CARINI EN CAMPAGNE
Le lendemain matin, vers neuf heures, le baron de Sitnaise reçut la lettre suivante :
« Monsieur le baron,
» J'ai eu l'honneur de voir hier matin M"™® la baronne de Simaise, chez M. le comte de Violaine.
» J'ai trouvé M™® de Simaise plus que jamais opposée à mes projets, et toute prête à empêcher le mariage par tous les moyens possibles.
» Je ne puis ni ne veux provoquer une lutte déplorable, et qui serait certainement funeste, entre vous et M""® la baronne. Il est donc de mon devoir de ne plus prétendre à l'honneur de votre alliance.
» Veuillez considérer la demande que je vous ai faite de la main de M"® de Simaise comme nulle, et je vous rends la parole que vous m'avez donnée.
» Croyez, monsieur le baron, à tous mes regrets, et agréez l'expression de mes sentiments distingués.
» Pedro Gastora. »
De Simaise fut atterré.
C'était la ruine de ses dernières espérances : son expédient suprême s'en allait en fumée; c'était la dislocation, l'écroulement, l'anéantissement complet d'un échafaudage de combinaisons au moyen desquelles il avait compté sortir d'une position terrible.
Tenant la lettre entre ses doigts, pâle, frémissant, un nuage devant les yeux, il restait immobile, comme hébété.
Cependant, au bout d'un mstant, il sortit de cet état de prostration. Alors ce fut une explosion de fureur et de ra2:e. En proie L une sorte de delirium tremens, il arpentait sa chambre d'uù pas inégal, fiévrevix.
comme un insensé ; il poussait des rugissements rauques, renversait les meubles, piétinait sur le parquet comme un possédé, jurait, lançait toutes sortes d'imprécations.
— Ah! c'est amsi, s'écriait-il, l'écume aux lèvres, elle veut la guerre; eh bien, soit, guerre, guerre à outra ice! Je ne lui rendrai pas sa fille; je l'emmènerai hors de France et je saurai si bien la cacher, qu'elle ne la reverra jamais !
A la fin il se calma. Il passa dans une autre pièce, s'assit devant un bureau et écrivit :
« Madame la baronne,
» Nous jouons un jeu terrible. Vous triomphez en ce moment; mais je garde mes armes.
» Vous savez que je suis ruiné, je ne vous l'ai pas caché; vous, madame, vous êtes riche. Partageons. Il me faut dans quinze jours deux millions. En échange de cette somme, je vous rendrai votre fille.
» Si d'ici quinze jours je n'ai pas eu de vos nouvelles, vous apprendrez, trop tard, la décision que j'aurai prise. »
Cette lettre écrite et mise dans une enveloppe portant l'adresse de la baronne, chez M. de Violaine, le baron alla la jeter. lui-même dans une boîte de l'administration des postes. Gomme cela, il était sûr que sa femme recevrait dans l'après-midi son ultimatum.
Était-ce une menace sérieuse qu'il faisait à la baronne? Ou bien voulait-il seulement effrayer la mère afin d'obtenir la somme énorme qii'il demandait comme rançon de sa fille ?
Nous connaissons le baron de Rimaise et nous savons qu'il était homme à se livrer aux choses les plus excessives. Or il était bien décidé à faire disparaître Henriette, à la séparer pour toujours de sa mère si celle-ci refusait de se soumettre à ses exigences.
Il lui importait peu que sa fille devînt sa victime, pourvu qu'il pût se donner l'horrible satisfaction de faire souffrir sa femme.
Il restait à savoir en quel lieu sûr, défiant toutes les recherches, il pourrait cacher Henriette, dans le cas où la baronne répondrait à sa lettre par un refus catégorique.
Il se souvint des offres de service que lui avait faites l'Italien Carini.
— Parbleu, se dit-il, si je suis forcé d'en venir là, j'aurai besoin du signor Carini; il ne refusera certainement pas de m'aider. Avec une poignée d'or et quelques belles promesses, on obtient tout ce qu'on veut de ces sortes de gens. En attendant, il faut que je le voie, que je m'entende
avec lui. J'ai donné quinze jours à la baronne; si d'ici là elle n'a pas accepté, je serai prêt, moi ; Garini agira.
