Scène quatrième. aj
Son cercueil a passé le seuil de notre porte^ Et l'herbe sur sa fosse est déjà haute.,.
Morte!
Tous deux morts! ... Et j'étais si loin! ... Dans ton logù. Seule j tu languissais les yeux de pleurs rougis ^ Sans soutien } sans amis, sans rien!... Et la distance Mettait entre nous deux la nuit et le silence... Va, je ne repars plus, je ne te quitte pas, 0 ma Thérèse, ô mon amour! Viens dans mes brasl
Thérèse, reculant effrayée.
l^on, non!.. Il faut nous dire adieu!
Jean-IVIarie, d'un air incrédule.
C'est une épreuve.
N'est-ce pas?... Tu tétais!...
II lui saisit la main et la regarde attentivement.
Cette alliance neuve N'est pas la mienne !
Thérèse.
Hélas! Voilà, vienne Noël, Deux ans que j'ai donné ma main au vieux Joël.
Jcan-AIariCj atterré et s'appuyant sur k table.
Mariée! ... O mon Dieu!
Thérèse, d'une voix suppliante.
Pardonne-moi t
La femme Du vieux Joël !
Thérèse.
Ecoute!
Jean- Alarie, se levant brusquement.
Ah! sous le ciel en Jlamme Des tropiques, souvent quand nous causions le soir. Entre marins, de ceux que nous allions revoir. Je parlais de la ferme à la toiture grise Où m'attendait, fidèle et chaste, ma promise, Ala Thérèse aux yeux bleus comme les lins enfieur... Eux riaient, et, raillant ma naïve candeur. Us disaient que la femme est changeante et frivole Comme le jlot qui roule et l'oiseau qui s'envole... Je répondais, prenant tout le ciel à témoin : « Non, Thérèse m'attend et ne me trahit point ! n