LA LOI DE
l'ancien conseil royal de l'Université, un conseil supérieur de l'Instruction publique, oii siégeaient, à côté de huit membres de Renseignement ofiiciel, quatre archevêques ou évoques, trois magistrats delà cour de Cassation, autant dé conseillers d'Etat, de membres de l'Institut et de membres de l'enseignement libre. Au-dessous de cette grave assemblée, des conseils académiques départementaux composés à l'image du conseil supérieur, c'est-à-dire groupant autour du recleur et de l'évêque diocésain quatre conseillers généraux et les principales autorités administratives et judiciaires; une nouvelle circonscription portant à 86 (une par département") le nombre des académies, au lieu de 20 qui existaient avant la loi ; le corps des inspecteurs recruté en partie parmi les membres de l'enseignement libre ; l'inspection dans les écoles privées restreinte à la moralité et à l'hygiène, telles étaient les principales dispositions visant les « autorités préposées à renseignement. »
La loi permettait d'ouvrir une maison d'enseignement secondaire à tout Français âgé de vingt-cinq ans, muni d'un certificat de cinq années de stage dans un établissement public ou libre, et justifiant du diplôme de bachelier es lettres ou d^un brevet de capacité délivré par un jury spécial.
C'était là une importante innovation. Mais c^est surtout dans le domaine de l'enseignement primaire que M. de la Mennais appréciait le terrain conquis.
Reconnaissant les instituteurs libres aussi bien que les maîtres des écoles officielles, la loi exigeait des uns et des autres vingt et un ans d'âge et un brevet de capacité qui, en certains cas déterminés, pouvait être suppléé par un certificat de trois ans de stage. Selon le vœu du fondateur des Frères, l'inamovibilité des instituteurs communaux, qui l'avait si souvent entravé dans son travail de mutations, était abolie. Toujours conformément à ses vues, les maîtres étaient nommés par les conseils municipaux sur une liste de candidats dressée par le conseil académique, et cette liste était remplacée,
pour les congrégations religieuses, par une liste de présentation des supérieurs. Les écoles normales, dont il s'était toujours défié, n'étaient pas nommées dans la loi. Les départements étaient seulement obligés de pourvoir au recrutement des instituteurs communaux en entretenant des élèves maîtres dans des établissements dont on ne précisait pas la nature, laissée à la désignation ou soumise à l'approbation du conseil académique. Les autorités préposées immédiatement à chaque école étaient le maire et le curé. Les anciens comités locaux étaient supprimés, mais remplacés par des délégués cantonaux désignés par le conseil académique (l).
C'était, en fait, l'abolition du monopole de FUniversité pour l'enseignement secondaire ; de plus, dans le domaine de l'instruction primaire, Tomnipotence de l'Etat était fortement entamée par la création des conseils académiques et les droits reconnus aux conseils municipaux.
M. de Falloux, qui avait été à la peine, ne devait pas jouir personnellement du triomphe. En octobre 1849, sa santé l'aVait obligé à quitter le ministère, oii il fut remplacé par M. de Parieu ; mais les catholiques, reconnaissants de sa généreuse initiative, n'ont pas voulu d'autre étiquette que son nom pour désigner la loi de liberté.
M. de la Mennais, qui de longtemps ne s'était vu à pareille fête, était résolu à profiter largement des avantages conquis; mais llfallait agir à coup sûr. La loi prêtait à certaines difficultés d'interprétation, dont voici des ex:«mples. Les Frères qui avaient fait trois ans de stage avant le 15 mars 1850, étaient-ils, de droit, dispensés du brevet, ou bien le stage ne devait-il courir qu'à partir de la promulgation de la loi ? Les vicaires qui, dans plus d'une paroisse bretonne, avaient ouvert et dirigé une . école communale en attendant des Frères, pourraient-ils
(1) Cf. L'abbé L. FollioLey. La loi de 1850, article publié dans la Quinzaine, n" du 1" janvier 1902.
LE COiMITÉ D'ENSEIGNEMENT LIBRE 519
continuer à cumuler les fonctions et les traitements de leurs deux titres?
