‹ Jean-Marie de la Mennais, 1780-1860Chapitre 89 sur 260 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

les freres missionnaires. les antilles.

— l'apostolat des esclaves.

Le régime de l'esclavage sévissait encore aux Antilles avec ses révoltants abus de la force et ses outrages sans nom à la dignité humaine.

Que l'on imagine, dans un de ces vastes domaines oii l'on cultive la canne à sucre, des centaines de malheureux demi-nus, sous la morsure enragée d^un soleil de feu. Haletants, baignés de sueur, parfois brisés de vieillesse, il faut qu'ils peinent jusqu'au soir, sous l'œil féroce du « commandeur », qui, à la moindre incartade, leur labourera les épaules de coups de fouet. Pour nourriture, quelques bols de maïs ; pour abri, une baraque de planches, où Pon ne respecte pas toujours leur trop court sommeil.

Ont-ils le malheur, un jour ou l'autre, de vouloir fuir Phorrible joug, en se perdant dans les fourrés ou dans les gorges des montagnes ? Les limiers tle la police se mettent au service de leurs bourreaux, et bientôt les flagellations prolongées, les chaînes, les carcans, les fers rivés aux pieds pendant les nuits fiévreuses viennent leur montrer combien fugitive et décevante a été leur vision de liberté (1).

(1) Voici un exemple des traitemente qu'on intligeait encore, en 1843, aux esclaves convaincus de quelque notable délit. 11 est extrait d'une

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