Le baron faisait ces réflexions en marchant sur le trottoir du faubourg Saint-Honoré.
Il arrêta un fiacre vide qui passait et se fit conduire à la demeure de Garini. Il ne perdait pas de temps. Ah ! M. le baron était un homme d'action -, quand il avait décidé de faire une chose, c'était tout de suite.
Il fut reçu par le domestique de l'Italien, qui lui dit :
— M. Garini est absent de Paris depuis huit jours. Le baron laissa voir sa vive contrariété.
— Est-ce qu'il s'agit d'une affaire pressée? demanda le domestique.
— Oui, très pressée.
— En ce cas, monsieur, vous pourrez revenir ce soir vers six heures. M. Garini m'a annoncé son retour pour aujourd'hui, à cinq heures, et je pense qu'il pourra vous recevoir.
— G'est bien, je reviendrai ce soir à six heures. Ge n'est pas la première fois que vous me voyez ; me reconnaissez-vous ?
— Monsieur le baron de Simaise, si je ne me trompe?
— Vous ne vous trompez pas. Vous direz à votre maître que je tiens absolument à le voir aujourd'hui même.
— Je ne manquerai pas d'annoncer votre visite à M. Garini.
Le baron rejoignit le fiacre qui l'attendait dans la rue et se fit ramener chez lui.
Il signer Garini avait quitté Paris pour se mettre à la recherche des saltimbanques à qui il avait vendu autrefois le petit sauvage du parc de Blaincourt.
Il s'était mis en campagne plein d'espoir, car il ne doutait point du succès de ses recherches. Le jeune homme retrouvé, il l'emmenait à Paris^ le faisait reconnaître comme étant le fils légitime du marquis de Ghamarande, et faisait valoir en même temps les droits du jeune homme à l'héritage de son père. Alors il faudrait bien, de gré ou de force, que le banquier hollandais ouvrît sa caisse et comptât les millions.
Il fallait savoir, d'abord, où se trouvait pour le moment la troupe du saltimbanque.
— Par ordre de Blaireau, se dit Garini, Grillardon s'est transporté dans le Midi où il a dû exercer son métier pendant plusieurs années; mais il aimait les provinces de l'Est qu'il n'avait jamais quittées, où il était très connu, et il y est certainement revenu. G'est dans l'Est sûrement que je le trouverai.
Il y vivait justement des fêtes à Dijon à Toccasion d'un grand concours régional. Sans aucun doute, tous les saltimbanques de la contrée devaient se trouver dans la ville bourguignonne.
Garini se rendit à Dijon.
Il ne s'était pas trompé ; il y avait là, sur les places publiques, une fourmilière de saltimbanques de toutes les catégories ; mais vainement il passa, repassa devant les baraques, y entra même pour assister aux exercices des acrobates, des lutteurs, des dompteurs, des jongleurs, des équilibristes^ des disloqués, des hercules, il ne vit point l'homme qu'il cherchait.
Finalement il s'adressa à un vieux pitre qu'il crut reconnaître pour l'avoir vu autrefois faisant la parade devant la baraque de maître Grillardon.
— Pourriez-vous me dire, lui demanda-t-il, ce qu'est devenu le saltimbanque Grillardon?
Parfaitement, monsieur. Dans le temps j'ai fait partie de sa troupe.
— Oh! alors, vous allez pouvoir me renseigner. Savez- vous oii se trouve en ce moment votre ancien patron ?
— Je pense qu'il est toujours à Boignes.
— Boignes? Où se trouve cette ville?
— Boignes n'est pas une ville, monsieur, mais un village près de Mirecourt, Vosges. Le patron s'est retiré des affaires il y a quelques années avec une jolie fortune, près de dix mille francs de rentes. Il a vendu sa baraque, ses voitures et ses chevaux un bon prix.
— Et sa troupe?
