LETTRE DE M. DE LAMARZELLE
SÉNATEUR DU MOHKIliW
Paris, le <> octobre 1902.
Mon Révérend Père,
Je vous remercie bien vivement de m'avoir adressé les épreuves de la Vie de Jean-Marie de lu Mennais.
G'esl avec une grande émotion que je viens de les parcourir.
Comme vous le rappelez, votre héros a été l'ami toujours sûr et toujours fidèle de mon grand-père, puis de mon père; el la bénédiction que je vois encore me donner celui que l'Eglise mettra bientôt au nombre de ses sainls, reste toujours l'un de mes plus doux et de mes plus chers souvenirs d'enfance.
Combien la lecture de cette vie si admirablemenl écrite est consolante et fortifiante, aux heures si douloureuses que nous traversons!
(>n y voit tout ce que peuvent la fermeté, le courage, la charité, la sainteté! Aucun obstacle humain n'y résiste'. Jean-Marie de la Mennais a rencontré sur sa route toutes 1* s entraves, il a su In toutes les persécutions, il a connu', comme il le dit lui-même, toutes les croix! Il a triomphé de tout, et nous voyons aujourd'hui son oeuvre s'épanouir dans toute sa grandeur et toute sa beauté, depuis les rivages de sa chère Bretagne jusque dans les pays les plus lointains, où elle fait respecter et aimer notre drapeau.
Cette œuvre, quoi qu'il arrive, on ne pourra plus désormais la détruire, parce que les lils de Jean-Marie de la Mennais sont dignes de leur Père, et aussi parce que, partout où ils sent, le bien qu'ils ont réalisé leur a l'ait des amis qui sauront se grouper autour d'eux pour les défendre.
Veuille/ agréer, mon Révérend Père, la nouvelle assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.
(;. de LAMARZELLE, sénateur du Morbihan.