‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860 (volume 3)Chapitre 200 sur 270 · ORIGINES DE L'ECOLE BJENNAISIENNE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L'ECOLE BJENNAISIENNE

le Mémorial catholique Mais les prédicateurs, Les professeurs des collèges et des grands séminaires., où les trouver? Féli conciliai l comme son frère : « Il nous faudrait une association. »

On sonda les dispositions des aumôniers du collège Henri IV.

Un jour de décembre 182 i, les deux jeunes prêtres conversaienl tristement, dans le petit salon de l'abbé de Salinis, des difficultés de leur ministère. Malgré l'appui officiel donné par le trône à l'autel; malgré la large part faite an clergé dans le personnel enseignant de l'Université, les volumes de Voltaire et de Rousseau, réédités par centaines de mille, comptaient toujours plus de lecteurs que le catéchisme. Toutefois un réveil de l'idée religieuse semblait se produire, mais si lent encore et si incertain ! Comment venir à bout de cette irréligion lettrée qai, comme au temps de Julien l'Apostat, reprochait au catholicisme d'être une doctrine d'ignorants?

« La France, disait l'abbé de Salinis, est, au fond, lasse d'incrédulité. Elle aspire après une croyance positive qui satisfasse les besoins du cœur sans blesser l'intelligence; elle veut une croyance rationnelle. L'apostolat catholique doit donc tendre à un double but : entretenir le besoin de croire ; démontrer que la seule croyance raisonnable est celle qui est contenue au symbole des Apôtres, expliqué et développé par l'Eglise. »

A ce moment, un homme vêtu d'un habit sombre entra dans le salon, et fut accueilli par les aumôniers avec une déférence visible. Il avait entendu les conclusions de l'entretien, et il prit immédiatement la parole :

« — Vous voulez, dit-il, prouver à votre siècle que le catholicisme est la seule religion rationnelle : c'est bien, mais cela ne suffit pas. Il faut lui démontrer que, s'il n'accepte pas le symbole catholique, il s'exile lui-même de la société des intelligences, qu'il se met en dehors du sens commun à tous les peuples et à tous les siècles, en un mot, qu'il est fou. »

A ce langage, le lecteur a reconnu l'auteur de YEssm sur V indifférence . L'abbé Gerbet n'avait rien dit encore. Il répliqua timidement :

« Maître, ne craignez-vous pas d'irriter la raison au lieu de la courber par un procédé si absolu? Ne vaudraitil pas mieux réconcilier l'âme humaine avec la religion, en lui montrant les harmonies intimes qui existent entre ses dogmes, ses préceptes et les besoins les plus profonds de l'humanité?

— Eh bien! dit l'abbé Féli, ce point de vue complète le mien, et je ne le repousse pas. » Puis, fixant un regard profond sur les deux prêtres, il ajouta :

« Mais puisque nous voilà d'accord sur la possibilité de guérir notre société si malade, pourquoi ne pas réunir nos efforts en vue d'une action commune? Un seul homme n'a qu'une voix, toujours faible et sans portée, mais une association! »

De cet entretien allait sortir l'Ecole mennaisienne.

Quelques jours après, l'abbé Gerbet quittait Paris, et suivait à la Ghesnaie le maître qui l'avait conquis (1).

L'abbé Jean les avait devancés en Bretagne , où les affaires des « Petits Frères » réclamaient sa présence. Le plan de Féli lui souriait sans le satisfaire pleinement-: il le trouvait incomplet. Féli se serait volontiers contenté d'une école. Ce qu'il lui fallait, c'était un groupe de disciples intelligents et dociles, dévoués corps et âme à sa personne et à ses doctrines. Jean voulait un institut religieux. Si la campagne contre le gallicanisme l'attirait, s'il était partisan d'une apologétique vraiment scientifique, il estimait que, pour y réussir, l'humilité et le désintéressement ne sont pas moins nécessaires que la science.

En attendant l'heure de Dieu, il venait, le plus souvent possible, de Ploërmel où il résidait alors, à la Ghesnaie, échanger avec Féli ses idées et ses desseins. Il n'attendit pas longtemps.

