‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860Chapitre 166 sur 260 · REFROIDISSEMENT GRADUEL · texte numérisé non relu

REFROIDISSEMENT GRADUEL

plus prendre le même intérêt à ce qui en avait un très vif pour moi.

« Les voyages m'étant désormais impossibles, la question est de savoir oii je me fixerai, ici ou à la Cliesnaie./ A la Cliesnaie, j'aurais plus de repos, mais j'y vivrais dans une solitude absolue, caries voisins, hors Trémigon, me seraient une gêne et une gêne très pesante. Personne avec qui échanger une pensée, cela m'effraye, ici, au moins, j'ai des amis et de nombreuses distractions d'esprit, d'autant plus nécessaires pour moi que je touche, si je n'y suis déjà, au moment où je ne pourrai plus travailler du tout. Il est vrai que, par ailleurs, incapable d'aller et de venir, complètement seul dans mon intérieur, ma vie est des plus tristes. Que faire à cela? Nul n'y peut rien ; c'est la suite naturelle, la conséquence inévitable de la vieillesse.

« Enfin, pour finir par oii j'ai commencé, ménage soigneusement ce qui te reste de forces; il vaut mieux prévenir le regret que de le provoquer (1). »

Quelle différence entre ce langage vaguement affectueux et les chaudes effusions qui remplissent les deux billets de Tabbé Jean I

Si encore de pareilles lettres prenaient souvent le chemin de Ploërmel ! ^lais non. Féli soupçonne-t-il son frère d'être pour quelque chose dans les tentatives faites, de divers côtés^ pour le ramener à l'Eglise ? Sacrifie-til tout autre souci à ses préoccupations de représentant du peuple et à la rédaction de son projet de constitution (2) ? En tout cas, pendant de longs mois, il semble, de nouveau, oublier l'abbé Jean.

(1) Ropartz, p. 468.

• (•2) La curieuse lettre suivante, qu'il adressa encore à son frère, le 28 juin 1848, au lendemain de l'émeute, indique bien que les questions sociales absorbaient à peu près toute son attention :

« Je reçois ta lettre du 25. Celle dé la Martinique est consolante. Ici, nous venons d'avoir un combat terrible de quatre jours, provoqué depuis longtemps par les hommes au service des divers prétendants. Ils ont exploité la faim du pauvre peuple, qui, à son insu, était leur instrument. Il cherche de tous côtés un remède à sa misère, et cette pensée l'agite vaguement. Le pouvoir, en ce moment, est aux mains des réac-

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Celui-ci, toujours infirme et ne voulant point emprunter, pour lui écrire, une main étrangère, supportait sans plainte ce cruel silence. Enfin, n y tenant plus, un jour qu'on l'avait conduit à la Gliesnaie, il força ses pauvres doigts paralysés à tracer les lignes suivantes :

« Il y a longtemps que je ne t'ai donné signe de vie, mon cher Féli. Je pense bien souvent à toi, mais il m'en coûte d'écrire, parce que mon bras droit est toujours infirme et faible ; par ailleurs, je suis beaucoup mieux que je n'ai été, et j'ai pu venir jusqu'ici, en passant par Rennes, sans être trop fatigué. Depuis huit mois, je n'étais pas sorti de Ploërmel ; le présent voyage est mon coup d'essai.

« Tu es, sans doute, très occupé de la grande politique. Pour moi, je m'en inquiète fort peu, quoiqu'elle me semble parfois assez inquiétante; mais je n'y puis rien, et j'aime bien mieux aller au jour le jour, en toute confiance dans la divine Providence, à laquelle je m'abandonne doucement. »

Il lui parle ensuite de ses œuvres et de ses projets, qui pourront paraître ambitieux de la part d'un vieillard

tionnaires. Us veulent tuer mon journal, ce qui ne leur sera pas difficile, car de défense possible, il n'y en a point. Mais combien de temps durera leur règne ? pas même quelques mois. Us n'auront réussi qu'à changer le caractère de la révolution et à préparer leur propre châtiment, car des représailles terribles sont désormais inévitables. Nous sommes, pour longtemps peut-être, destinés à vivre sous une suite de pouvoirs dont aucun ne pourra durer. La période de dissolution est ouverte, et ne se fermera pas de sitôt. Nous passons d'un monde dans un autre monde par des routes que nul n'a frayées.

« Ma santé se soutient malgré un travail de quinze heures par jour^ ou plutôt le travail l'a rétablie. L'activité m'est bonne. Ce que les choses deviendront prochainement, nul ne le sait. Nous vivons au milieu des incertitudes de la guerre. N'étaient les souffrances du pauvre peuple, qui me torturent l'âme, je m'arrangerais assez de cet état, car il y a une grande joie à combattre le mal. J'aime d'ailleurs à semer; la semence lève tôt ou tard. Si la liberté périssait pour un temps, ce temps, j'irais le passer je ne sais où, hors de France Tout me sera bon, pourvu que je ne voie pas de près les maux de la patrie, quand je ne pourrai plus rien faire pour elle.

