STATUTS DE LA CONGREGATION DE S '-PIERRE
aux désirs, aux pensées de Jésus-Christ, qu'ils s'efforceront d'imiter en tout, de sorte qu'ils puissent «lin- ayec l'Apôtre : VivOjjam non ego, vivit vero in me Chrislus.
« Indifférents à ce qui estde la terre et souhaitant d'y être inconnus, ils seront enflammés uniquement du zèle des unies et «le celui de leur propre perfection. Un amour fraternel les unira entre eux, de sorte que chacun soit heureux de la joie des autres, et que tous se prêtent, pour aller à Dieu et accomplir son œuvre, un mutuel appui, évitant les contentions, les rivalités, les secrètes jalousies, les paroles railleuses, tout ce qui blesse, tout ce qui sépare, et altère la charité (1). »
Des frères coadju leurs étaient adjoints aux religieux pour les besognes matérielles. Les vœux devaient être émis d'abord pour deux ans, ensuite pour la vie.
Tel était ce plan de fondation monastique. C'était merveilleux de clairvoyance, de largeur, d'intelligence des temps, aussi Lien que de sève religieuse et d'esprit évangélique.
Dans La retraite de septembre 1828, ces statuts furent adoptés d'enthousiasme par les prêtres de Saint-Méen, et l'abbé Jean, s'effaçant une fois de plus devant son frère, se démit en sa faveur du titre et des fonctions de supérieur général. C'était une faute, mais qui pouvait le prévoir alors?
La réunion à Malestroit des jeunes gens venus de la Chesnaie et des ordinands qui habitaient la maison de Rennes eut lieu dans le courant de janvier 1829 (2).
A peine née, la congrégation de Saint-Pierre fut appelée à exercer son apostolat dans le Nouveau-Monde. L'évêque de New- York, Mgr Dubois, songeait à fonder dans sa ville
1 Ce passage, de même que les précédents, est extrait d'un manuscrit intitulé : Constitutions et règles (tes religieux de Saint-Pierre. Ce manuscrit, toul entier de la main de l'abbé Félj, est déposé aux archWes des Frères de Ploërmel. On y trouve un autre manuscrit portant le même titre, celui-ci île la main de .Iran. Il contient en substance toutes les considérations pieuses réunies par Féli dans le chapitre : Esprit île l'ordre. C'est un code irès précis et très pratique de régies proprement dites, parmi lesquelles on remarque la prescription, alors nouvelle en France, de réciter le bréviaire romain.
■l Les premiers habitants de la nouvelle maison lurent MM. Blanc, Rohrbacher, Bornet. Persebaie, Sourdin, Bénin. Lefèvre, Allain. d'Avenel, Lesbros, Genthon et Godin.
',:;o JEAN-MARIE DE LA MENNAIS
épiscopale une université catholique, et la réputation de L'abbé Féli avait attiré ses regards surlàjeune société dont il était le chef. Celui-ci fut flatte de l'offre et l'accueillit avec empressement, Dans nue lettre à l'abbé <le Salinis, il parlait alors « de voies récemment ouvertes par la Providence, et qui devaient faciliter le concours qui lui «'tait demandé. » — Ces voies qu'il considérait comme providentielles étaient l'affiliation de l'abbé Laeordaire à la congrégation, et le désir exprimé par lui de se consacrer ;iux missions du Nouveau-Monde.
L'expédition fut un instant décidée 1 ). Lacordaire devait s'embarquer avec trois autres prêtres, dont l'un était l'abbé Jules Môrel, pour aller réaliser le plan de hautes ('tudes conçu par Pévêque de New-York. La révolution de juillet, puis la fondation de l'Avenir, tirent échouer ce projet, et conservèrent à l'Europe le futur orateur de Notre-Dame.
La communauté de Malestroit une fois constituer, l'abbé Féli songea à quitter la Chesnaie, au moins par intervalles, pour aller diriger ses novices. Un événement imprévu allait l'appeler ailleurs.
L'abbé de Salinis venait de prendre, avec l'abbé de Scorbiac, la direction du collège de Juilly. A peine à l'œuvre, les deux amis se préoccupèrent du lendemain. Lux disparus, que deviendrait le collège? La seule réponse qui pût les satisfaire était celle-ci : « C'est une congrégation religieuse qui a fait la gloire de l'ancien Juilly (2); seule, une congrégation religieuse peut assurer l'avenir du Juilly renouvelé. »
La congrégation de Saint-Pierre, vouée en partie à renseignement, et dans laquelle les directeurs comptaient
1 c'est à cette occasion que l'abbé Jean fut nommé vicaire général de New-York.
.' La congrégation île L'Oratoire.