1 L'abbé de Salinis resta au collège Henri IV, mais s'intéressa désormais

h toutes les œuvres «les La Mennais.

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Aux vacances de Pâques 1825, un ecclésiastique d'aspect vénérable se présentait à la Chesnaie. C'était M. Dubreil, supérieur du petit séminaire de Saint-Méen. Il connaissait vaguement les projets des deux frères, et, sentant luimême les avantages des liens religieux pour l'avenir de son œuvre, il venait leur demander conseil.

Le petit séminaire de Saint-Méen avait été fondé, le 23 octobre 1823, par Mgr Mannay, évèque de Rennes. Tout d'abord, on fournit aux professeurs, avec le vivre et le couvert, un modique traitement; mais la maison était si pauvre, que l'on reconnut bientôt l'impossibilité de pourvoir à cette dépense. Le supérieur chercha alors dans son personnel quelques prêtres décidés à travailler avec lui sans rétribution. Trois se présentèrent, et M. Dubreil rêva dès lors d'assurer la prospérité de son collège en créant entre lui et ses confrères un lien indissoluble de fraternité.

Les choses en étaient là lorsqu'il vint à la Chesnaie. Sa démarche n'était-elle pas la réponse de la Providence aux désirs apostoliques de l'abbé Jean? L'entente fut des plus faciles. D'ailleurs, tout semblait fortifier les espérances des deux prêtres. Mgr Mannay venait de mourir (1), et on lui donnait pour successeur l'évêque de Beauvais, Mgr de Lesquen, l'ami intime de M. Jean de la Mennais.

Ecrire nu prélat pour lui demander sa bénédiction en faveur de l'oeuvre fut la première pensée de l'abbé Jean. Il lui nommait les quatre prêtres qui devaient, avec lui, former le noyau du futur institut. C'étaient MM. Dubreil, N< ignés, Enoch et Bouteloup.

Le nouvel évèque de Rennes connaissait trop bien l'ancien grand vicaire de Saint-Brieuc pour lui refuser cet encouragement. A peine arrivé dans le diocèse, le 8 juillet 182.*), il alla, sous prétexte de visiter son petit

1 Le ■) décembre 1824.

séminaire de Saint-Méen, régulariser le projet de congrégation de quelques-uns des maîtres, et leur faire Signer un premier engagement. Il donna en même temps à M. Jean de la Mennais des lettres de vicaire général. La première retraite fut fixée au 8 septembre suivant. L'œuvre était constituée; elle n'allait pas tarder à grandiï.

En 1821, Mgr Mannay avait fondé à Rennes une société de missionnaires qui, sans autre lien que l'obéissance commune à l'évoque, se réunissaient, après leurs tournées apostoliques, dans une maison de la rue de Fougères. Leur supérieur. M. Coëdro, ne tarda pas à remarquer qu'il lui serait difficile de recruter longtemps parmi les prêtres séculiers des sujets assez bien doués pour soutenir l'honneur et la fatigue des missions. A peine eut-il vu de près l'œuvre modeste qui commençait à Saint-Méen, qu'il témoigna le désir de s'y associer. Ce désir ne souriait guère à M. Dubreil, qui eût voulu conserver au nouvel institut le caractère exclusif de congrégation enseignante, mais M. de la Mennais, dont les vœux concordaient précisément avec le dessein de M. Coëdro, l'encouragea dans sa démarche et le fit admettre à la première retraite.

Ccltr retraite eut lieu à Ploërmel, dans la maison des Frères. La physionomie de la nouvelle association acheva de s'y dessiner. M. Jean de la Mennais fut nommé, par Mgr de Lesquen, supérieur général. Il choisit à son tour M. Coëdro comme premier assistant et supérieur des missionnaires, lui adjoignant M. Dubreil, comme deuxième assistant et supérieur du petit séminaire de Saint- Méen. On confia à M. Bouteloup la charge d'économe du même séminaire.