<< Adieu soigne ta santé, et ne va pas retomber par ta faute, quoique, à vrai dire, ce qu il y ait de mieux, selon le mot de Tertullien, est de sortir le plus vite possible de ce triste monde, pourvu toutefois qu'on puisse se dire que le devoir ne nous y retient plus. Je t'embrasse de cœur. » — A. Blahe^tOEuvres inédites, etc., t. II, p. 217.

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valcUidinaire. Puis, prévenant l'objection: a Oh I pour le coup, me clis-tu, Jean, lu radotes.

« Passe encore de bâtir, mais planter à ton âge!...

« Il est vrai, que, raisonnablement, je devrais quitter « le long espoir et les vastes pensées » ; mais ce qui est raisonnable n'est pas toujours, ou plutôt est bien rarement, du goût de ton frère Jean. Adieu, je t'aime et t'embrasse de tout mon cœur (1). »

Hélas ! désabusé de Ja politique^ dépité et furieux contre les assemblées républicaines, oi^i il n'avait pu jouer qu'un rôle assez ridicule de capitaine sans soldats, Féli était en proie à l'amertume de l'insuccès, sans, pour cela, renoncer à ses projets de rénovation sociale. Ses collègues de la Constituante ont eu beau faire le vide autour de lui; il a eu beau voir périr de mort violente ou d'inanition ses journaux de combat (2), tout en répétant : « J'ai trop vécu! » il s'obstine à la poursuite de la république idéale qui bannira la misère d'icibas : noble rêve, mais dont l'obsession laisse trop peu de plase aux affections de famille. C'est sous l'empire de ces préoccupations que, le l*^'" mars 1849, il répond à l'abbé Jean :

(( En m'envoyant la lettre que tu m^as écrite de la Chesnaie, Ange m'a confirmé ce que tu me dis de ta meilleure santé, ce qui m'a fait un très grand plaisir. La mienne n'est pas bonne en ce moment. J'ai eu et j'ai encore un mal d'yeux qui m'a rendu presque aveugle pendant plusieurs jours, et qui se complique d'un retour de douleurs d'entrailles très tenaces. Cela passera, car tout passe, et ainsi je ne m'en tracasse point. L'hiver, si extraordinairement doux quant à la température, a engendré beaucoup de maladies. Les giboulées de mars, où nous sommes entrés, aideront peu à les guérir, si j'en juge par moi-même. Le plus important, ^^ c'est que les biens de la terre n'en souffrent pas trop ; une disette,

(1) Lettre datée du 18 février 1849, — Citée par Ropartz, p. -ITO.

(2) Le Peuple constituant et la Réforme.

cette année, aurait des conséquences bien fâcheuses.

(( 11 paraît que tout le monde se porte bien à Trémigon. Ils sont assis sur le rivage, s'il y a aujourd'hui un rivage, et regardent de loin la mer écumer. Je t'embrasse très affectueusement (1). »

Ce billet, d'une banalité désespérante, fut le dernier signe de vie donné à son frère par l'infortuné. Sans colère, sans rancune apparente contre le vieillard qui attendait la mort à Ploërmel, mais toujours étranger à sa foi, devenu indifférent à ses œuvres, que pouvait-il lui dire désormais ? N'avait-il pas assez réparé ses torts en le priant d'oublier le passé? Et quant à ces protestations d'amitié auxquelles il avait l'amère douleur de ne croire lui-même qu^à demi, n'était-il pas plus sincère de s'en abstenir ? Ainsi raisonnait le solitaire lassé de tout et résolu à s'enfermer dans un étroit silence.

L'abbé Jean comprit alors la cruelle réalité. Au fond, sa tentative de rapprochement n'avait abouti qu'à un échangé de paroles aimables. L'âme du révolté restait fermée à tonte influence catholique. Attendre, prier et souffrir était toujours le lot du prêtre fidèle.

Laissons le philosophe dans sa solitude désolée, et pénétrons de nouveau dans la pauvre chambre oii, depuis son retour de Guingamp, Tabbé Jean lutte contre une série de maladies qui s'abattent sur lui coup sur coup. La paralysie, à peine conjurée, a fait place à un rhumatisme qui lui lacère le pied gauche et le genou droit ; un érysipèle s'e«t déclaré ensuite à l'avant-bras, en même temps que la grippe lui interdisait tout effort intellectuel. Dans ce corps exténué, on cherche vainement un membre, un organe qui ait gardé sa vigueur.

