PROJETS POUR LA GASCOCNE
se nomma frère François de Sales. Ils étaient maintenant quatre, car nous ne comptons pas les sujets sans vocation, qui, de 1844 à 1847, se présentèrent à Ploërmel, pour se retirer presque aussitôt. Le progrès était lent, les espérances incertaines, mais la confiance de Tarchevêque ne fléchissait pas. Il savait que Dieu nous demande l'efTort, non le succès, et il continuait à se dévouer , laissant à Dieu de bénir le lendemain : « Je vous remercie , écrivait^l à son saint ami, de tout Tiiîtérèt que vous voulez bien porter à notre œuvre ; je la mets de nouveau sous voire patronage, enfin je prie Dieu que sa sainte volonté se fasse, et non la mienne (1). »
Successivement, troirs nouveaux postulants vinrent grossir le modeste groupe, et M. de la Mennais , tout aussi assuré du secours céleste que le digne archevêque, se préoccupa, dès lors, de fonder au diocèse d'Auch une première maison. Son plan consistait à choisir une ville de quelque importance^ afin d'y installer le postulat ou noviciat préparatoire, sous la direction d\m prêtre breveté, puis d'ouvrir, dans les dépendances de rétablissement, un pensionnat dont les revenus couvriraient en partie les dépenses d'eutretien des futurs religieux. L'avantage de ce projet était de créer tout d'abord en Gascogne une maison modèle, qui pût faire connaître avantageusement l'enseignement des Frères, et devenir plus tard un centre de ralliement pour les maîtres des écoles rurales, quelque chose, en un mot, comme les maisons de Dinan et de Tréguier. De plus, il soulageait sensiblement la détresse de l'archevêque, qui, ruiné par ses bonnes œuvres, supportait à grand'peine les dépenses du postulat d'Eauze et du noviciat de Ploërmel.
Gagné tout d'abord à ce dessein, Mgr de la Croix fut sur le point d'envoyer un jeune prêtre à Ploërmel, pour y suivre des cours préparatoires à l'examen du brevet.
(1) Lettre iaédite, du 4 mai 18 io — A'chives d.es Frères.
Mais il fallait compter avec les désirs clairement exprimés de M. Barciet. Le digne prôire qui dirigeait le postulat dTauze ne renonçait point à l'idée d'avoir une école de Frères pour assurer le recrutement de son collège. D'autre part, lui retirer la direction d'une œuvre à laquelle il se dévouait sans compter était chose délicate. Mgr de la Croix craignit de le contrister, et lui permit même, en 1846, de raccompagner h Ploërmel, afin de régler avec M. de la Mennais les conditions de sa fondation paroissiale.
En attendant un arrangement définitif, le supérieur des Frères formait les novices du diocèse d'Auch à leurs prochaines fonctions.
Tous étaient pieux et réguliers, et trois d'entre eux, les frères François-Xavier, Jean-Louis de Gonzague et Alphonse de Liguori, se distinguaient par leur ferveur.
Le frère François-Xavier fut breveté sans difficulté; mais on ne pouvait le renvoyer seul en Gascogne. D'ailleurs, M. de la Mennais n'estimait pas terminé son apprentissage d'inslituteur. Le 12 mars 18i6, il écrivit à Mgr de la Croix : « Si vous voulez bien le permettre, le frère François-Xavier ne retournera à Auch qu'après notre grande retraite du mois d août. En attendant vos ordres, et présumant de vos intentions, je vais le placer dans une de mes principales écoles, pour qu'il apprenne à bien faire la classe suivant nos méthodes, et qu'il se forme à conduire les enfants. A Ploërmel, il ne s'occupait que d'études; maintenant, il faut qu'il pratique pour être vraiment capable. Je l'envoie àCancale établissement de 230 enfants, vifs et tapageurs comme des marins, mais bien bons et assez faciles à conduire. Nous avons là quatre Frères vivant en communauté, et le directeur est un frère excellent (IV »
En même temps et pour les mômes raisons, il envoyait à Puiitivy le frère Jean-Louis de Gonzague, à qui une première épreuve devant le jury de Saint-Brieuc n'avait pas réussi.
(1) LetL'C inédite. — Archives des Frères.