C'est dans cette première assemblée que l'on prit pour fête principale celle de l'Immaculée Conception et pour patrons spéciaux de la congrégation saint Méeu et saint Vincent de Paul (1).

En rentrant à Rennes, M. Coëdro apprit à ses confrères

(1) On voulut ainsi conserver le souvenir de l'ancienne abbaye de Saint- Méen et de l'ancien grand séminaire jadis établi par les Lazaristes dans le même local.

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ce qui s'était passé à Ploërmel, et leur proposa de se réunir, comme il l'avait fait lui-même, aux prêtres de Saint-Méen. Quelques-uns l'imitèrent; ce furent MM. Corvaisier, Hérisson, Feildel et Lévêque. Les autres, au nombre de trois, quittèrent les missions pour entrer dans le ministère paroissial. Peu de temps après, Mgr de Lcsquen sanctionna cette réunion, et affecta aux besoins de la congrégation nouvelle les 2000 francs de rente sur l'Etat dont jouissaient auparavant les missionnaires de Rennes. C'était bien peu pour subvenir aux nécessités d'hommes qui comptaient distribuer gratuitement le don de Dieu. Mais la plupart possédaient un modeste patrimoine. Au mois de novembre 1825, ils signèrent un acte aux termes duquel ils mettaient en commun tous leurs biens meubles et tous leurs revenus, ne se réservant que la propriété de leurs immeubles. A la même époque, par un traité en règle. Mgr de Lesquen leur confiait la maison des missionnaires de Rennes et le petit séminaire de Saint-Méen.

Tout souriait au zèle de M. de la Mennais. Rentré dans son diocèse d'origine, investi de la confiance entière de son évèque, il se voyait placé à la tête des œuvres qui de tout temps l'avaient le plus attiré : l'éducation des futurs prêtres, la prédication, l'instruction populaire. C'était sa vie de Saint-Rrieuc qui allait recommencer, avec l'honneur et la responsabilité d'une fondation de plus.

L'immensité de la tâche ne l'effraya point. 11 se sentait homme à mener de front, avec la grâce de Dieu, ces œuvres auxquelles il avait donné tout son cœur. Mais, s'il embrassait beaucoup, il tenait à procéder avec ordre.

Avant de reprendre ses travaux de missionnaire, il voulut établir sur des bases solides la congrégation des prêtres de Saint-Méen. Il écrivait alors à un ami : « Priez le bon Dieu de bénir cette entreprise nouvelle;

j'en attends dos résultats bien précieux pour l'Eglise. Il n'en sera pas de cette congrégation comme de celle des Frères, qui est bornée à la Bretagne. Notre dessein est de nous étendre quand nous en aurons les moyens; mais l'essentiel ost de bien organiser d'abord notre noviciat, car c'est de là que tout dépend. Notre saint évêque de Rennes, mon intime ami, me seconde avec ardeur, et il désire avec une sorte d'impatience nous voir nous multiplier (1). »

Le destinataire de cette lettre était M. Mazelier, fondateur d'une congrégation de Frères à Saint- Paul- Trois-Châteaux (2). Ce digne prêtre, qui avait calqué son œuvre d'instituteurs sur celle de M. de la Mennais, eut l'idée d'établir aussi, à son exemple, une association d'ecclésiastiques dans le diocèse de Valence, et il demanda au grand vicaire de Rennes les statuts des prêtres de Saint- Méen. L'abbé Jean les lui envoya avec des commentaires qui précisent nettement son but et ses espérances (3). Il ne paraît pas que la congrégation sacerdotale de M.

I Lettre inédite, du 14 août 182(5.

(2) Le prêtre avec lequel il avait déjà correspondu, à propos des « Petits Frères. »

3) Voici cette lettre : nous la cirons tout entière, parce qu'elle montre jusqu'à quel point le fondateur savait allier la sagesse du gouvernement à la hauteur des ambitions.

