III
48 ESCOUvETTE « brosse » ? : de sa dure escouvette (Robe de l'archiduc, v. 47). Cotg. escouvelle : a brush ; escouette : a plaisterers whiting brush ; He. écouvette : brosse pour les habits ; sous ce nom, on comprenait les plumasseaux propres à secouer la poussière, on y rangeait même les martinets ou fouets. De la forme escouvelle vient le verbe escouvelier (brosser, nettoyer » : escouvelier les arbres comme font les grandes gens au behourdis (Chr. ch. 41). Godefroy, III, 435 ?, le traduit inexactement
par « remplir de brandons ».
1. François Villon emploie l'expression chevaucheur d'escouvetes « sorcier », Œuvres,
CFMA, 35.
49 EsPAINTE « Moment » : Je revieng a vous une espainte (M S'Q v. 9084). Ha. épointe : espace de temps composé d'un demi-jour, soit le matin, soit l'après-midi ; il y en a qui prononcent épainte : J. épente : espace de temps.
50 ESPAUTRER (écraser » : Sours, espautrés, desgouttés, desnervés. (Mandement de froidure, v. 56) ; se le chervelle on ne m'espautre (P fol. 55 recto). He. épautrer : écraser, meurtrir ; C. épautrer : crever, écraser, fouler aux pieds : E. épautrer : écraser, meurtrir, crever ; L. épeutrer : crever, faire sortir les entrailles d’un animal en l’écrasant. D. Behrens, Beitraege zur franz. Grammatik, p. 94 ; Gamillscheg, 370 ?.
51 EsPoURRIS « mêlée qui soulève la poussière » : tirés canons, faittes grans espourris (Ressource du petit peuple, v. 31). E. épourriche : poussière produite en époussetant, en secouant ou en balayant ; par extension, éparpillement ; Au fig, vantardise, forfanterie, embarras. Godefroy, III, 5482, ne cite qu'un exemple de la Passion d'A. Greban.
52 ESQUALETTE « crécelle » : iront sonans leurs esqualettes (Nouveau Calendrier, v. 76). He. écalette : cliquettes, castagnettes ; ce nom vient de la figure en forme d'écaille ; V. écalette : crécelle ; espèce de moulinet de bois dont on se sert le jeudi et le vendredi de la semaine sainte, en remplacement des cloches ; E. equalette : crécelle ; au pluriel sorte de castagnettes, formées de deux os plats ou de deux morceaux d’ardoise ; S. ragalette : crécelle. |
53 ESQUETTE « éclat de bois » Mon couteau pour taillier et fendre Des esquettes de ce bois cy (P. fol. 78 recto). He. équette : copeau de menuisier ou de charpentier ; S. foufflins : copeaux ; l'eskette en diffère en ce qu’elle est le produit de la hache du charpentier, tandis que les foufflins sont formés par le rabot du menuisier ; Ha. hacquette : hachure, débris de bois coupé, ce mot diffère d'atillon en ce que celui-ci s'applique aux débris du bois coupé par le bûcheron, tandis que les hacquettes sont les débris de bois haché par le menuisier, le charron, le faiseur de cercles ; E.réquette : copeau tombé du bois, lorsque l’on équarrit un tronc d'arbre ou bien quand on façonne une pièce de bois avec la hache. Pour l'étymologie, voir hecquier.
54 Essapi « desséché, altéré » : J'ay bouche, dens et vis et nés Et la langue toute essapie (M S Q v. 19574). Ha. eschapi : mouränt de soif, épuisé de fatigue ; He. te assapi : éprouver une soit dévorante, en être desséché ; L., ]. essapi : altére.
TE
55 ESSUCHIER ( sucer, épuiser » : et essuchier nos vivres par monceaux (Epitabhe du duc de Saxe, v. 77) ; et vien cha, que les fortes fiebures Te puissent essuchier les os (P. fol. 412 verso). Molinet trouvait guiterner dans la Passion qu'il imitait ; il l’a remplacé par essuchier ; Ha. s'échucher : se dessécher, s'épuiser, se ruiner ; J. échucher : on dit qu'un cultivateur échuche ses terres, lorsqu'il les fait rapporter coup sur coup, sans les fumer ; échucher signifie épuiser ; L. échucher : épuiser ; terre échuchée, terre fatiguée par les récoltes qu’on lui a fait produire sans la fumer ; femme échuchée, femme qui a donné trop longtemps le sein à son enfant.
