‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 2)Chapitre 197 sur 257 · STATUTS DE LA CONGRÉC ATION DE S'-PIERRE · texte numérisé non relu

STATUTS DE LA CONGRÉC ATION DE S'-PIERRE

aux désirs, aux pensées de Jésus-Christ, qu'ils s'elTorceront d'imiter en tout, de sorte qu'ils puissent dire avec TApôtre : Vivo, jam non ego, vivit vero in me Chris tus.

(( Indiirérents à ce qui est de la terre et souhaitant d'y être inconnus, ils seront enflammés uniquement du zèle des âmes et de celui de leur propre perfection. Un amour fraternel les unira entre eux, de sorte que chacun soit heureux de la joie des autres, et que tous se prêtent, pour aller à Dieu et accomplir son œuvre, un mutuel appui, évitant les contentions, les rivalités, les secrètes jalousies, les paroles railleuses, tout ce qui blesse, tout ce qui sépare, et altère la charité (1). »

Des frères coadjuteurs étaient adjoints aux religieux pour les besognes matérielles. Les vœux devaient être émis d'abord pour deux ans, ensuite pour la vie.

Tel était ce plan de fondation monastique. C'était merveilleux de clairvoyance, de largeur, d'intelligence des temps, aussi bien que de sève religieuse et d'esprit évangélique.

Dans la retraite de septembre 1828, ces statuts furent adoptés d'enthousiasme par les prêtres de Saint-Méen, et l'abbé Jean, s'efTaçant une fois de plus devant son frère, se démit en sa faveur du titre et des fonctions de supérieur général. C'était une faute, mais qui pouvait le prévoir alors?

La réunion à Malestroit des jeunes gens venus de la Chesnaie et des ordinands qui habitaient la maison de Rennes eut lieu dans le courant de janvier 1829 (2).

A peine née, la congrégation de Saint-Pierre fut appelée à exercer son apostolat dans le Nouveau-Monde. L'évêque de New- York, Mgr Dubois, songeait à fonder dans sa ville

(1) Ce passage, de même que les précédents, est extrait d'un manuscrit intitulé : Constitutions et règles de^ religieux de Saint-Pierre. Ce manuscrit, tout entier de la main de l'abbé Féli, est déposé aux archives des Frères de Plocrmel. On y trouve un autre manuscrit portant le même titre, celui-ci de la main de Jean. 11 contient en substance toutes les considérations pieuses réunies par Féli dans le chapitre : Esprit de l'ordre. C'est un code très précis et très pratique de règles proprement dites, parmi lesquelles on remarque la prescription, alors nouvelle en France, de réciter le bréviaire romain.

(2) Les premiers habitants de la nouvelle maison furent MM. Blanc, Rohrbacher, Bornet, Persehaie, Sourdin, Perrin, Lefèvrc, Allain, d'Avenel, Lesbros, Genthon et Godin.

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épiscopale une université catholique, et la réputation de l'abbé Féli avait attiré ses regards sur la jeune société dont il était le chef. Celui-ci fut flatté de Fofl're et l'accueillit avec empressement. Dans une lettre à Fabbé de Salinis, il parlait alors « de voies récemment ouvertes par la Providence, et qui devaient faciliter le concours qui lui était demandé. » — Ces voies qu'il considérait comme providentielles étaient l'affiliation de Fabbé Lacorclaire à la congrégation, et le désir exprimé par lui de se consacrer aux missions du Nouveau-Monde.

L'expédition fut un instant décidée (1). Lacordaire devait s'embarquer avec trois autres prêtres, dont l'un était Fabbé Jules Morel, pour aller réaliser le plan de hautes études conçu par Féveque de New-York. La révolution de juillet, puis la fondation de. V Avenir , firent échouer ce projet, et conservèrent à FEurope le futur orateur de Notre-Dame.

La communauté de Malestroit une fois constituée , l'abbé Féli songea à quitter la Chesnaie, au moins par intervalles, pour aller diriger ses novices. Un événement imprévu allait l'appeler ailleurs.

L 'abbé de Salinis venait de prendre , avec l 'abbé de Scorbiac, la direction du collège de Juilly. A peine à l'œuvre , les deux amis se préoccupèrent du lendemain . Eux disparus, que deviendrait le collège? La seule réponse qui pût les satisfaire était celle-ci : « C'est une congrégation religieuse qui a fait la gloire de Fancien Juilly (2).; seule, une congrégartion religieuse peut assurer l'avenir du Juilly renouvelé. »

La congrégation de Saint-Pierre, vouée en partie à l'enseignement, et dans laquelle les directeurs comptaient

(1 C'est à cette occasion que Fabbé Jean fut nommé vicaire général de New-York.

(2) La congrégation de l'Oratoire.

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