« .Monsieur, j'ai l'honneur de vous adresser une copie des statuts de la congrégation de prêtres que je forme en ce moment; j'y joins la règle des frères coadjuteurs qui doivent y être attachés pour le service de nos maisons. En vous envoyant ces pièces, j'éprouve une sorte d'embarras, parce qu'il me sera très difficile de vous donner dans une seule lettre toutes les explications nécessaires pour que vous puissiez vous former une idée bien nette de mon plan; cependant, je vais vous l'exposer de mon mieux.

Les maisons des missionnaires établies dans les divers diocèses n'ont et ne peuvent avoir aucune solidité; ce n'est pas seulement parce qu'il n'y a pas de règle proprement dite dans la plupart d'entre elles, mais encore 1° parce qu'elles sont trop peu nombreuses; 2° parce que les sujets qu'on y reçoit ne font point de noviciat; 3° parce qu'elles ne sont point fondées; 4° parce que ceux qui s'y attachent n'ont point d'avenir, etc.

Pour obvier à ces inconvénients et à beaucoup d'autres qu'il serait trop long de rappeler, j'ai pensé qu'avant tout, il fallait avoir des établissements d'éducation pour y élever les sujets qui doivent entrer plus tard dans la congrégation, et pour lui fournir les ressources dont elle a besoin pour se soutenir et s'étendre.

Ainsi, nous nous sommes chargés, tout d'abord, de la direction du petit séminaire de Saint-.Méen : nous l'avons pris à notre compte, et c'est avec le produit du pensionnat que nous pourvoyons à une partie de la

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Mazelier ait prospéré; mais sa congrégation de Frères lui a survécu, et s'est réunie plus tard à celle des Petits Frères de Marie.

dépense des missionnaires, dont nous pouvons, par ce moyen, accroître le nombre presque indéfiniment.

Nous avons acheté, en notre nom propre, une autre maison à Fougères, . pour y placer le noviciat de la congrégation. Nous n'en jouissons pas encore, mais enfin ce sera là que résidera le plus souvent le supérieur général, et qu'onsè réunira dans le temps des vacances, c'est-à-dire pendant quatre mois de l'année pour les missionnaires, en vertu d'un traité spécial passé avec l'évêque, et pendant environ deux mois pour les autres prêtres employés à l'éducation. On s'y occupera d'études et d'exercices de piété.

Nous sommes déjà 18, savoir 8 missionnaires, 6 prêtres attaches à Sainl-Méeu et 4 ordinands , à qui nous faisons faire la philosophie et la théologie chez nous. Avant deux ans, j'espère bien que nous doublerons en nombre, car, pour le seul diocèse de Rennes, en supposant que Monseigneur ne nous donne pas son second petit séminaire, il faut que nous soyons une quarantaine : un supérieur général, un maître des novices, 2 professeurs, 12 missionnaires; 12 ou 15 professeurs de toute espèce et 8 ou 10 jeunes novices. 11 sera indispensable aussi que j'aie quelqu'un pour m'aider, c'est-à-dire des assistants, dont l'un partagerait avec moi le soin de .:J6 établissements de Frères enseignants déjà fondés. Chaque année il s'en forme de nouveaux, et dès à présent j'ai peine à suffire à tous ces détails; que sera-ce donc par la suite?

Nous avons fait entre nous, c'est-à-dire entre les 9 premiers seulement, pour le temporel, une société universelle, conformément au code civil; par conséquent, nous pouvons nous perpétuer et posséder très légalement ; plus tard, je pourrai vous communiquer cet acte et ceux cpii en sont la suite, car il en a fallu plusieurs pour que nous fussions en règle et pour nous mettre à l'abri de toutes les difficultés qu'on peut raisonnablement prévoir.

.Monseigneur incorpore les sujets qu'il nous donne, et ne réserve les droits sur eux que dans le cas où ils quitteraient la congrégation. Ce point est essentiel: autrement il n'y aurait rien de stable, puisque chacun pourrait être appelé à d'autres emplois où à d'autres œuvres par l'Ordinaire, comme il arrive ailleurs et trop souvent.

