‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 108 sur 157 · CRE · texte numérisé non relu

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puissons acquerir sa glore.

Fol. 293 recto :

Dont se nous fault que tesmoingnier

ss

Fol. 257 verso :

Je vous dis que s’ilz se taisoient

se

M P n 8 verso a :

Nous veulle en la fin preserver.

Et en tel estat conserver Que puissons adquerir sa glore.

M P x 3 recto b:

Donc se bien voulons besongner Il ne nous fault que tesmongner.

Je vous dis que se ilz se taisoient Les pierres en hault crieroient…

D'autre part? d'assez nombreux passages ont été transformés ou sont devenus inintelligibles. En voici quelques-uns que l’on peut corriger en se reportant à la source où puise Molinet :

Fol. 121 verso :

Certes, cousine gente et belle Je ne l'ay Dieu se Dieu m'avoye

Fol. 240 verso :

Mais je avoye droit cy trouvé Que se on eult Lazare trouvé.

Fol. 198 recto :

Car tantost congnoistre polrez Ung roy a quy honnœur debvez.

Fol. 221 recto :

Ayant le lieu des yeulx tout plain Sansfore deyeulxn'estqueenunemain

Fol. 228 recto :

Et debvons bien Jesus aimer, Qui de sa grace nous pourvoie, Sans de nous oster rien amer.

Certes, cousine gente et belle Je ne l'ay veu n'en val n'en voye

Mais j'avoie droit cy visé Que s’on eust Lazaron trouvé...

M P h 6 verso b :

Car tantost pourrés bien cosgnoistre Ung ray de mon glorieux estre..

M P m2 recto a:

Ayant le lieu des yeulx tout plein Sans forme d'yeulx ne qu'a ma main.

M P 1 6 recto b :

Et debvons bien Jhesus aymer, Qui de sa grace nous pourvoie, Sans nous estre de rien amer.

Toutefois la Passion de Molinet présente, à plusieurs reprises, des variantes qui permettent de corriger la leçon de ses devanciers. Pour A

Molinet s’est servi d’une source meilleure que le manuscrit édité par J. M. Richard, car, dans plusieurs passages, il donne un texte plus satis-

faisant :

Se vous despechiez les gons Des portes, ja n'y entrerez….

Je suis mort, se lost on ne remede.

— Aller ne puis a la remede.

Ung larron par force d'argent Est en charité bien souvent.

Fol. 337 recto :

Se vous ne despechiez les gons Des portes, ja n'y entrerez..

Fol..353 verso :

Je suis mort se tost on ne m'ede.

— Aller ne scauroie au remede.

Fol. 362 recto :

Ung laron par force d'argent Sied en chaiere biën souvent,

Pour la Passion de Jean Michel, Molinet peut apporter aussi quelques améliorations. Il a d’abord deux vers qui manquent dans l'édition

princeps :

MP n8 verso b :

Nous avons la teste bien folle De faire cy tous seulz le guet.

— Mais est 1 dedens ou dehors ?

Je n’en oay faire bruit a homme.

Fol. 244 verso :

Nous avons la teste bien fole De faire cy tousjours le guet.

— Je m'estoye mis en aguet Pour soubdain le saisir au corps.

— Îcy ne dedens ne dehors,

Je n'en os faire bruict a homme.

Dans d’autres vers également, le texte de Molinet s'impose :

M P f 4 recto b1

Sac ou malle ne porterés Ne deux vestemens adquerrés Baston ne chauffement en pieds.

M. P s 5 verso a:

Que chascun soit de mon courage

Je m'en voys quérir gens de lige.

M. P s 7 verso a :

On vous en dira des nouvelles:

Or sus, mectés vous en deux halles.

Fol. 183 verso :

Sacqgz ou malles ne porterez Deux vestements vous ne acquerez Bastons ne cauchementz es pieds.

Fol. 280 verso :

Que chascun soit de mon corage Je m'en voy querir gens d'oultrage.

Fol. 282 verso :

Nous vous manderons des nouvelles Seigneurs, mectez vous en deux esles.

Pl A)

Il résulte de là que si le manuscrit 560 de Valenciennes est un peu récent et défectueux, 1] peut servir néanmoins à améliorer le texte de Passions antérieures.

