‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 3)Chapitre 149 sur 270 · L'ECOLE NORMALE D'INSTITUTRICES · texte numérisé non relu

L'ECOLE NORMALE D'INSTITUTRICES

l'institut fut obtenue en 1838. De plus, une subvention fut accordée aux religieuses, et elles furent chargées d'ouvrir une école normale d'institutrices. C'était une œuvre délicate, à laquelle des difficultés imprévues obligèrent bientôt de renoncer; mais cet essai avait appelé l'attention sur les Filles de la Providence, qui y gagnèrent un accroissement d'estime.

Toujours éloigné de Saint-Brieuc, M. de la Mennais ne pouvait surveiller directement les progrès de son institut. Il y eût peut-être difficilement maintenu la ferveur des commencements, sans la présence des premières mères, qui continuèrent de gouverner la congrégation en s'inspirant de son esprit.

La plupart vécurent jusqu'à un âge avancé. La mère Gonan mourut, le 24 mars 1858, à l'âge de quatre-vingtun ans. La mère Beauchemin, élue supérieure le 26 septembre 1827, gouverna la congrégation jusqu'au 8 septembre 1830; elle mourut le 8 septembre 1842. Quant à la mère Chaplain, qui, pendant les difficiles années des débuts, avait été d'un. si grand secours à M1,c Cartel et à Mllc Conan. elle ne put participer à la vie commune de ses sœurs qu'en 1832. La mort de son père lui permit alors de suivre son attrait.

Elle quitta sa charge de présidente de la congrégation des Demoiselles pour ne s'occuper plus que des intérêts de la communauté, à laquelle elle appartenait depuis de longues années. Le 8 avril 1836, elle fut élue supérieure, et gouverna l'institut jusqu'au 29 juillet 1815. A cette époque, de nouvelles élections lui firent reprendre les fonctions de maîtresse des novices; mais elle fut réélue supérieure le 5 mars 1848, et conserva cette charge jusqu'à sa mort, arrivée le 3 août 1856.

Cette influence prolongée des fondatrices, jointe à l'action éloignée, mais incessante, de M. de la Mennais, contribua beaucoup à fixer définitivement les Filles de la Providence dans la simplicité, l'humble dévouement et l'obéissance joyeuse qui distinguent de nos jours encore leur institut.

Une défection retentissante vint, en 1835, affliger l'âme de l'abbé .Iran. Nous la raconterons en son lieu. Mais cet accident n'arrêta point la marche progressive de la congrégation, qui depuis lors ne s'est jamais ralentie. Nous signalerons, à la fin de cet ouvrage, les succès qui, pendant ces dernières années, ont marqué la bénédiction divine sur l'œuvre des premières mères.

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