait plein de mensonge est souligne d'estime que de mépris. En on il y avait à remarquer que la Rohau, la mère, avait paru grosse Qs le temps qu'elle était avec sou

it de rappeler aussi que l'arrêt du 646 n'était pas définitif, parce que ;ait encore mineur. Qu'aurait été litif, reudu après la majorité? Le ncore permis sur ce point. « Sa 1 efièt le conseiller d'Etat Lenet,

de M"' Di MoTTiviLLB, cmdU. Petilot.

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