— Elle est restée avec son successeur. Moi, je n'en faisais plus partie; j'avais quitté Grillardon à Nîmes lorsqu'il parcourait le midi de la France. Donc il s'est retiré; il 'a acheté une maison à Boignes, et c'est là qu'il vit tranquillement de ses rentes comme un gros bourgeois. D'ordinaire on ne s'enrichit pas dans notre chien de métier; les temps sont durs, le public est rétif en diable, tous les vieux trucs sont usés; il faudrait toujours du nouveau. Grillardon est une exception; il a eu de la chance, lui : tout lui réussissait.
— Gonnaissez-vous son successeur ?
— Nous nous connaissons tous, monsieur.
— Où pourrais-je le trouver?
— Si vous voulez le voir, vous n'aurez pas loin à aller : il est ici, à Dijon.
— Ah!
— Vous voyez cette grande baraque qui ferme la place?
— Oui.
— C'est la sienne.
— Alors je l'ai vu : tantôt je suis entré sous sa tente et j'ai assisté avec intérêt au travail de sa troupe.
— Une troupe excellente, monsieur ; il n'y a pas de jalousie de métier qui tienne, il faut être juste et reconnaître ce qui est.
— Vous avez raison. Mais, dites-moi, mon ami, Grillardon avait un jeune sauvage que je n'ai pas vu dans la troupe de son successeur.
— Ah ! ah ! le petit sauvage, le prince Garambo, comme nous l'appelions; c'est bien grâce à lui que Grillardon a fait fortune. En a-t-il gagné de l'argent avec son sauvage ! Partout oii nous nous arrêtions, la baraque était toujours pleine. Nous avions beau ne faire que des séances de dix minutes, un quart d'heure au plus, la foule était toujours là, compacte, serrée ; on se bousculait, on s'écrasait pour entrer. Que voulez-vous, on voulait voir le beau prince Garambo... La caisse s'emplissait vite; une pluie de monnaie blanche et de gros sous ! Le patron était content ; après la journée, il donnait des gratifications. G'était le bon temps. Mais tout a une fin : Grillardon a perdu sa poule aux œufs d'or.
Garini éprouva une commotion violente et pâlit.
— Mort ! le sauvage est mort ! s'écria-t-il.
— Non, le prince Garambo n'est pas mort. Garini respira.
— Un jour, continua le vieux saltimbanque, il trouva sans doute qu'il avait fait gagner assez d'argent à son maître; peut-être aussi était-il las du métier qui ne lui rapportait rien, si ce n'est des coups de bâton ; quoi qu'il en soit, un jour donc il s'échappa de la cage où on le tenait enfermé et disparut.
— Alors? interrogea l'Italien haletant.
— Alors, voilà : plus de sauvage, plus de recettes. Heureusement, le patron avait sa pelote faite. Dégoûté du métier, devenu mauvais, il se débarrassa de tout, comme je vous l'ai dit, et s'en alla tranquillement au village de Boignes planter ses choux.
— Et le sauvage, le prince Garambo, comme vous l'appelez, qu'est-îl devenu?
— Quant à ça, monsieur, je n'en sais rien. Cependant, j'ai entendu raconter qu'il s'était réfugié dans les bois oii il est devenu un véritable homme sauvage. Je puis vous dire encore qu'on a parlé beaucoup, ces dernières années, d'un certain Jean Loup, qui vivait à l'état sauvage, ni plus ni moins qu'une bête, dans la forêt de Mareille, à sept ou huit lieues d'Épinal. Ce sauvage existe-t-il? A-t-il existé? Je ne saurais l'affirmer.
car je n'y suis pas allé voir. Quoi qu'il en soit, Jean Loup est un personnage célèbre dans le pays vosgien. On raconte de lui des choses surprenantes.
Si ce sauvage a existé, existe, il y a lieu de croire que Jean Loup n'est autre que notre ancien prince Garambo. En efiPet, Grillardon et sa troupe se trouvaient à Épinal lorsque Garambo leur a brûlé la politesse ; d'un autre côté, c'est à peu près vers le même temps que Jean Loup fut aperçu la première fois dans les bois de Mareille.
