VI :p
17 Juer de plantain {s'enfuir » : Mais s’elles reculerent Pour ourdir leur estain, Jamais jour ne penserent De juer de plantain… (Robe de l’Archiduc, v. 101). Le sens du calembour est éclairci par d’autres expressions analogues : Îlz n'ont chevaux ne camions Ilz vont sus messeigneurs des
Plantes. (MSQ, v.13643); Car s’il me jue de la fuitte… (MSQ, v. 3631).
18 Juer des trotignons : Juons des trotignons menus... (MSQ, v. 1901). Nouveau calembour. Trotignons signifie (pieds de porc», (E. Des-
champs, Œuvres, VII, p. 11) et fait penser en même temps au verbe trotter.
19 Marcheurs de pavé : gorriers de court, marcheurs de pavet, mareschaulx de quartes. (RRM, ch. 104). Cotgrave : Bateurs de pavez : a pavement-beater, a rakehell, unthrift, loose youth, dissolute or debauched
fellow, one that walks much abroad and riots it wheresoever he walks. Oudin, p. 27 battre le pavé : courir de nuit par les rues. .
20 Nager entre deux eaues : Il fault nagier entre deux eaues Ainsi que font loutres et aues… (MSQ 19455). Cotgrave —— to be in danger on all sides ; to sayle between Scilla and Charybdes ; also to hold on a middle course, between two extremes ; also to play on both hands, or apply himself unto the time, whatsoever. Oudin, p. 282 entre deux dangers, estre en suspens.
estre
21 Pescher derriere la roix : ( Travailler en pure perte » : Il vauldroit mieux estre en Barrois Que peschier darrière la roix.. (Au roy de Castille, v. 18) ; Et laboureurs qui mal se contenterent, pescherent derriere le roix... (Buchon a imprimé à tort : le rocq) (Chr. ch. 243).
22 Plumeter le festu : Que fais tu, Que tu n’y ceurs abillement, Sans plumeter cy le festu Et passer tamps ne scay comment... (MSQ, v. 10575). L'expression signifie ( découper un fétu de paille, perdre son temps ». On a une locution analogue dans Cotgrave Coigner festus : to spend the time very foolishly ; or to lose it altogether.,Oudin, p. 86 : il ressemble Coigne-festu, il se tue et ne fait rien ; il travaille beaucoup en vain.
23 Poire d'angoisse : et iceulx voisins leur rendoient des ameres poires d'angoisse confites en poudre de canon. (Chr. ch. 8). Les poires d'angoisse sont ici des projectiles. L'expression pouvait avoir plusieurs sens. Elle désignait, comme le dit encore Furetière, ( des poires d’un mauvais goût, qui prennent à la gorge, ainsi nommées d’un village qui est en Limosin » ; cf. Journal d'un Bourgeois de Paris, p. p. À. Mary, p. 111 et 313. Elle signifiait aussi un instrument de fer, en forme de poire, servant à baïîllonner ; cf. V. Gay, Glossaire, II, p. 250 ; au sens figuré, elle s’employait pour exprimer des douleurs, des chagrins. Sur l’histoire de la locution, voir un article d'E. Faral, dans les Mélanges offerts
à M. À. Thomas, p. 149-155.
24 Porter timbre d’escaille : Et vieux tigneux portans timbre d'escaille… (Mandement de froidure, v. 49). On a une expression analogue dans une autre pièce de Molinet : tigneux armés d’escailles.… (L'orde de belistrie,
25 Pouldre d'oribus : avec pourette d'oribus (MSQ, v. 3310) ; cf. Recueil de Poésies françaises, p. p. À. de Montaiglon, t. XIII, p. 181. Cotgrave —— ; Powder of projection or of the philosophers stone, termed thus in
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dirision and because much gold hath been wasted in the searching for it : thence also any cousening or jugling powder. Oudin, p. 294 —— : par raillerie, un remède sans effet, une chose de rien.
26 Ramener des hayes : il est bien ramené des hayes Dieu, quel basme, Dieu quel oincture.. (MSQ, v. 11699). L'expression signifie « recevoir des égratignures » et, par extension, « de mauvais traitements ». Cotgrave Qui fait haye souvent dit haye: he that makes hedges, often prickes his fingers. On disait également : ramener des meures : Il soit des meures ramené (MSQ, v. 7677). On retrouve cette dernière locution au sens figuré dans la 18° et la 67° des Cent Nouvelles nouvelles.
