‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 117 sur 157 · VIS · texte numérisé non relu

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sur la joue. De là est dérivé buffier (souffleter » : battez la guerre et buffez

(Temple de Mars ), v. 202). Von Wartburg, I, 597°.

18 BuxoTTER « bobiner » ; sur ce mot, voir Romania LIII, 159-167. Von Wartburg, I, 6022.

19 Busoquer « heurter, frapper » : Contre le loup d'enfer qui busque et maille (Dialogue du leup et du mouton, v. 306). He., Ha., E., L., buquer : frapper, heurter ; J. buquer : frapper, donner une roulée, faire du bruit, retentir. De là viennent les dérivées tarabusquier et rabucqueur : ces deux marteleurs vinrent busquier et tarabusquier a la porte des bonnes seurs..

ces marteleurs et rabucqueurs m'ont resveillé (RRM ch. 104). Von Wartburg, J, 649,

20 CACHOIRE ( mèche de fouet, fouet » : Nous arons maint cop de cachoire (MSQ v. 15532); N'espargnés verge ne cassoire (MS Q v. 2356). Th. Chaissoire ou fouet à chasser les chevaux, flagellum ; Picardis Cachone; Cotg. Chassoire as cachoire, Pic.: À carters whip or whip to drive horses. J. Jud. Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 64; D. Behrens, Beitraege, p. 299.

21 CAPOIGNIER « prendre aux cheveux, battre » : De nous deux sera

capoigniet (MSQ v. 6435 ; cf. v. 8945).

E. Se capigner : s'empoigner, se prendre aux cheveux, se battre ; J. se capeigner ou capigner : se prendre aux cheveux, se battre. Ce mot serait-il formé du préfixe ca qu’on retrouve dans d’autres mots et du verbe peigner ?

22 CABOCHE « tête » : se grosse caboche dressa (Sermon de Saint Billouart, v. 92). Th. Caboche, Picardis, teste Francis, caput : He. caboche : terme de mépris, mauvaise tête ; Ha. Caboche : Clou à grosse tête ; se dit aussi métaphoriquement de la tête humaine, mais en mauvaise part

ou en plaisanterie ; E. caboche : grosse tête, tête dure ou simplement tête. Gamillscheg, 1642,

23 CasIER « coffre » : mande, panier, caizier, quennebutin (Response de Molinet a Cretin, v. 18). Le mot est expliqué dans un passage des Cent Nouvelles nouvelles, Nouvelle LXIII :

Et pour vous donner a entendre quelle chose c'est ung casier, c'est uns garde mangier en la façon d'une huche, long et estroict par raison et assez profund. Trévoux Casier : Vieux mot qui est encore en usage en Picardie.

24 CASTILLE ( Querelle » : J'ay grant desir qu'il ait parfait Affin qu

lui hore castille (MSQ v. 2927) ; c’est un substantif verbal de castillier « quereller, maltraiter » : esservelés et bien dur castilliés (MSQ v. 4446). Th. Cestuy a prins la castille pour autruy : hic liti se obtulit, c’est-à-dire la noise. Du C., IT, 245° Catellier et catillier, nostris olim pro lacessere divexare, Gall. harceler, attaquer. Non longe alio sensu nostri dixerunt ét etiamnum dicunt vulgariter avoir castille, rixare; V. Castille: dispute combat, assaut, bataille; Ha. castouille: querelle, dispute. Gamillscheg, 1932, rattache le mot au provençal castiar : l'explication de Du Cange est plus vraisemblable.

25 CATHOIRE ( ruche, refuge » : Salez hors de vostre cathoire (MSQ v. 162). V., He., J., Ha. Catoire : ruche d’abeilles : S. Catoire ruche ; forme dans laquelle on place les pains avant de les cuire : E. catoire ; ruche d’'abeilles; fig. femme bavarde, ennuyeuse. A. Thomas, Romania

XXXVIIT, 388 ; J. Jud, Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 62.

26 CaupEAU « Lait de poule » : Venra pour humer le caudeau (Ceux qui sont invités aux nopces de Magdeleine de Laidin, v. 110). He. Caudeau : Nom donné en certains villages à une soupe au lait; E. coquiau, chaudeau lait de poule ; sorte de bouillie peu consistante, composée d'œufs et de farine qu'on portait aux mariés le lendemain de leurs noces, avant leur lever.