56 ESTOUPER « boucher » : Et l’ung d’iceux d'aventure s'estouppe Le garguechon d’une aresque a gros neux (Debat de la chair et du poisson, v. 144).S., E., J. étouper : boucher, fermer ; Ha. rétouper : fermer avec des branchages épineux l'entrée des enclos ou les parties faibles des haies de clôture. De là le dérivé estoupaille « bouchon » : a ton cul fault ung estouppaille (Ballade figurée, v. 14).
57 EXEILLER « détruire » : ainsi fault il qu'on les exeille (MS Q v. 5915): esgarettés, esgueullés, eschilliés. ( Journee de Therouenne, v. 53). Th. esseillier picard, id est consumere ; Du C., III, 1522 : Hinc (exiliare) etiam Picardi essiller usurpant pro bona dissipare.
58 FaiLLe « Manteau » : je te pry, sans couvert malice Que tu viennes dessoubz ma faille (Debat du loup et du mouton, v.55). Baudet Herenc, Doctrinal de la seconde rhétorique : Une faille que les femmes portent en Flandres (Langlois, Recueil, p. 136) ; Du C., V, 2332 : Etiamnum Belgae failles appellant vestimentum quo caput et totum corpus vice palln operiunt feminae ; He. faille : morceau d'étoffe fine en laine ou en soie noire que les femmes mettaient sur leur tête et qui leur descendait jusqu'aux genoux. V. Gay, Glossaire, I, 689.
59 FATROUILLER « agiter, remuer » : Escarmouflés, fastrouliés, badrouliés (Journee de Therouenne, v. 69) ; cf. M S Q v. 4443. Th. fatrouiller, semble qu'il vienne de fatras, nugari ; un fatrouilleur, nugator : He. fatrouiller : mettre du désordre dans un endroit ou plusieurs menus ustensiles sont rassemblés ; J. fertouiller : remuer, tripoter, barboter. Le mot est dans WMaistre Pathelin avec le sens de « baragouiner », éd. Hol-
brook, C F M A, v. 789.
60 FEL « cruel, terrible » : j'ai vu felle besogne (Recollection, v.713). He. ele : fort, robuste, raide, en parlant des choses ; arrogant; peu endurant, en parlant des personnes ; S. fel : fier, hautain, sévère, brutal,
ù ferme. De là le dérivé s’enfeler « s'envenimer » : quant ils les touchoient (les chenilles) de leurs mains, elles s'enfeloient et venymoient… (Chr.
ch. 328). Gamillscheg, 411 ?.
61 FicHEAU« putois » : Blans lyons, ficheaux (Bergier sans solas, v. 369). Sur ce mot, voir Romania, LIII, 172-6.
62 FLEGART ‘ terrain vague, place publique » : et sauvegarde et flegars et esgars (Nativité de Madame Alienor, v. 117). He. flegard : ruelle étroite qui reçoit les eaux sales des maisons voisines ; ce mot est employé en plusieurs endroits dans une signification plus étendue, puisqu'il y signifie tout endroit public à découvert, qui n’est la propriété d'aucun particulier ; Ha. flegard : terrain communal inculte ; E. flegar : terrain vague ; parcelle de terrain communal, resté en dehors après la cons-
truction d'une route. Cf. Revue du Nord, XVII, p. 75 et 220.
63 Fouan « Taupe » : il vauldroit mieux de cachier aux fouans (Response a M° À. Busnois, v. 31). C., He., S., V., E. fouan : taupe. J. Jud, Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 64.
64 FOURDRINE « prunelle » : de fourdrine, de cervoise de let (Response a M° A. Busnois, v. 82). S., He. fourderaine : prunelle ; Ha., E. fourdreine, fourdeine : prunelle, fruit de l’épine noire ; L. ferdrinne : fruit de l'épine noire ; J. fordrainne : fruit de l’épine noire, du prunier des haies ou créquier. Von Wartburg, ILE, 152 ?.