27 Ruer en maule : Les autres sont faiz hastivement comme si on les ruoit en maule, mais les rices pesans nobles de pris doivent estre vrais et entiers, soit en quartiers ou soit en costez, sans ratasselage, fracture ou quelque radoubage… (RRM, ch. 88). Ruer en maule veut dire « faire hâtivement et sans soin ». Oudin, p. 218 : cela ne se jette pas en moule, ne se fait pas facilement ou promptement.
28 Ruer sur les gantiers : se nous ruons sur les gantiers Ces hypocrites pautonniers, Je leur desrompray les nerfz... (MSQ, v. 4311). Cette expression signifie « faire périr, tuer ». Jouancoux : « En Artois, être su ches cantiers veut dire en style burlesque être mort, parce qu'on dépose sur des cantiers ou tréteaux le cercueil d’une personne qui vient de mourir » ; cf .Jean Bodel : Quar li cors gist sor les gantiers (Romania,
IX, p. 242) ; cf. Molinet, Cry des Monnoies, v. 6 : Francs a cheval sont
boutés au terroy De Therouanne et mors sur les gantiers.
29 Ruer vent de gorge : Je torche mes houseaux du couvertoir de mes hostes, je rue vent de gorze... (RRM, ch. 46) ; La locution veut dire «pousser des cris ». Elle est éclaircie par un autre passage : Tu rues vent, criant aval la plaine. (Debat de la chair et poisson, v. 192).
30 Sac plain de sredos : En liex de grans deniers forgiez Un petit sac plain de credos… (Testament de la guerre, v. 85). Credo fait un jeu de mots : 1l s’agit ici non du Symbole des apôtres, mais de créances. Cotgrave Qui fait credos, charge son dos : he that lendeth, often loseth. Oudin, p. 107 Qui fait credos charge son dos.: qui donne à crédit se ruine. Le calembour se trouve déjà dans Rutebeuf : cf. A. Tobler, Vermischte
Beitraege, zweite Reïhe, 1906, p. 243.
31 Savoir du bas voller Mais riens ne scet du bas voller… (Dialogue du gendarme et de l’amoureux, v. 152) ; cf. Les Évangiles des Quenouilles,
Ed. Jannet, p. 69 . Une sienne voisine qui bonne galoise estoit et savoit assez du bas voller. I] y a une équivoque obscène sur le mot bas. Molinet dit encore ailleurs . Ne me contés des frequentans La bassee, je me repose. (Lettre a Loys Compere, v. 17) ; Je soloie estre ung rembourreur de bas... (Response à M® A. Busnois, v. 1). Oudin, p. 26 la basse danse : l'acte vénérien ; E. Huguet, Dictionnaire, sub v° Bas.
32 Tenir le hoc en l'eau : Sans longuement tenir le hoc en l'eaue.. (Chr. ch. 34) Hoc est donné par les manuscrits ; on le retrouve ailleurs : Je calle le voille, je tiens le hocq en l’eaue.. (RRM, ch. 46). Buchon a lu et imprimé foc ; Godefroy, IV, 41%, reproduit cette forme, mais ajoute : (Si foc n'est pas une mauvaise lecture, cette locution répond exactement à tenir le bec dans l’eau». Que signifie hoc ? Cotgrave hoc as croc : a grapple, a great hooke ; Jal hoc : croc, crochet, hameçon. Tenir le hoc dans l'eau, c'est proprement tenir un crochet, un hameçon dans l'eau et, par suite, attendre ou faire attendre une personne. Il semble bien que tenir le bec dans l’eau soit une déformation de la locution primitive. Cotgrave tenir le bec dans l’eau : to hold in suspence ; to put off with dalliances or delayes. Oudin, p. 29 — : tenir une personne dans l'attente, amuser. L'expression se retrouve dans la première des Cent Nouvelles nouvelles. Le manuscrit de Glasgow et l’édition Vérard donnent : fenans le hoc en l’eaue. M. P. Champion a été
assez mal inspiré en rejetant cette leçon pour imprimer : fenans le bec en l’eaue ; cf. Romania, LIV, 563, note 1.
33 Tenir le dé : Et les monniers le dé tenront (Calendrier, v. 32). Oudin, p. 115 —— : être le premier ou le plus apparent en un lieu. Item, estre seul à discourir en une compagnie.