27 CHEPIER « geôlier » : Hau, vous chepier, qui vous acache (P, fol. 397 recto). Molinet, dans sa Passion, a remplacé geôlier par chepier. Du C., I, 357° Cepier et ceppier nostris : He. ceppier : geôlier, parce qu'il mettait des entraves aux pieds de certains prisonniers ; V. chepier : guichetier, geôlier.

28 CHoLe « Morceau de bois rond » : L’escherpe qu'il porte sur lui est ronde comme une chole et velue par dehors, estoffee de marteletz de meismes (RRM ch. 104). De là est dérivé le verbe chouller, « frapper, maltraiter » : Foullés, choullés, rouliés, escarbouilliés (Journee de :Therouenne, v. 66). He. Choler : pousser une balle de bois avec une crosse ; fig., rebuter, repousser ; E. choule ou chole : ancien jeu qui consistait à pousser avec le pied une sorte de ballon de cuir rempli de mousse ou de son, placé sur une ligne tracée par terre ou à la limite de deux terroirs ; Choler pousser avec le pied, fouler aux pieds ; par extension, rudoyer, maltraiter. A. Thomas, Mélanges d'étymologie française, 2° édition, 1927075.

29 Cauquér « Morceau » : et pour nourriture de son corps n'avoit pour tout potaige que ung chuquet de pain bis (RR M ch. 104) ; (cf. Voyage de

Naples, v. 119). Du C., Il, 324° Cheoca : stipes, caudex, Picardis choque ; inde diminut. chouquet. S., V., He. choque ou chouque : souche, racine ; E. choquette : petite souche ; He. Chiquet ne s'emploie qu'avec le mot pain et signifie un morceau assez fort.Selon nous,Chouque est une autre forme de souque ou souche ; le diminutif chouquet s'est transformé en chuquet et chiquet. L

30 Cocu « déformé » ; Rond et parfait, non cocu ne deffait (Eages du Monde, v. 36) : cf. Ressource du petit peuple, v. 122. E. Cocu se dit d'un

vase dont l'ouverture est déformée par suite d’un défaut de fabrication.

31 CUGNOLE « sorte de gâgeau » : les planchiers sont cucquelins, darioles et les posteaux grandes et grosses cugnoles (RR M ch. 104). He. Keniole : sorte de gâteau qu'on fait à Noël, composé de farine, de lait, d'œufs et de beurre. Sa forme est conique aux deux bouts. Godefroy, II, 396° .

32 Dace « Clou » : De gros marteaux, d’agus claux ou de dace (Oraison a Saint Adrien, v. 154). V. dache : Clou très court, à grosse tête, que l'on met aux semelles des souliers ; E. dache : Clou de soulier à tête grosse et large, employé pour ferrer les souliers. Par analogie, petit furoncle ; S. dachette, tachette : Clou qui arme les souliers. Godefroy, II, 4112, traduit inexactement dachette par { petite ardoise » ; cf. V. Gay, Glossaire,

ÏJ, 531 ; E. Gamillscheg, 8282.

33 DARIOLE « espèce de gâteau » : les planchers sont cucquelins, darioles (RRM ch. 104). E. dariole : Pâtisserie grossière que les ménagères font quelquefois pour régaler leurs enfants. C’est une sorte de tarte composée de pâte pétrie avec un peu de beurre, enveloppant quelques poires ou pommes coupées en menus morceaux et saupoudrées d’un peu de cassonade et de pourcloux. Rabelais, Quart livre, chap. 1 : Je n’en diz point de mal, mais les darioles d'Amiens sont meilleures à mon goust. Le mot se trouve dans le Roman du Comte d Anjou de Jean Maillart, éd. M. Roaues, v. 1147.

34 DESÿRINGANCER « dépouiller » : desbringandés, desfais, desbaretiés, (Journée de Therouenne, v. 52). L. debrigandé : mal mis, débraillé ; J. debrisandé : débraillé, surtout en parlant de la partie supérieure du buste d’un homme ; ce mot a signifié originairement, dépouillé de la brigandine, ancienne armure en forme de cotte de mailles. Godefroy, IT, 547°, ne cite que l'exemple de Molinet.

35 DESBUISSONNER « débucher » : desbuissonnés, desmembrés, desvestus ( Journee de Therouenne, v. 58) ; cf. Chr. ch. 33. Godefroy, II, 5482, ne

cite que l’exemple de Molinet.

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