DEUILS DE FAMILLE
Cependant il avançait dans la vie, et il devait subir la loi commune des séparations et des deuils.
En 1818, son frère Gratien mourut aux colonies, de la fièvre jaune. Quelques mois après, le saint abbé Teysseyre succomba à son tour (1). Enfin la vieille domestique qui l'avait élevé, la bonne Villemain, qu'il respectait presque à l'égal d'une mère, décéda la même année. Ces coups répétés du malheur l'assouplirent au lieu de l'abattre. Il trouva dans ces départs successifs d'âmes bien-aimées une nouvelle leçon d'oubli du monde.
D'ailleurs, il peut vieillir désormais. Il ne sera point exposé à cet isolement du cœur, qui afflige trop souvent les survivants d'une génération disparue. Deux familles religieuses, qui vont naître à la fois sous l'effort de son zèle, entoureront de tendresse ses derniers jours, et au sein de cette postérité spirituelle, son nom sera béni à jamais.
(1) Dans une lettre du 23 août 1818, Féli disait h son frète : « La nuit dernière, à deux heures et demie, notre pauvre Teysseyre a cessé de vivre. Quoique dans un délire continuel, il a été admirable dans toute sa maladie. L'Eglise ne pouvait faire une plus grande perte. Ne sois pas inquiet de ma santé. Un autre coup m'avait préparé à celui-là. Je puis pleurer. » — A. BÏaize. Œuvres inédites, 1. 1, p. 3GS.