Mgr Parisis fît résoudre ces questions dans un sens favorable à Finstitut ; mais de divers cotés arrivèrent à Paris d'autres demandes d'éclaircissements. Le gouvernement tendait à interpréter la loi dans un sens étroit ; d'oii nécessité d'un commentaire rédigé par des juristes autorisés, et qu'on pût invoquer dans tous les cas douteux.
D'autre part, les catholiques étaient d'avis d'organiser immédiatement l'enseignement libre. Il fallait soutenir les nouvelles fondations, prévenir les conflits, encourager partout les hommes d'action.
Pour répondre à ces divers besoins, Montalembert créa un comité supérieur d'enseignement libre, dont il confia la présidence au comte Mole. A côté des quatre évêques membres du conseil supérieur, ce comité renfermait les prêtres les plus éminents de la capitale, les principaux magistrats, députés et écrivains catholiques/On y comptait un seul membi'e domicilié hors de Paris : M. de la Mennais.
VU
Montalembert n'avait pas entendu simplement rendre hommage au vétéran des luttes catholiques. Depuis la discussion de la loi, ses conseils étaient appréciés de tous, et l'on comptait bien y faire appel, en temps opportun.
L^occasion ne se fit pas attendre. M. Gochin avait été chargé, par la commission d'enseignement primaire formée au sein du comité, de préparer le commentaire des articles de loi relatifs aux petites écoles. Ce travail devait être revu par tous les membres de la commission, et publié comme leur œuvre collective.
Avant de le soumettre à ses autres collègues, l'auteur l'adressa à M. de la Mennais, le priant de l'examiner avec soin et de le renvoyer avec les annotations et remarques dictées par son expérience.
Le supérieur promit son concours ; mais comment
trouver le temps d'annoter un livre, au milieu des détails d'administration qui dévoraient ses journées?
Ses observations n'arrivant pas à temps, le livre parut, portant en première page la liste des membres du comité, parmi lesquels M. de la Mennais figurait à un rang honorable.
M. Gochin le lui lit parvenir, accompagné d'une lettre pleine de courtoisie : « Monsieur l'abbé, disait-il, vous avez dû recevoir le Commentaire sur la loi du 15 mars 1850, en ce qui concerne l'enseignement primaire, publié par le Comité de l'enseignement libre. J'espère qu'après l'avoir parcouru vous approuverez ce petit livre et que vous nous pardonnerez la liberté que nous avons prise de mettre, en votre absence, votre nom au nombre des noms des auteurs, sans attendre plus longtemps les observations que vous aviez eu la bonté de nous promettre.
(( Il était temps de publier, sans plus de retard, ce livre, précédé par tant d'autres, et très demandé. La nécessité, signalée par vous-même, de protester contre plusieurs interprétations officielles, très regrettables, de la loi, nous faisait un devoir de nous hâter, et cependant nous n'aurions voulu à aucun prix priver notre œuvre de la haute autorité de votre nom.
« En consentant à faire partie du comité, vous avez bien voulu accé^ler d'avance à cette sorte de solidarité que votre éloignement de Paris retid une^ marque de confiance dont nous sommes très fiers.
« Est-il besoin d'ajouter que nous recevrons avec plaisir, et que nous sollicitons même toutes les observations que votre haute expérience vous suggérera sur le vaste sujet de l'enseignement primaire, et sur les quelques services que nous essaierons et que nous avons déjà essayé de lui rendre ?
« Si vous trouvez ce commentaire utile, soyez assez bon pour le répandre dans vos écoles et autour de vous (1). »
(1) Lettre inédite du 9 août 185L — Archives des Frères.
En retour de l'opuscule, M. de la Mennais adressa à M. Cochin un exemplaire de la Règle des Frères, soit à titre d'hommage affectueux, soit comme document permettant de défendre, au besoin, son institut.