Tout ceci vous paraîtra peut-être bien compliqué; cependant rien n'est plus simple, du moins pour nous; et il en serait de même pour vous, si nous pouvions avuir ensemble quelques jours d'entretien. Tâchez donc de venir! Quelle joie pour de vrais prêtres que de conspirer de la sorte pour la gloire de Celui dont ils doivent perpétuer, sur la terre, le divin ministère de zèle et de charité! Si, comme je le désire si vivement, et comme je l'espère un peu. vous vous décidez à faire le voyage, ayez la bonté de me l'écrire assez tôt, pour que je puisse convenir avec vous d'avance de nos itinéraires respectifs : j'ai l'honneur d'être de tous les hommes de ce monde le plus ambulant: mais je calcule mes mouvements de manière à ne jamais contrarier une date, quand c'est le cœur qui l'a fixée. — Le mien est pénétré de reconnaissance pour tout ce que vous nie dites d'aimable. — Ah, priez donc! continuez de faire prier [tour le pauvre prêtre breton, grand-maître de l'alphabet, qui est et sera pour la vie

Tout à vous en N. S.

L'abbé J.-.M. de la .Mkn.nais.

Vous remarquerez que, pour faire réussir mon entreprise, j'ai besoin de plusieurs années : mais quelle est donc l'institution durable que l'on puisse improviser? La folie du siècle est de vouloir résoudre cet insoluble problème : on veut recueillir le lendemain du jour où l'on sème. »

Los demandés d'admission affluèrent bientôt à la rue de Fougères : niais M. de la Mennais tenait plus à la qualité qu'au nombre. Lorsqu'il connaissait un prêtre zélé1, mais souffrant de l'isolement, ou un jeune homme épris d'idéal et capable de sacrifice, il leur faisait volontiers des avances ; quant aux natures honnêtes, mais molles et sans élan, il le- écartait à tout prix (1).

L'abbé Jean avait projeté d'établir le noviciat de la nouvelle société à Rillé, près Fougères, dans un ancien couvent entouré d'une délicieuse campagne. Les locataires de cet immeuble refusèrent de le quitter en temps convenable, et il fallut laisser les jeunes aspirants à Rennes, en compagnie des missionnaires.

Pour allumer l'enthousiasme au cœur de cette jeunesse, il fallait lui montrer la grandeur du but. L'abbé Jean s'en chargea, spécialement à la retraite de 1827. On remarqua, dans son discours d'ouverture, la liberté singulière avec laquelle il signalait les besoins intellectuels du clergé (2).

Ce ministère l'attirait et leconsolait : n'avait-il pas rêvé toute sa vie d'être l'apôtre des ordinands? Néanmoins

1 « Il y a quarante ans. écrivait naguère un vénérable chanoine de Hennés, c'étail à Vitré en 1827, j'achevais mes études nu petit séminaire de cette ville. Un jour, un ecclésiastique petit et maigre, au teint basané, à l"œil vif, le front large et haut déjà sillonné de plis profonds, parut au réfectoire. Sa présence inaccoutumée excita l'attention des maîtres et des élèves. îles maîtres surtout, dont la plupart paraissaient aussi surpris qu'honorés d'une telle visite. Ce prêtre était le frère t\n célèbre auteur de ['Indifférence, alors à l'apogée de sa gloire. Homme d'action, il avait récemment lundi' une société de prêtres pour les besoins du diocèse. Il vit en particulier le principal professeur de rétablissement, et, à quelques mois de là, le professeur et deux de ses élèves entraient dans la congrégation de M. de la .Menn.iis. J'étais l'un de ces élèves. Depuis cette époque, des événements bien divers se sont passés, bien des rapports ont été rompus ou intervertis: mes relations avec le bon Père ont toujours subsisté. »

Celui qui parlaii ainsi en lSii" n'était pas devenu peut-être un des plus brillants disciples des La Mennais. Néanmoins il leur avait fail honneur par la constante dignité de sa vie et son parlait dévouemenl ;i l'Eglise. C'étail le pieux abbé Houet, que nous avons déjà rencontré à diverses pages de notre récit.

-' Noir un fragment de ce discours à la fin du volume (Appendice C).

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