34 Tenir pied a boulle : Se Patience ayant arc et boujon Tint pied a boulle en vostre bel donjon. (Ballade a Marguerite, v. 14). Cotgrave to apply his businesse ; to hold hard or keep close to it. Oudin, s'attacher à un travail, se rendre sujet, servir avec diligence ; E. Huguet, Dictionnaire, sub v° boule.
35 Tost-tournés de Hasnon : Ha, en vela des Tost-Tournez, Sambieu, sont ils point de Hasnon à (P fol. 150 recto). Il y a encore ici un jeu de mots. Les Tôt-tournés étaient des crêpes qu’on appelait encore des ratons dans le Nord de la France. Hécart : « Quand le raton est assez cuit, on le retourne en frappant un coup sur le manche de la poële et on sert après avoir inspergé de sucre en poudre ». D'autre part, les Tôt-Tournés désignaient une société badine de Hasnon, bourgade
Lire
de l'arrondissement de Valenciennes. En 1548, il y eut, dans cette ville, de grandes festivités : « Le Prince de Plaisance de Condé arriva le premier, suivy de cinquante chevaux, tous richement vestus. Peu après, on alla bienveigner ceux de Hasnon, nommés les Tost-Tournés, en nombre de 86 chevaux, tous vestus de rouge bandé de noir » !.
36 Tumereaux de Verbrie : Vous arés cent frans bien contés Sus les fumees de pastés, Des flans et des gasteaux gastés Qui se cuisent a Meaux en Brie, Deux brullés et trois escaudés Sus les tumereaux de Verbrie.. (Lettres missives de Verjus, v. 133). Cotgrave Sautereaux ou tombereaux de Verberie : The boyes of that burrough, tearmed so because they are woont for the sport of passengers giving them some small piece of money, and without any hurt unto themselves, to tumble from the top of the bottome of a hill that is thereby.
37 Venir a jubé : Cognois ton cas et si viens a jubé.…. (Debat d'apvril et de may, v. 5). Oudin : faire venir à jubé : faire obéir.
38 Venir a choron : Il aront du meschief bieucop Ains qu’ilz en viennent a choron.… (MSQ, v. 21715). L'expression signifie (en venir à bout ».
39 Visage de bois : Cousin, vous estes mau menés, On vous fait visaige de bos... (MSQ v. 1253). Nous avons rencontré l'expression faire visage de bois dans un document de 1388, (Archives du Nord, B 1681, fol. 47). Cotgr. : to shut or clap to a door against, instead of a welcome, to shut out of doors. Oudin, p. 440, Visage de bois : la porte fermée.
Les mots picards
L'élément picard tient une place importante dans la langue de Molinet. Nous nous sommes appliqué à distinguer les formes et les mots. Des premières nous relèverons celles qui sont attestées par la rime et nous les rassemblerons dans l'étude de la versification. La liste alphabétique des picardismes n'a pas été facile à dresser, car certains d’entre eux ont pu pénétrer dans le français commun. Nous avons admis comme mots picards ceux qui sont mentionnés comme tels dans les anciens dictionnaires et ceux qui figurent dans les glossaires modernes ?.
1 Henri D'Outreman, Histoire de la Ville et Comté de Valenciennes (Douay, 1639), p. 393.
2. Nous avons consulté avec quelque profit : W. Heymann, Franzôsische Dialektwôrter, Giessen, 1903 (— Heymann), mais le compte-rendu qu'en a donné M. A. Thomas dans la
Romania, XXXIV, 126-131, nous a été fort utile. En dehors de Cotgrave (— Cotg.) et de
Al
= | ACOUVETER (couvrir » : qui acouvetés d'une grande chappe seront rués en chault four (Prenostication, début). S. V. E. L. enregistrent le mot avec le sens de ( couvrir, garantir ». Von Wartburg, [, 162 ; Tobler-
Lommatzsch, I, 123.
2 ADESER ( toucher » : {1 tramble quand on y adoise (MSQ v. 20595). Cotg. : to touch or handle slightly ; Picard ; Th. : Adeser pour attoucher, attingere ; Picard. He. adeser : toucher, approcher, attoucher. Du C. I, 70°, Hinc adeser nostris pro tangere, contrectare. Von Wart-
burg, 1, 29°.
