LETTRE DE M. DE LA MEXXAIS AUX ÉVÈQUES BRETONS
« Monseigneur,
« Les écoles dirigées par mes Frères dans les colonies ont pris un accroissement et une importance inattendus. Dieu les protège visiblement; mais, ne voulant pas multiplier ces écoles au détriment de celles de notre Bretagne, j'ai le regret de ne pouvoir donner à M. le ministre de la Marine autant de Frères qu'il m'en demande. 11 vous a donc écrit lui-même pour vous prier d'engager MM. les curés de votre diocèse à rechercher et àm'adresser les jeunes gens de leurs paroisses en qui ils reconnaîtraient les talents et les qualités nécessaires pour entrer dans ma congrégation ; et afin de rendre cette espèce de recrutement plus facile, il promet d'allouer un secours de trois cents francs à six postulants désignés par vous, qui seraient hors d'état de payer eux-mêmes les frais du noviciat. Permettezmoi donc, Monseigneur, de recommander à votre charité cette excellente oeuvre Je ne doute pas qu'elle n'ait un plein succès, si vous daignez faire connaître à MM. les curés, de la manière que vous jugerez la plus convenable, l'intérêt qu'elle vous inspire et les moyens qui sont mis à votre disposition pour en favoriser le développement. Les nouveaux sujets que je recevrai sont destinés spécialement à remplacer, en Bretagne, ceux qui se déTOuent volontairement à la mission des colonies.
« Je suis avec le plus profond respect, etc. »
Cette lettre ne fut point adressée à monseigneur l'évêque de Rennes, qui avait pu s'entretenir verbalement de ratîaire avec le supérieur de Ploërmel, et lui donner l'assurance de son concours le plus sympathique.
Les autres répondirent également dans un sens favorable. Nous citons la lettre de Mgr de Hercé. évêque de Nantes, ancien élève de Malestroit.
ÉvÊCHÉ DE NAXTES, 29 avrll 1846.
« Monsieur et vénérable, ami,
« C'est une belle mission que celle d'aller porter dans les pays lointains la douce lumière de l'Evangile, et j'envie le bonheur de ceux que Dieu appelle à un ministère si consolant.
« C'est votre zèle, mon bon Père, qni peuple tous les climats de ces jeunes apôtres. Je désire bien que vos efforts si généreux soient secondés dans tous les diocèses, et dans le mien particulièrement. Le souvenir de vos bontés ne s'effacera jamais de mon cœur Les jours de Malestroit, les promenades de Lieuzal, le temps pa=^sé dans votre excellente maison de Rennes, sont vivants dans ma pensée, et c'est à votre bonté que je dus ces mille douceurs
« Veuillez agréer. Monsieur et cher abbé, l'hommage de ma reconnaissance et du respect bien affectueux et tout filial que vous a voué,
((. Monsieur et cher supérieur, mon bon Père,
« Votre très humble et très obéissant serviteur,
« f J.-FRANÇOIS, évêque de Nantes. «