‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 2)Chapitre 114 sur 257 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

SAIiM-BRIEUC. LES .MISSIONS.

Peu à peu, dans les villes, la vie chrétienne renaissait, grâce au zèle du grand vicaire ; mais dans les bourgades et surtout les campagnes du diocèse, quelle ignorance sauvage, quelle grossière incrédulité!

Hélas ! la faute n'en était point tout entière aux paysans.

(( Quinze ans, dit Mgr de Léséleuc, ne s'étaient pas écoulés depuis le concordat. Il n'y en avait pas vingt-cinq depuis que le schisme avait commencé son œuvre, miséricordieusement interrompue, de destructions et de scandales. Or, nous ne savons plus assez qu'une certaine liberté rendue à l'Eglise n'avait pas, beaucoup s'en faut, fermé tout d'un coup ses blessures.

« Que de paroisses, longtemps ravagées par des loups mal couverts de la peau des brebis, n'avaient pas encore pu se rasseoir des ébranlements les plus funestes! Que d'autres avaient subi des repentirs douteux, et s'étaient vues forcées de garder, tardivement réconciliés avec l'Eglise, ceux qui, la veille encore, étaient justement un objet d'horreur! Que d'influences perverses, établies à la faveur de la tempête, devaient à peine être supprimées par la mort! Que de chaires muettes, que de populations

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