Veut-on savoir dans quels sentiments il reçoit, l'une après l'autre, ces lourdes croix? Les lignes suivantes, tracées

(1) Lettre inédite. — Archives des Frères.

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le 27 mars 1848, pendant une trêve que lui laisse la souffrance, expriment son âme tout entière : « Ayons confiance ! s'6crie-t-il. En qui ?.... Ah! dans la Providence !.... Je l'aime tant, cette bonne Providence, que, suivant le conseil du saint M. Boudon, je veux me laisser dévorer par elle. A la vie, à la mort, je la bénir 'di. Benedicam Dominiim in omnitempore, semper laus ejits in ore meo (1 )! »

Peu à peu le dévouement des Frères eut raison de cette légion d'ennemis, et le vénéré malade put consacrer quelques heures, chaque jour, aux intérêts de Finstitut. Incapable d'écrire lui-même toutes ses lettres d'affaires, il choisit, parmi ses Frères, quatre ou cinq secrétaires, qu'il intitula gaiment ses ministres,^ et, avec l'aide de M. Ruault, reprit son ancienne vie.

Tout alla bien jusqu'au mois d'août. Dans l'état de faiblesse du Père, les fatigues de la grande retraite étaient une occasion presque fatale de rechute. On l'invita à se décharger des plus accablantes hesognes, mais il ne voulut rien entendre. Comme de coutume, il reçut en particulier chacun des Frères, et passa trois grands jours à régler les placements.

Sentant que le mal aurait, tôt ou tard, raison de son énergie, il lut et commenta, en assemblée plénière, son Acte de dernière volonté, et l'adressa ensuite aux directeurs de toutes ses maisons des colonies. « Ainsi, écrivait-il au frère Eutyme, quand il plaira à Dieu de me retirer de ce monde, vous aurez pour supérieur un Frère qui, je l'espère, par sa sagesse et par son zèle, perpétuera l'œuvre que j'ai fondée. C'est tout mon désir, et j'ai la douce confiance qu'il s'accomplira. Vous n'oublierez pas celui qui fut votre pèrC;, et qui vous aima si tendrement. Vous hâterez par vos prières le moment oii, dans sa miséricorde, le bon Dieu le fera entrer dans le lieu du rafraîchissement et de l'éternelle paix (2). »

(1) Lettre inédite à une demoiselle dont le nom n'est pas indiqué.

[2) Lettre inédite du 23 septembre 1848. — Archives des Frères.

11 écrivait, dans le même sens, au frère Paulin, directeur à la Guadeloupe : « Quand il plaira à Dieu de m'appeler à lui, il faudra adorer sa sainte volonté,.

Ces lignes mélancoliques étaient-elles un pressentiment? On put le croire lorsque, la retraite terminée, le pauvre Père retomba sur son lit de souffrances, terrassé par un mal inconnu, lésultat de Textrême fatigue. Bientôt un anthrax se déclara à la hauteur delà clavicuie droite, et le médecin exigea une opération. Dur à la fatigue, d'une angélique patience au plus fort de ses maladies, M. de la Mennais était néanmoins fort impressionnable. Tous ses nerfs frémissaient à la vue d'un instrument de chirurgie. Lorsque le docteur se présenta, armé de sa trousse et assisté du Frère pharmacien, il lui dit, en pâlissant : « Avertissez-moi, je vous prie, lorsque tout sera prêt, car je suis très sensible; mais, sachant l'instant précis oii vous travaillerez3 n'a^yez crainte : je tiendrai bon. » Le moment venu, on lui déclara que l'opération commençait. « Allez ! » dit-il d'une voix ferme. Et, pendant que le chirurgien labourait les chairs, pas un cri, pas un mouvement, ne vint traltir l'horrible souffrance (2).

L'ouverture de l'accès procura au malade un peu de soulagement. Mais la prostration restait effrayante, et les longues semaines de réclusion allaient recommencer^ sans qu'on en pût prévoir le terme.

Bien des fois, on crut à l'imminente dissolution d'un organisme ruiné par tant de secousses. Des amis jeunes et vieux, disper-és à tous les coins de la France, accoururent à Ploërmcl, pour recevoir une suprême bénédiction de cette main, dont la chaude étreinte les

prier p oui" le repos de ma pauvre âme. redoubler de zèle et de dévouement pour notre œuvre. Vous aurez vu, par l'acte que le frère Ambroise vous a communiqué que tout est arrangé et réglé pourlegouvernementde la congrégation après ma mort; ainsi, chacun doit être tranquille sur les suites d'un événement auquel il faut bien s'attendre et se résigner d'avance, puisqu'il est inévitable. Cette prévision ne doit pas nous effrayer: nous devons, au contraire dire comme le ivoi-Prophète : « Je me suis réjoui lorsqu'on « m'a dit : Nous irons dans la maison du Seigneur ». Oui, mon cher enfant, cette douce espérance repose dans mon sein; nous nous réunirons dans le ciel pour y louer et y bénira jamais ce divin Jésus, dont nous aurons été, sur la terre, les disciples et les serviteurs fidèles. » Lettre inédite du 15 septembre. — Archives des Frères.

