‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860Chapitre 47 sur 260 · UNION AVEC LES FRÈRES MAR.ISTES · texte numérisé non relu

UNION AVEC LES FRÈRES MAR.ISTES

de vous être uni. La Providence, en ne permettant pas votre acceptation, a arrangé les choses d'une autre manière. Mais je conserverai toute ma vie le souvenir de vos bontés, et je garde précieusement les lettres que vous avez bien voulu me répondre ; elles m'ont encouragé, elles m'ont été très utiles.. . Nos Frères, unis sous le nom de Frères Maristes de l'Instruction chrétienne, sont au nombre d'environ quatre cents: C'est la maison de Saint-Paul-Trois- Châteaux qui à fourni le plus petit contingent : cinquante sujets, avec quinze écoles (1). »

Aujourd'hui, cette congrégation, dont la maison-mère a été transportée à Saint-Genis-Laval (Rhône), compte sept mille cent cinquante Frères, et élève cent cinq mille enfants (2). Est-il téméraire d'attribuer, pour une petite part, cette prospérité aux deux prêtres qui, s'éclairant^ l'un l'autre, s'appuyant Tun sur l'autre, se soutenant mutuellement de leurs prières, firent de Tinstitut de Saint- Paul un foyer d'ardente piété, et, par là, contribuèrent à la ferveur des Petits-Frères de Marie ? v

Déçu dans ses espérances d'union avec les Frères de Bretagne, l'abbé Mazelier n'en continuait pas moins d'écrire à M. de la Mennais des lettres pleines d'affection et de respect. S'il n'a plus besoin de ses conseils pour la direction des autres, il en fait toujours grand cas pour lui-même, et il expose à l'abbé Jean, avec une naïveté charmante, les rêves d'apostolat qui le hantent jusque dans sa retraite.

En quittant Saint-Paul-Trois-Ghâteaux, il a été nommé chanoine de Valence et vicaire général honoraire. C'est un poste envié, mais qui ne répond guère aux ardeurs de zèle qui bouillonnent encore dans son vieux cœur : « Je vous avoue, monsieur le supérieur, écrit-il, que j'ai senti la privation de la paternité quand il m'a fallu quitter ma cure de Saint-Paul, et quand j'ai remis mes"^ excellents Frères entre les mains des Maristes. Que Dieu en soit encore béni! Quelquefois je me dis que bien d'autres feraient

(1) Lettre inédite du 2 janvier 1842. — Archives des Frères.

(2) Cf. Histoire de saint Jean-Baptiste de la Salle, par J. Guibert, p. 665,

très facilement ce que je fais à Valence, et que je devrais peut-être aller dans une île telle que la Guadeloupe, pour y faire "le catéchisme... Que pensez-vous de celle idée, monsieur le supérieur (1) ? »

La correspondance des deux fondateurs se clôt sur ce désir héroïque. La dernière lettre de M. Mazélier à l'abbé Jean est datée du '30 décembre 1846. Il vécut quelques années encore, et, le 20 juin 1856, le Mailre rappela, avant la fin de sa Journée, le bon ouvrier qui voulait travailler jusqu'au soir.

ÏV

Dès 1830, tout en s'occupant du Dauphiné, M. de la ^ïennais songeait à organiser, en Normandie, un institut de Frères enseignants. L'évéque de Goul:ances, Mgr 'Du p on t- Poursat, Tédamait son concours pour fonder une congrégation sur le modèle de la sienne. « Nos arrangements sont pris, écrivait alors l'abbé Jean; le prélat doit m'envoyer des sujets le mois procfhain. Gomme il ne faudra pas moins de dix-huit mois pour les instruire et les mettre en état d'en élever d'autres, vous voyez que cette nouvelle œuvre n'est encore que dans son germe ; mais enfm nous allons commencer (2). »

Des novices coutançais furent- ils, en effet, euToyés à Ploërmel? Nous l'ignorons; en tout cas, le vieil évêque n'eut pas le temps de mener l'tBUvre à honne fm ; mais le projet fut repris sous son sticcesseur, et quand, en 1812, un vicaire général de Goutances, M. Delamare, fonda l'institut des Frères de Montebourg, il fit app^l, lui aussi, aux lumières du supérieuT de Ploërmel.

De son côté, ta Pologne recourait à Fabbé Jean. « Dn charmant jeune homme, disait-il, est vetiu tout exprès de ce pays-là, et j'en attends deux autres, eu moins je les ai demandés, Un ecclésiastique polonais, Tnon intime ami,

(1) Lettre 'inédite. -*- Atchives dés Frères.

(2)*Lettï'e inédite à M. 'Mazélier, du^l]ailvier!lS30. — Archives de i'évêché de Valenœ.

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