M. Cochin ne connaissait qu'imparfaitement l'œuvre de Ploërmel. La lecture du « Recueil » causa à ce vaillant chrétien une émotion dont nous trouvons la trace dans les lignes suivantes:
« Monsieur le supérieur, j^ai été extrêmement reconnaissant de l'envoi que vous avez bien voulu me faire de vos Règles. Le livre est petit, mais l'œuvre est bien grande, et, en pensant que ce livre sert chaque jour de guide spirituel et de loi volontaire à tant d'hommes qui, à leur tour^ sont les bienfaiteurs de tant d'àmes, on ne peut l'ouvrir sans respect. C'est avec ce sentiment que je le garderai, et 'à cause du sujet, qui excite toute ma sympathie, et à cause de l'auteur, qui est entouré de toute ma vénération (1). »
Le Comité de l'enseignement libre sera emporté, avec une partie des libertés conquises, par les fantaisies despotiques du second Empire.
Comme s'il prévoyait la tempêtj3, M. de la Mennais va mettre à profit la faculté si longtemps désirée de fonder un collège libre. L'œuvre, qu'il a poursuivie toute sa vie et que des circonstances fatales lui ont arrachée des mains, à Saint-Malo, à Saint-Méen, à Ploërmel, à Malestroit, à Dinan, est enfin réalisable.
Rien ne l'empêche plus de rouvrir, à Ploërmel même et dans sa propre maison, le collège qu'il a tenté de créer autrefois, et qu'on l'a obligé de fermer en 1836.
Les élèves, il les a déjà sous la main: ce sont les enfants de son pensionnat qui désirent faire des études latines ; les maîtres, ils s'offrent d'eux-mêmes : ce sont
(1) Lettre inédite du 3 octobre 1851. — Archives des Frères.
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les aumôniers des Frères, qui ne reculent point devant un surcroît de besogne. Il confiera à des Frères les classes élémentaires et les cours de sciences; et quant au directeur, où trouver un prêtre mieux préparé à cette tache que M. Ruault?
Dès 4850, on était prêt. Les commencements furent modestes. Un petit groupe d'enfants à qui il s'agissait d'apprendre le rudiment, tout en leur faisant suivre la plupart des èours du pensionnat ; un jeune ecclésiastique M. Depincé (1), chargé de l'enseignement du latin avec un laïque, M. Vardon, ancien professeur au collège de Dinan; M. Guilloux, cumulant la surveillance des études et de la discipline, la formation religieuse et la direction spirituelle des élèves avec ses habituelles fonctions d'aumônier ; M. Ruault, que son état de fatigue réduit le plus souvent à donner un conseil et à signer les pièces officielles ; M. de la Mennais, paraissant de temps en temps pour accorder un congé, distribuer des caresses ou raconter quelque piquante histoire, telle était la composition de l'humble collège. Malgré tout, on comptait sur l'avenir, car un pensionnat primaire était un sûr moyen de recrutement.
La petite communauté ecclésiastique de Ploërmel, grossie d'un prêtre normand que nous retrouverons bientôt, formait un milieu des plus gais et des plus aimables.
A la lettre, quoique toujours infirme, le Père rajeunissait. A chaque récréation, on le voyait, dans la grande allée qui se prolonge, à travers le jardin de l'enclos, jusqu'au cimetière, lutter de dextérité avec ses confrères, jeunes et vieux, dans rart de lancer h-ibilement un palet. Malgré sa main tremblante, il lui arrivait souvent de remporter, au jeu de tonneau, une victoire chèrement achetée.
Le soir, pendant le repas des professeurs, c'étaient d'amicales discussions avec M. Guilloux sur les rubriques
(1) Successeur de M. Gracia comme aumônier des Frères.
OU avec M. Vardon sur les règles de Lhomond. Quant à M. Depincé , grand lecteur de journaux, il avait beau provoquer le Père sur la politique, il n'obtenait guère de lui qu'un sourire.
Tout en goûtant le charme de ces réunions, M. de la Mennais songeait à l'avenir du jeune collège. C'était une institution particulière, dont le succès dépendait uniquement de sa présence, du zèfe et de la bonne entente des maîtres qu'il y avait réunis. Après lui, qui maintiendrait la cohésion ?