Que vaut d'autre part le remaniement de Molinet et dans quelle mesure est-il original ? De l'analyse que nous avons faite, il ressort en premier lieu que Molinet a fait quelques emprunts à VT, à M et à GP, mais que, pour la plus grande partie de son œuvre, il est tributaire de À, de MP et des Actes. À VT il doit quelques scènes de la première Journée (fol. 12 recto-18 verso) ; de M il reproduit quelques centaines de vers de la première Journée (fol. 21 verso) et de la douzième Journée (fol. 257 recto) ; à GP il est redevable d'un passage de la cinquième Journée (fol. 121 verso-123 verso), d’une quarantaine de vers de la quinzième Journée (fol. 337 recto) et d’une bonne part de la seizième Journée. Par contre, les emprunts faits à À s'étendent de la cinquième à la seizième Journée, abstraction faite de la septième ; de la sixième à la quinzième Journée, la septième exceptée, Molinet pille MP ; enfin, dans les quatre dernières Journées, il copie presque littéralement les Actes en les abrégeant. Une seconde remarque s'impose : l’œuvre de Molinet est de moins en moins personnelle. Sauf un court emprunt à VT dans la première Journée, les quatre premières Journées et la septième sont originales. Par contre de la cinquième à la seizième, nous avons une mosaique où, à côté de quelques vers de Molinet qui le plus souvent servent de raccord, se trouvent plusieurs passages de GP, mais surtout des fragments de À et de longues tirades de MP ; quant aux quatre dernières Journées, elles reproduisent, avec de larges coupures, le premier livre et le début du second livre des Actes. Il arrive parfois que, dans la même scène, Molinet utilise à la fois plusieurs de ses sources. Rien ne montre mieux d’ailleurs la hberté qu'il prend avec ses modèles que la façon dont il maltraite les poèmes à forme fixe qui, dans les Mystères, rompent la monotonie des octosyllabes : une ballade de VT est réduite à deux vers (fol. 14 recto : VT 4062-4103) ; deux lais de MP sont abrégés (fol. 325 verso : MP D, recto a ; fol. 333 recto: MP E, recto a) ; deux autres sont résumés en quelques vers (fol. 177 verso : MP e, recto a ; fol. 343 verso : MP G, verso b) : la première strophe d’une ballade est seule reproduite (fol. 292 verso : MP x, verso a). Ce serait dépasser le cadre de notre étude que de montrer comment et dans quel ordre Molinet a traité les divers thèmes de la Passion et d’instituer une comparaison avec les Mystères dont il s’est inspiré. La question mérite d’être reprise d'ensemble et peut-être tentera-t-elle un jour quelque chercheur.

La Passion en rime franchoise est bien de Molinet

Établissant divers rapprochements entre la Passion en rime franchoise et les œuvres de Molinet, nous avons démontré que cette Passion était du rhétoriqueur valenciennois !. Cette attribution a été accepiée. Toutefois M. R. Lebègue l'a formellement contestée. Dans sa thèse complémentaire sur le Mystère des Actes des Apôtres, il prétend que la Passion en rime franchoise n’est ni de Molinet ni de Valenciennes. Voici les principaux points de son argumentation :

1° Suivant Kneisel et Schaab, l’auteur de la Passion en rime franchoise a utilisé le Mystère de la Conception et Nativité (C), qui reproduit l'œuvre d'A. Gréban ; dans ce cas, il faut en retirer la paternité à Molinet, car C est de 1507 et Molinet mourut cette année-là.

20 Les quatre dernières Journées copient l'édition de 1541 des Actes des Apôtres ; comme le manuscrit porte, à plusieurs reprises, la date de 1549, le remaniement a dû être composé entre 1541 et 1549, Par suite, il est invraisemblable qu'il ait été fait pour les habitants de Valenciennes, car, en 1547, ils jouaient une autre Passion : « deux grandes Passions pour la même ville, en une décade, c’est trop d’une ».

3° Des observations de détail permettent de conclure que la Passion en rime franchoise dérive effectivement de l'édition de 1541 des Actes ?.

Pour le premier point nous avons à relever une erreur de fait. Il est exact que Schaab affirme que les deux passions de Valenciennes se rattachent à C ; il ajoute même que la Passion en rime franchoise s'est servi de C parce qu’elle présente la même structure *. C'est un argument fort fragile. Mais Kneisel — quoi qu'en dise M. Lebègue — est d’un avis tout opposé : il déclare nettement qu'il n’a pu découvrir aucune ressemblance entre la Passion en rime franchoise (VIT) et C ; il en conclut que celle-ci a dû être composée avant C qui est de 1507 4. Koeppen

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