— Voilà, monsieur, les seuls renseignements que je puisse vous donner au sujet de mon ancien patron et de son jeune sauvage; je n'en sais pas davantage.
— Je ne vous en remercie pas moins de m'avoir appris cela, mon brave homme, répondit le signor Garini.
Et, mettant une pièce de dix francs dans la main du saltimbanque :
— Tenez, ajouta-t-il, voilà pour boire à la santé du prince Garambo et de Jean Loup, en compagnie de quelques-uns de vos camarades. ,
Une heure après, l'Italien prenait le train express afin de se rendre dans les Vosges, en passant par Auxonne, Gray, Chalindrey et Port-sur- Saône.
Il arriva à Blignycourt un dimanche malin, un peu avant raidi, et s*y arrêta pour déjeuner; il savait d'ailleurs qu'il n'était plus qu'à six kilomètres de Mareille.
Sur une plaque de tôle carrée, accrochée à une potence, il lut : Au Soleil d'or — Rendez-vous des voyageurs. Au milieu de la plaque, les rayons de l'astre représenté reluisaient sous l'ardente lumière des rayons vrais du véritable soleil.
Carini entra au Soleil d'or et demanda à une grosse femme, à l'air avenant et toute réjouie, qui vint à sa rencontre, si elle voulait bien lui servir quelque chose à manger.
— ■ Mais comment donc, monsieur, tout de suite, tout de suite.
— En un instant la dame du Soleil d'or eut mis le couvert du voyageur et apporté sur la table, devant lui, une bouteille de vin et un morceau de daube entouré de carottes, le tout fort appétissant.
Garini, qui n'avait rien pris depuis la veille, se mit en devoir d'apaiser sa faim et sa soif.
La dame, qui n'avait pour l'instant que ce seul voyageur à soigner, restait près de Garini, prête à lui servir ce qu'il demanderait encore.
Gurieuse comme le sont en général toutes les femmes d'auberge, elle ne manqua point d'adresser quelques questions au voyageur.
— Monsieur n'est pas de ces pays-ci ; je n'ai pas encore vu monsieur
Il n'eut qu'à se faire reconnaître par un Père jésuite d'Epinal... (page ffl).
à Blignycourt ; monsieur vient de loin, de Paris, peut-être; monsieur est sans doute arrivé à Blignycourt dans la voiture du messager Bergelot?
Après avoir répondu complaisamment aux questions de la dame, Carini, voyant qu^elle ne demandait pas mieux que de bavarder, Tinterrogea à son tour au sujet du sauvage de la forêt de Mareille.
Tiens, fit-elle, sans paraître cependant très étonnée, vous vous
intéressez donc à notre pauvre Jean Loup î
ilY. 104. £• RlCHKBOURG. — Jbam Loup. — Éd. J. Rouft bt G'«. Liv. 104.
— Oh ! pas plus que cela. J'ai entendu parler de ce pauvre diable, et ce qu'on m'a dit de lui a suffisamment excité ma curiosité pour que j'aie le désir d'en savoir davantage. C'est pour cela que, me rendant à Épinal, oii j'ai quelques affaires à traiter, je me suis arrêté ici chez vous, pour déjeuner, avant de pousser jusqu'à Mareille.
— Mon Dieu, monsieur, il n'est pas bien utile que vous alliez jusqu'à Mareille : ce qu'on vous dirait à Mareille, on vous le dira tout aussi bien à Blignycourt.
— Vous-même, chère madame, pourriez peut-être me raconter cette étonnante histoire?
— Certainement, monsieur.
— En ce cas, chère madame, faites-moi ce plaisir, je vous prie.
— Bien volontiers, monsieur. '
La grosse femme s'assit en face du voyageur et, avec une satisfaction qu'elle ne prit point la peine de cacher, elle raconta l'histoire de Jean Loup, en y comprenant, bien entendu, la fameuse légende de Tenfant du .'ûcheron emporté par une louve.