L'établissement ne souffrirait-il pas très vite des vices d'organisation qui\ affligeaient autrefois les collèges bretons, et qui l'avaient amené à fonder la société de Saint- Méen ?
Fidèle à ses idées de 1825, il fit appel aux Pères du Saint-Esprit, qui dirigeaient en. France quelques collèges. Son intention n'était point de disperser les prêtres qui faisaient, sous ses yeux, de si bonne besogne; il voulait, au contraire, en assurant la perpétuité de l'œuvre, leur fournir un moyen de se maintenir à Ploërmel. Dans sa pensée, les religieux appelés par lui devaient enseigner dans un petit nombre de classes, et prendre possession de rétablissement juste assez pour que, après lui, la congrégation du Saint- Esprit consentît à s'en charger. Il désirait aussi assurer des aumôniers à la maison de Ploërmel, pour le jour où celle-ci serait privée des services de MM. Ruault et Ouilloux.
Le P. Schwindenhammer , supérieur général de la congrégation du Saint-Esprit, entra dans ses vues, et, au mois d'octobre 1853, deux ou trois religieux arrivèrent à Ploërmel, sous la conduite du P. Gollin, ancien supérieur de la mission de Bourbon.
Le personnel enseignant du petit collège allait être composé de trois éléments : religieux étrangers au diocèse, prêtres séculiers, Frères de Tlnstruction chrétienne. C'était beaucoup, et M. de la Mennais ne se dissimulait pas les inconvénients d'une telle disparité : mais il espérait que
le tact des nouveaux maîtres, aussi bien que Tabnégation des anciens, sauraient atténuer ce que la situation avait d'anormal et d'indécis.
Il n'en fut pas tout à fait ainsi.
Persuadé, après un an d'expérience, que, malgré les plus excellentes- intentions, la différence de vues nuisait au bon esprit de sa maison, M. de la Mennais n'hésita pas à fai-re agréer au P. Schwindenhammer ses excuses et ses regrets. Le P. GoUin et ses compagnons quittèrent Ploërmel aux vacances de 1834, et le collège Saint-Stauislas reprit, sous la direction de M. Ruault, aidé de nouveaux professeurs fournis par l'évêque de Vannes, sa primitive physionomie.
A partir de 1855, on y conduisit les élèves jusqu^à la classe de seconde ; bientôt le succès fut indiscutable et éclatant.
Il était dû à l'heureux choix des maîtres. Pendant de longues années, on comptera parmi les professeurs «leux prêtres, dont l'aîné, bien connu du lecteur, avait conduit le plus jeune au sacerdoce. A quelque temps de là, devenus missionnaires aux colonies et appelés l'un après l'autre à l'épiscopat, ils devaient se succéder sur le siège de la métropole d'Haïti (1). Les anciens élèves de Mgr Guilloux et de Mgr Hillion ne s'étonnèrent jamais de les voir parvenus à cette éminente dignité (2).
De tels prêtres formèrent des élèves d'élite. L'un d'eux, Joseph Rj^lan, que nous trouvons, en*l856, sur les bancs de la sixième, devait se distinguer, quelques années plus tard, parmi les zouaves pontificaux, et'tomber glorieusement à Mentana, le 9 novembre 1867 (3).
(1) Mgr Guilloux, parti pour la mission d'Haïti en 1864, comme vicaire général de Mgr Testard du Gosquer, fut nommé archevêque de Portau-Prince en 1870. Il mourut en 1885. Mgr Hillion, d'abord évêque de Gap- Haïtien, lui succéda en 1886 sur le siège de la métropole. Il est mort en 1890.
(2) Voici les noms des professeurs ecclésiastiques que nous trouvons au collège, de 1836 à 1860. MM. Sévestre, Ruault (neveu du directeur), Gadio, Ghassebœuf, Hillion, Rio, Le Métayer, Jonneaux, Le Bail (deux portent ce nom), Guillonnet.
(3) Sa vie a été écrite par M. Robert Oheix.