3 ACOUBILLE ( instrument, guenille » : Sergeans, estes vous estoffés De trestoutes vos agoubilles ?.. (MSQ v. 4336). Cotg. Agobille : trifles, nifles, trinkels, trash, trumpery, paultry stuffe ; Hobille : a jerkin, packet or coat. Picard. S. agobille : Vieux meuble, mauvaise guenille. Personne d'une santé ruinée ; E. agobille : Terme général servant à désigner les choses dont on a besoin. Se dit ordinairement des effets d'habillement et se prend souvent en mauvaise part ; V. Agobilles : objets de ménage de toute nature et hors d'usage ; He. Houbie : guenille, vêtement usé ; Ha. Houbille : guenille. Le mot revient à plusieurs reprises dans les Évangiles des Quenouilles (Ed. Jannet, p. 9, 13, 55...)
4 AGRAPPE( crochet, agrafe » : Sceut que tu fus mieux tenu que d’agrappe (Oraison a saint Adrien, v. 57). Bov. cite la forme agrape dont il donne une étymologie fantaisiste : ab ad et rapio, tanquam instrumentum ad adripiendum ; S. He. L. agrappe : agrafe ; V. agrappe : crochet, agrafe. De là vient le verbe s’agrapper, {s’accrocher » : Quand Natalie en qui vertus s'agrappe (Oraison a saint Adrien, v. 56).
5 AHENNER (labourer » : Picquiés, hoés, ahennés, binotés (Alliance Matrimoniale, v. 123). Th. Ahenner ou ahanner etiam dicunt Picardi pro arare, sive terram aratro proscindere. Du C., I, 153c, Nostris ahanage et ahennage pro ipsa terrae cultura et pro terra arabili. De là le dérivé ahennier, « laboureur » : ou leur sembloit que les ahenniers viendroient
besongner (Chr. ch. 213). Von Wartburg, I, 482. 6 AISSELLE ( planche » : Sans picq, sans acelle (MSQ v. 17882). Cotg.
Du Cange (—Du C.), nous avons tiré parti de Ch. Bovelles, Liber de differentia vulgarium linguarum, 1533 (— Bov.) et de Jean Thierry, Dictionnaire français-latin, 1564 (— Th). Nous citons les auteurs de glossaires picards par leurs initiales : Corblet (— C) ;: Edmont (= E) ; Haigneré (— Ha) ; Hécart (— He) ; Jouancoux (—J.) ; Ledieu (= L) ; Vermesse (= V) ; Sigart (— S). Pour l'étymologie, nous nous référons aux dictionnaires usuels. La liste que nous avons établie devra être complétée par les mots picards d'origine néerlandaise qui sont étudiés plus bas.
Aisselle : An arme-hole ; also a little plank, boord or shingle of wood ; Th. Une aisselle, Picard, c’est une ais. J. aisselle : étagère pour les plats et les assiettes. Von Wartburg, I, 160°.
7 BaprouLier « Couvrir de boue » : Escarmouflés, fastrouliés, badrouliés (Journee de Therouenne, v. 69). Godefroy, I, 549”, cite le seul exemple de Molinet qu'il traduit inexactement par { railler, insulter ». E. badouiller : patauger, forme adoucie de patouiller; L. badrouillis : chemin fangeux couvert d’une boue épaisse ; J. badrée : Marmelade, boue liquide ; ce mot dont l’origine est ignorée a donné le dérivé badrouille, boue
très liquide. Von Wartburg, I, 263°.
8 BAILLE «grosse perche servant de clôture, enclos » : Les dames sont en ta fortresse et baille (Siège d’amours, v. 362). Godefroy, VIII, 273b, cite un exemple de J. Du Clercq avec le sens inexact de « baquet » ; He. baille : barrière, forte perche ; Ha. Baille : barrière ; le mot est usité en picard, mais n’est plus employé en boulonnais ; J. Baille : barrière ; on sait qu'à la campagne une simple perche transversalement placée sur des supports constitue une barrière suffisante pour empêcher le passage des charrettes ou des bestiaux. Von Wartburg, 1, 201°.
9 BEHISTRE « tempête » : Tempeste, behistre (Bergier sans solas, v. 424) ; cf. MSQ v. 9764. Th. behistre : Picardis. Tempeste en l'air, orage ; horrida tempestas, saeva, foeda ; Bov. behitre, id est tempestas in aere. Cotg. behistre : a horrible storme or tempest in the aire, Pic. E. beitre : Rafale et, par extension, tempête, ouragan. Von Wartburg, I, 381°.