65 GADRU « garçon bien éveillé » : il y a mains gentils gadrus Qui pour nous assieger s'arroient (M S Q v. 1775). V. gadru : altération de gars, garçon ; L. gadru : se dit d'un petit enfant qui commence à rire, qui paraît vif, alerte, précoce, qui est tout élevé. Gadru, selon nous, est pour.gars dru, comme cuppelez (Orde de belistrie, v. 34), est pour culs pelez ; cf. Rabelais, Le Quart livre, chap. Lxv. Von Wartburg, III, 1652 :
il est inutile de voir dans ga- un préfixe d’origine gauloise.
66 GaïoLÉ « bariolé » : Comment est son dos gaiollé (P. fol. 311 recto). Molinet a substitué gaiollé à tavelés qu'il trouvait dans la Passion d'Arras. He., V. gaiolé : bariolé, de plusieurs couleurs ; S. gayolé : sot, timbré, bariolé ; E. gayolé : bigarré, marqué de diverses couleurs. Pour l'étymo-
logie, voir riolé.
67 GAIOLLE « cage » : Et je n'ay ame en vos gaiolles (Debat des trois nobles oiseaux, v. 126). He gaiole : cage ; Ha. gaïole : cage à oiseaux, anciennement prison ; E. gayole : cage, partie d'un clocher où se trouvent les cloches ; prison, geôle.
68 GALLE ( callosité » : ayans es mains cloches et galles. (Nouveau Calendrier, v. 74). Th. galle vient de callus, c mutato in g ; petigo, impetigo, scabies ; He. gale : pustule qui s'élève sur la plante des pieds pour avoir trop marché, ou aux mains pour avoir frappé longtemps avec un marteau ; E. galle : callosité qui survient aux pieds ou aux mains après une longue marche ou certains travaux fatigants.
69 GALLIFRE ( goinfre» : c'est ung galiffre qui se pare De maint satellite engaigniet (M S Q v. 7974). Bov. galifre : pantolabus, qui plurimum edit ; Ha. galaffre : gourmand, glouton, qui engouffre ce qu'on lui donne à manger ; L. Galaffe : glouton, grand mangeur, goulu, gourmand, goinfre ; E. galaffe, galouffe : gourmand, goulu, gloutor.
70 GANTIER « tréteau » : ils ont estés esvertués Et reversés sus les gantiers (MS Q v. 17669). Ha. gantier : chantier établi pour placer des tonneaux dans une cave ; E. Gantier : pièces de bois sur lesquelles on place les tonneaux dans les caves. J. Jud, Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 40 ; voir, plus haut, les locutions populaires.
71 GARGATE ( gorge, entrée » : et leur enrachiés de vos pates, Les langues hors de leurs gargates (MS Q v. 2069) ; aux gargates de ces moutiers (Testament de la guerre, v. 152). Cotg. gargate : the throat-pipe, Picard ; C. gargate ou garghete : gorge, gosier ; L. Gargate : grande bouche.
72 GAVE « gorge, jabot » : harpies qui furtivement emplissoient leurs grosses gaves (Naufrage de la Pucelle, 1° partie) : de là le dérivé gavée (gorgée » : pour sa gavee avoir se resveilloit (Temple de Mars, v. 165). He., S., L., J. gave : jabot des volailles ; Ha. gave : la gorge, le devant de la poitrine, l'estomac des oiseaux ; E. gave ou gafe jabot des oiseaux ; par extension, gorge.
73 G:ISTE ( poutre » : les gistes et les sommiers en allumant se destordoient (Chr. ch. 43). Ha. gîte : solive, pièce de bois ; E. gite : solive qui supporte un plancher à chaque étage ; L. gite : l'une des deux longues pièces de bois d’une voiture, d’une charrette ou d’un tombereau, qui reposent sur l'essieu et se continuent pour former les timons ; les gites supportent les ridelles.
74 GorEau « Collier » : et rembourrer mon vieux gorreau Qui n'a loque tenant ensemble (M S Q v. 19350) ; Au sens figuré, « joug » : hors du franchois goreau (Recollection, v. 1034). S. Gourriau, goreau : collier faisant partie des harnais des chevaux de trait ;: E. Goron : Collier de cuir auquel est fixée la chaîne adaptée à l'extrémité libre du timon d’un
me La
chariot ; J. Gorelier gorlier, gorier : bourrelier ; c'est un dérivé de gorel, fort collier des chevaux de trait.