M. de la Mennais ne vit pas les honneurs funèbres rendus à ce généreux enfant dans la chapelle de Ploërmel, où sa dépouille, ramenée d'Italie, fut reçue en triomphe ; mais toute la ville de Ploërmel en larmes autour de ce cercueil savait bien de quel maître le soldat de Pie IX tenait sa foi profonde et son intrépide courage.
Le collège Saint-Stanislas devait vivre vingt ans sous ce régime familial, prêtres et Frères se prêtant un mutuel appui. Malgré tout, l'avenir restait incertain, puisque tout reposait sur le concours gracieux de Tévêque de Vannes à une œuvre qui, en rigueur, n'était pas la sienne.
En 1870, Mgr Bécel, après entente avec les Frères, résolut de transformer le collège ecclésiastique en petit séminaire diocésain. Les élèves étaient trop nombreux pour tenir désormais dans la maison des Frères. On acquit, pour les abriter, l'ancien monastère des Carmes de Ploërmel, et c'est dans cette demeure jadis sanctifiée par tant de prières, près de l'asile sépulcral des ducs de Bretagne, que deux cents jeunes gens se préparent aujourd'hui aux luttes du sacerdoce.
La fondation du collège Saint-Stanislas fut, pour M. de la Mennais, le premier bienfait de la loi Falloux." Sa collaboration avec les hommes d'Etat qui la préparèrent devait lui valoir, en outre, de précieuses amitiés.
En 1831^ dans une visite à ses anciens électeurs du Morbihan, Mgr Parisis s'arrêta au petit séminaire de Sainte- Anne d'Auray, où- les cours élémentaires étaient confiés à un Frère de l'Instruction chrétienne. On se réunit pour le fêter, et il' avisa, pour la première fois, dans le groupe sombre des soutanes ecclésiastiques, le crucifix des religieux de Ploërmel. Aussitôt, allant droit au Frère: « Je n'avais pas encore vu, dit-il, de fils de M. de la Mennais, et je suis bien aise d'en rencontrer un aujourd'hui, afin de lui exprimer l'estime que je professe pour sa congrégation. A Paris, on lui rend toute
justice, et c'est avec bonheur que nous avons agrégé son fondateur auGoipité central de renseignement libre. C'est le seul membre du comité qui n'ait pas sa résidence dans la capitale, mais cette exception était due au mérite de M. de la Mennais et aux importants services qu'il nous a rendus (1). »
La sympathie de M. de Falloux pour le fondateur des Frères devait s'affirmer en termes plus chaleureux encore. En 1853, l'ancien ministre, retiré en Anjou, dans sa terre de Bourg-d'Iré, a vu l'instituteur de sa commune brusquement transféré à un autre poste. Sa première pensée a été de demander un Frère à M. de la Mennais. U'est une marque de confiance qu'il donne au supérieur; mais leurs relations passées lui permettent d'exprimer franchement son désir, et même de se montrer un peu difficile. « Je viens, écrit-il, vous supplier de nous choisir et de nous destiner un sujet distingué. Notre commune est de quatorze cents âmes, et nous avons plusieurs petits docteurs de campagne, qui ne verront pas tous de très bon œil la soutane remplacer le paletot (2). »
M. de la Mennais était trop généreux pour ne pas satisfaire un homme qui avait si bien mérité des catholiques. Il envoya à Bourg-d'Iré un de ses meilleurs Frères. Quelques semaines après, il recevait la lettre suivante:
(c Monsieur et digne supérieur, j^attendais l'arrivée du bon Frère pour vous exprimer toute ma reconnaissance en même temps que je vous annoncerais son heureuse arrivée. Je m'applaudis de ce retard, car ma gratitude doit revêtir une forme particulière depuis que j'ai vu le sujet d'élite que vous avez eu la bonté de nous destiner. Son abord, sa- physionomie, son langage ont gagné tous les cœurs, lé mien tout le premier, bien entendu, et je ne saurais assez vous dire combien j'ai été touché en trouvant dans ce choix un témoignage si évident, si délicat de
(i) D'après le récit manuscrit d'un professeur du collège de Sainte- Anne. — Archives des Frères.
(2) Lettre inédite du 20 décembre 1833. — Archives des Frères.