10. BeHourpis 1° «joute, combat» :; 2° «premier dimanche de carême » : Fait-on joustes ou behourdis Ou mal tournoy a vostre court (MSQ v. 22562) ; et puis ce sera le behourdis (Nouveau Calendrier, v. 61). C. bouhourdis, E. bourdi, V. bouhourdis : fête du premier dimanche de carême. Von. Wartburg, I, 3572.
11 BERSAUDER «percer de flèches, accabler » : Mes fortresses sont bersaudees (Siege d’amours, v. 39) ; oppression de dœul me bersauda (Miroir de Vie, v. 39). Godefroy, I, 6292, cite cinq exemples de Molinet et un de Jean Lemaire ; de plus, il enregistre (VIII, 204°) la forme versaudé (abattu » avec l'exemple suivant : Lors devinrent gens versaudez corageux fermes et hardis (Molinet, Chr. ch. 201). C’est une faute de lecture pour bersaudez. He. bersault : but pour tirer à l’arbalète. Von Wartburg, I, 376°. Le verbe bersauder est dans Villon, Œuvres, CFMA,
12 Beser « Courir» : Et puis Yo l’amoureuse vachette Y besa bien quand sentit le tahon (Bataille des deux deesses, v. 71) ; Madame veult tousjours beser, En quel pays le chariraige ? (MSQ v. 19334). Cotg. Bezer : À cow ; io runne up and downe holding up her taile, when the brizze
doth sting her ». Von Wartburg, I, 380°. ,
13 BosquiLLon « bûcheron » : Faictes fagos, bosquillons (Siege d’Amours, v. 316) ; cf. Chr. ch. 69. Th., Hinc etiam boscage, bosquet et Picardis boscuillon qui Francis dicitur buscheron; E. hoquillon : bûche-
ron. Von Wartburg, I, 449°.
14 BovE « cave » : es boves, celliers et maisons (Chr. ch. 42). Godetroy, I, 714 2, donne le sens exact de bove. Il cite bauwe (1, 604?) avec un point d'interrogation, dans l'exemple suivant: on fait enfouir une banstee de hierens es bauwes (1466) : c’est une autre forme de bove. Bauwette (I, 604?) est glosé par «sorte de boîte » : c'est un diminutif de bove. Bov. bove per v consonantem, id est penu vel subterraneus locus: Du C., I, 743° : Bova, cella vinaria, Gall. cave ; nostris olim bove, locus omnis depressus, cavus, subterraneus. Von Wartburg, I, 4734. De bove vient le dérivé esbauwer (creuser, crever > : Comment elle a le cul traué, Eh, laide, te as l’œul esbauwé (P. fol. 156 verso).
15 BRriMBEr « Mendier » : De brimber en plusseurs quartiers (Testament de la Guerre, v. 150). Du C., 1, 775° : ita et brimbeur qui fragmenta panis aliarumve rerum, brimbes dicta, mendicando colligit ; He. brimber: mendier ; C. brimber : flâner, vagabonder ; L. brimber : vagabonder, flâner, courir ; E. brimber : mendier, vagabonder : se dit surtout et, en mauvaise part, d'un individu qui cherche à grugeler, à se faire payer à boire, à mendier un repas. Von Wartburg, I, 527
16 BRONGNE t grosse figure » : Et donne leur parmy leur brongne Trois ou quattre ceps de fouet (P. fol. 159 verso) ; Et que j'arouse ung peu me brongne De bonne biere qui soit freche (MSQ v. 15067). Bov. broine vel broigne, tumor oris vel faciei ; C. brogne : fluxion ; E. hrogne : figure grasse et joufflue ; L.. brongne : terme de dérision qui s'emploie pour désigner une grosse tête enflée ; J. Brongne : tête, visage ; signifie aussi fluxion ; a donné le derivé brongnée, brongnie, coup sur la brongne.
17 Burre «soufflet» : Er luy donna deux buffes si bien assises (Naufrage de la Pucelle, 3° partie). Du C., 1,798 * Buffe, alapa ; buffeté, alapatus. Nostris praeterea bauffrée, buffeau, bouffeau et buffet ; He. buffe < réprimande, soufflet ; bafe : soufflet sur la joue ; L. buffe : Claque, soufflet