CHAPITRE XVIÏI
SAIM-BRIEUC. LE SEJOUR AUPRES DE 3r' DE LA R03L4GERE.
Un soir d'avril 1819, îm ecclésiastique affectant des allures mystérieuses arrivait à Saint-Brieuc par la diligence de Vannes, et se rendait au séminaire, où il paraissait attendu. Grand, maigre, la taille droite, malgré les années qui avaient blanchi sa tête, il n'avait dans les traits ni distinction ni noblesse, et sa soutane poudreuse, sa ceinture éraillée, son chapeau roussi, ne faisaient qu'ajouter à la vulgarité de son aspect. Le lendemain matin, les chanoines de la cathédrale vinrent, Fun après l'autre, lui faire la révérence, mais sans solennité et comme en cachette. Quelques religieuses furent également admises en sa présence, et l'on sut bientôt que le nouveau venu était l'évêque de Saint-Brieuc, nommé par le roi, il y avait bientôt deux ans.
Il n'avait pas encore reçu ses bulles de Rome; mais il était impatient de faire connaissance avec sa future Eglise, et, malgré les discrètes remontrances de M. de la Mennais, il visitait Saint-Brieuc dans un incognito malheureusement trop transparent.
L'impression fut des plus fâcheuses, et il fallut toute l'autorité du grand vicaire pour imposer silence aux mauvaises langues, lorsque le prélat eut regagné ses montagnes d'Auvergne.