‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 2)Chapitre 163 sur 257 · L'OPIXION DU DIOCESE DE S^-BRIEUC 3G · texte numérisé non relu

L'OPIXION DU DIOCESE DE S^-BRIEUC 3G

D'ailleurs, les CYénements lui donnaient raison. Malgré les défections de la première heure, la maison de Josselin fut bientôt trop étroite pour Taffluence croissante des novices. C'est alors que la maison-mère de la société fut transportée à Ploërmel.

Avant de suivre M. de la Mennais dans cette ville qui deviendra un jour son centre d'action, nous le verrons mêlé à d'autres entreprises, car ce prêtre ne restera étranger à rien de ce qui se fera de grand, au commencement du siècle, dans l'Eglise de France.

Il nous faut, avant tout, clore la liste de ses œuvres dans ce diocèse de Saint-Brieuc, qui proclame depuis cinq ans ses talents et son zèle.

Ce vent de gloire humaine n'a pas flétri son humilité. Sans perdre conscience des dons qu'il a reçus d'en-haut, il fuit plus que jamais les honneurs officiels. Sa part, c'est le travail sans trêve, et, de préférence, le travail obscur, accompli sous Fœil de Dieu.

Toutefois, il manque à sa vertu ce quelque chose d'achevé que donne la souffrance. Jusqu'ici, malgré des contradictions passagères, presque tout lui a réussi. Missionnaire toujours écoute, souvent applaudi, restaurateur de la vie religieuse dans le diocèse, organisateur de l'enseignement secondaire, fondateur de deux instituts destinés aux petites écoles, il a entre les 'mains, comme il l'avait prévu, le présent etTavenir. Les âmes des adultes lui appartiennent; les âmes des enfants recevront, de génération en génération, par la main de ses disciples, la forme qu'il a rêvée et voulue. Quoi qu'il fasse désormais^ tant qu'il restera revêtu de l'autorité, il ne peut avoir qu'une place dans l'opinion du diocèse : la première. Sans doute, son obéissance s'inclinera de bon cœur devant le supérieur hiérarchique que la Providence lui a désigné. Mais le public n'admettra pas toujours les calculs de sa modestie. De là, des conflits qui vont attrister sa vie, et auxquels il nous faut maintenant assister.

Page 1