75 HAIGNIER « mordre » : On haigne, on hongne, on en taille une longne (Eages du Monde, v. 190). He. Hagner, agnier : mordre avec avidité ; V. agnon : bouchée d’un mets ; du verbe agner, mordre dans quelque chose ; S. Hagner, J. Hangner : mordre.
76 HALLOT « têtard de saule » : Peuple devot, soubz ung hallot(Sermon de saint Billouart, v. 3). He,. V., E. hallot : saule étêté ; J. hallot : long et fort bâton, rondin, buisson, tétard de saule et, par extension, de toute espèce de bois. Gamillscheg, 5042.
77 HALOTTER ( secouer » : Appaisiés vous, qu'a malle hart, Vous puist on le col halotter (M S Q v. 7555). He. aloter : faire effort pour arracher quelque chose qui branle déjà, agiter par le vent ; V. Alotter : secouer ; Ha. harlotter : secouer, pousser de droite et de gauche, ballotter.
78 HarceLLe 1° «lien d'osier»:; 2° « personne maigre et nerveuse : Nous avons licolz et harcelles Pour enforcier josnes pucelles (MS Q v.8716) ; Menés y deux ou trois harcelles Qui l’appoigneront, il est heure (M S Q v. 6825). He. Archèle : osier qui sert à faire des liens ; V. Archel : petit rameau d’osier servant à lier et rattacher les branches des vignes. : S. Harchelle : branche d’osier pour lier les espaliers ; L. harchelle : hart : fig. femme maigre, très courageuse, dure au travail.
79 HARLER « Couvrir de hâle » : Nuds et harlés de froidure et de fain (Mandement de froidure, v. 70). Bov. Harle, quod Franci vocant halle,
nascens a calore solis albidam cutem aestate tingentis.
80 HAROUGET « vif, éveillé » : propet, tost prest, rouget et harouget (Nativité de Madame Alienor, v. 60). C’est un diminutif de harouge ; cf. Godefroy, IV, 427 ‘, harouce : orgueilleux, chicaneur ; E. arouche : actif, adroit ; cf. J. Morawski, Les Diz et proverbes des Sages, p. 105. Gamillscheg, 508 ?.
81 HarTreau « Cou » : S'en eust col et canolle Du hastrel deslogie (Recollection, v. 967). Th. Hasterel ou hastereau, Picard ; idem quod collum, le col : Du C., III 633 ‘, hasterellus, collum, jugulum, cervix, nostris hasterel et haterel : He. hatreau, hatriel : nuque ; Ha. hatrez : le cou, la gorge ; J. hatrel : nuque, derrière de la tête et, par extension, cou.
82 HayoN «échoppe portative » : d’ung couvertoir et d'ung hayon (Lettres missives de Verjus, v. 112). He. hayon : sorte d'échoppe porta-
tive dont se servaient les marchandes de fruits ; L. haillon : sorte de tente qui sert aux forains pour exposer leurs marchandises sur le marché ; claie garnie de branchages ou de paille qui sert d’abri aux ouvriers des champs. Gamillscheg, 511.
83 HECQUIER ( couper avec une hache » : 1[ ne te chault qu'on brocque, ou hocque ou hecque (Oraison a saint Adrien, v. 155) He. hequer : hacher du bois, le fendre avec la hache ; Ha. haquer : hacher, couper, tailler ; L. haiquer : hacher, couper du bois ; se dit souvent en mauvaise part et signifie, dans ce sens, couper maladroitement ; J. Haiquer : hacher, couper ; dérivés haique, morceau coupé et haïiquette, copeau ; fig., petite quantité. Selon nous, le substantif verbal de hecquer, hecque et le diminutif hequette ou esquette ont désigné des éclats de bois. Von Wartburg, III, 2452, rattache equette au latin esca : « Diese bedeutung erklàrt sich dadurch, dass eben spâne hâufig zum anfeuern verwendet werden ». Cette étymologie fort ingénieuse nous paraît peu vraisemblable.
