‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 2)Chapitre 103 sur 257 · SATNÏ-BRIEUC. LA LUTTE CONTRE L ENSEIGNE3IENT MUTUEL · texte numérisé non relu

SATNÏ-BRIEUC. LA LUTTE CONTRE L ENSEIGNE3IENT MUTUEL

Un jour, un visiteur de marque, M. Louis de Kergorlay, s'entretenait, à Ploërmel, avec le fondateur des Frères, sur les origines de son institut. Partisan de la décentralisation administrative, il dirigeait une publication qui, sous le nom de Revue provinciale, s'appliquait à signaler les derniers vestiges de vie autonome qu'eussent conservés les communes de France. C'était en 1849, au plus fort des revendications catholiques en faveur de la liberté d'enseignement.

— « Ne pensez-vous pas. Monsieur le Supérieur, demanda l'écrivain, que la question de l'enseignement religieux et de la liberté d'enseignement est essentiellement liée à celle des libertés locales?

— Tout est là, répartit M. de la Mennais, en se retournant vivement. La liberté d'enseignement est une affaire de liberté locale. »

Les deux interlocuteurs se comprenaient.

— « Oserai-je vous demander, reprit M. de Kergorlay, qui vous a donné la première idée de cette œuvre magnifique que vous doit notre province, et qui témoigne €n faveur de l'initiative bretonne d'une si puissante vitalité?

— C'est Carnot, affirma Fabbé Jean. Carnot est le

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