Est-il besoin de dire que Carini avait écouté avec la plus grande jiUention?
— Ainsi, madame, dit-il, Jean Loup a été pris par les gendarmes et conduit à la prison d'Épinal?
— Oui, monsieur, et la chose s'est passée exactement comme je viens de vous le raconter. Maintenant, on dit bien des choses : les uns prétendent qu'un personnage très riche a pris Jean Loup sous sa protection et l'a fait sortir de prison.
— Ah ! Et comment se nomme ce personnage ?
— On ne sait pas son nom, monsieur. Mais Jean Loup est-il réellement sorti de prison? Il y en a qui le disent, soit; mais d'autres affirment que Jean Loup est toujours en prison et qu'il n'en sortira jamais.
Il signer Carini acheva de déjeuner tout en se livrant à de sérieuses réflexions.
Un instant il eut l'intention d'aller à Mareille et de se présenter chez le maire, qui était peut-être mieux renseigné que tout autre; mais il pensa qu'il serait pris acte de sa démarche et qu'il pouvait ainsi commettre une grave imprudence. Or, Carini, élève de Blaireau, savait mettre en pratique les leçons de son maître; il n'agissait jamais qu'après avoir bien étudié le terrain sur lequel il allait mettre le pied.
Extrêmement prudent, monsieur Carini !
Il renonça à son projet; et, au lieu d'aller à Mareille, il se rendit eu toute hâte à Épinal.
En parlant de l'Italien au baron de Simaise, Pomme-d'Api avait dit :
— Le signor Garini a des relations très étendues ; c'est un homme puissant, il peut beaucoup.
C'était vrai. Garini était un affilié de la Société de Jésus et le général des jésuites lavait investi d'un pouvoir occulte qui le rendait redoutable. Grâce à un mot d'ordre connu seulement des principaux membres de la Compagnie de Jésus et en invoquant les intérêts sacrés du Saint- Siège, il n'eut qu'à se faire reconnaître par un Père jésuite d'Épinal pour que, immédiatement, le clergé de la ville fût empressé à le servir.
Sans avoir même la peine de sortir de l'hôtel où il était descendu, on lui fit savoir que Jean Loup, en effet, avait été mis en liberté après quelques jours de détention seulement et qu'une ordonnance de non-lieu avait été rendue en sa faveur. On lui apprenait également qu'une sorte de philanthrope du nom de Lagarde, personnage évidemment très riche et très influent, s'était fait son protecteur.
C'était tout. Bien qu'on eût questionné adroitement et longuement les principaux membres du parquet, le président du tribunal, les juges, on n'avait rien pu apprendre de plus.
Ce n'était pas assez pour Garini, qui se trouvait en présence d'une difficulté qu'il n'avait certainement pas prévue.
Où chercher Jean Loup, maintenant? De quel côté se diriger? Si seulement il avait une trace à suivre, un indice quelconque. Mais rien, rien. Et ce M. Lagarde, pourquoi s'était-il intéressé à Jean Loup, un misérable? Qui était-il, cet homme? D'où venait-il, ce philanthrope? Était-ce un Français ou un étranger ? Où le chercher, où le trouver, lui aussi ?
Garini ne se dissimulait point que la tâche qu'il avait entreprise devenait fort difficile.
— Tout cela n'est pas clair, pensait-il ; ce sauvage à qui un inconnu s'intéresse, qu'on fait sortir de prison, qu'on emmène, qui disparaît, il doit y avoir dans cela un dessous de cartes à surprise. Je commence à croire sérieusement que la baronne de Simaise ii'est pas étrangère à cette ténébreuse affaire.
Et il ajouta, en se frappant le front :
— Faudra voir!
En attendant, le signor Garini n'était nullement satisfait du résultat de son entreprise.
Toutefois, il se rassurait convaincu que nui ne pouvait découvrir
que Jean Loup était le fils du marquis et de la marquise de Ghamarande. N'ayant plus rien à attendre à Épinal, il reprit la route de Paris, après avoir prévenu son domestique de son retour.
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