(2) D"aprèsles notes manuscrites du frère Vital.

VISITE DE Mg"^ DE LA MOTTE 495

avait si souvent réjouis. Des professeurs du collège d'Oullins, anciens élèves de Malestroit, y coudoyaient M. Barciet, envoyé par Mgr de la Croix ; les principaux dignitaires du clergé de Vannes y escortaient leur évêque, le vénérable Mgr de la Motte.

La visite de ce dernier fit sur la communauté une vive impression. Avant de monter à la chambre du malade, il réunit à la salle du chapitre tous les Frères présents, et leur tint ce langage : « C'est sans doute pour la dernière fois que je vais voir votre bon Père. Après Dieu, vous lui devez tout. Par reconnaissance pour lui, par respect pour sa mémoire, gardez toujours les pratiques de charité et d'humilité auxquelles il vous a formés; soyez obéissants à son successeur, quel qu^il soit.

« Vous avez bien mérité de l'Eglise et de la Bretagne ; mais quel scandale si, après la mort du Père, vous veniez à vous disperser ! Ce malheur n'arrivera point; vous me le promettez, n'est-ce pas, et vous me permettez de l'affirmer, de votre part, à votre vénéré Père? Cette promesse, jointe aux consolations religieuses que je vais lui porter, sera sa meilleure espérance et sa meilleure joie (1). » Que fut l'entrevue du vieil évêque avec l'auxiliaire dévoué qui militait avec lui, pour le bien du diocèse de Vannes, depuis vingt et un ans? Après quelques paroles amicales, il est probable que le prélat ne dissimula point ses craintes au malade, et que l'on échangea de touchants adieux.

La Providence devait déjouer ces prévisions. Nous allons revoir debout, pour des années, le vieil atlilète blessé, car Dieu l'appelle à soutenir encore, dans mainte bataille, l'honneur de son nom.

Après une nouvelle convalescence, au cours de laquelle aumôniers et religieux rivalisèrent de dévouement, on vit enfin se fermer Fabcès qui avait mis en danger la vie du Père.

(1) D'après un récit manuscrit (]\i frèrf^ Jcan-Lonis de (ion/.M-iuc. daté de septembre ^848.

Grâce au repos prescrit, les forces revinrent, et le vieillarcl reprit vaillamment le gouvernement de l'institut, après avoir tenu tête, pendant six mois, à quatre ou cinq maladies.

« ir n'y a que la haute sainteté, a dit le P. Faber, qui ne soit pas distraite, abaissée, animalisée par la souffrance (1). » L'application de cette règle à M. de la Mennais eût assurément donné une haute idée de sa vertu. M. Barciet, qui se trouvait encore à Ploërmel le 18 octobre, écrivait alors à son archevêque : ^< Le moral du respectable malade ne se ressent nullement de ses souffrances physiques. Toujours même activité, toujours même présence d'esprit, toujours même constance et même zèle pour les affaires de Tinstitut (2). »

Mais pourquoi Dieu ramenait-il son serviteur au milieu des luttes d'ici-bas, alors que, pleinement détachée de la terre , son âme aspirait au repos d'une meilleure patrie ? On le comprit bientôt.

Le Sauveur du monde, au moment d'ordonner à douze pêcheurs ignorants d'aller enseigner tous les peuples, voulut ressentir, dans son humanité troublée, l'émotion qu'après lui ont éprouvée tous les fondateurs, à l'heure du départ pour l'éternité. « Père saint, l'heure est venue, dit-il en levant les yeux au ciel ; Père saint, gardez en votre nom ces hommes que vousm'avez donnés (3). »

Et il demanda pour eux, non qu'ils fussent retirés du monde, mais que, vivant au milieu de. ses séductions, ils en fussent à jamais préservés.

(1) Conférences spirituelles. — Aspect de la mort, p. 73, édition Braj'.

(2) Lettre inédite. - Archives des Frères. — M. de la Mennais ne se rétablit jamais complètement ; mais le mal ne diminua point son ardem* au travail. Le 13 février 1852, il pouvait dire à son ami Langrez : « J'ai écrit, depuis Noël jusqu'à la fin'de janvier, trois cent cinquante-sept lettres. Vous voyez que je n'y vais pas de main morte, malgré mes infirmités toujours croissantes. »

(3^ Pater, venit hora.... Pater sancte, serva eos in nomine tuo, quos dedisti mihi. — .ioan. xxii, 1. 11.

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