84 HoëerTE « Cabane » : qui souffloit le feu en la hobette (Chr. ch. 241). He. hobette : espèce de corps de garde pour les douaniers ; V. hobette : c'est en général un petit bâtiment pour renfermer des outils ou des marchandises, mais qui ne sert pas à l'habitation ;: E. obette : petite loge, petit bâtiment. G. Cohen, Aubette (Mélanges À. Thomas, ». 109- 120) ; Guerlin de Guer, À propos d’Aubette (Revue du Nord, XIV, 49-51 ; Meyer-Lübke, R E W3, 4222.
- 85 Hoc « crochet, hameçon » : Après avoir sentu poindans ronchettes, Hocgqs et estocqs je trouvai lieu paisible (La Mort Federicq, v. 13): cf. Chr. ch. 34. Cotg. Hoc as croc : a grapple or great hooke ; L. hoc : instrument de fer pourvu de trois ou quatre pointes recourbées, attaché au bout d’une corde et servant à retirer les seaux ou autres objets tombés au fond d’un puits. De là vient le diminutif hocquet, « crochet » : l’autre a passé par chaines et hocquetz (Voyaige de Naples, v. 117), et le verbe ahoquer, { accrocher » : se les gras moutons s'ahoquoient ou s’ahurtoient a ses espines (L'arbre de Bourgonne).
86 HuICQUET « petite porte » : Environ onze heures, ils ouvrirent le ghicet ou huicquet de la dite porte de Hagerne (Chron. ch. 259). Pour Molinet, ghicet et huicquet sont synonymes. Nous avons montré (Romania LIT, 167-172), que huicquet est la forme picarde de uisset, ( petite porte », qui était devenu wichet et wiquet ; que, d'autre part, guichet est l'équivalent francien de wichet. Cette étymologie de guichet a été admise par L. Clédat dans les dernières éditions de son Dictionnaire étymolo-
ma)
gique. M. O. Bloch (Dict. Etym., I, 353 ?), persiste à trouver douteuse l'étymologie de guichet.
87 HURÉE (talus » : hurees couvertes et merveilleuses mines donnans approche aux susdicts fossés (Chr. ch. 6). He. hurée : crête élevée, revers d'un chemin creux ou d’une rivière ; S. hurée : mot sans équivalent français ; il désigne les bords d’une route, plus élevés qu’elle. J. Haust, Etymologies wallonnes et françaises, 1923, p. 149.
88 JARBE « baquet, cuvier » et je suis plus ront qu'une quenne De boire friant vin de jarbe (MS Q v. 1643). Du C., I, 747 © Jarba, vasis nempe genus, pro Jjalle, cupa minor, vulgo baquet ; cf. Les Evangiles des Quenouilles, éd. Jannet, p. 92 : la première fois que vous jetterez la lessive dessus dans la jarbe.
89 LANCHART « gros bâton de bois : Et ainsi que ces gros ribaux Deschergoient dessus sa cruppe De lanchars ossi gros que vaux (MS Q v. 8593) : cf. RR M ch. 107. He. lanchart : parement de fagot, gros bâtons qu’on place au-dessus pour envelopper le fouffrin. Godefroy, IV, 7102.
90 LoqQuE « mou, fatigué » : Vieux coulletiers qui les langues ont locques (Mandement de froidure, v. 48). Cotg. loque : a rag or tatter, Picard ; S. loque : relâché fatigué, mou, efféminé » ; E. loque, Sf. : loque, mauvais torchon, linge à essuyer ; adj., mou relâché, en parlant d’un tissu ; fatigué, efféminé, en parlant d'une personne. De là le dérivé locu, « deguenillé » : dont on sert les pouvres locus (Ballade figurée, v. 14).
Gamillscheg, 569 ?.
91 LoucHer « bêche » : lesquels avoient fait charger louchets, pelles et picques (Chr. ch. 48). He. louchet : bêche droite ; Ha., V., E., L. louchet :
instrument servant à fouir la terre. Gamillscheg, 5712.
92 Lurre « Glouton » : Depuis le temps du lufre roy Harecque (Mandement de froidure, v. 5) ; cf. Les Evangiles des Quenouilles, éd. Jannet, p. 22 : Il n’en sera si luffres ne gourmant a table ; L. lafrer, loufer, loufrer : manger avidement.
93 LuISIAU «cercueil » : mais elle est etroite a l’advenant plus a un costé que a l’aultre, a maniere d'ung luisiel (Chr. ch. 1). Du C., IV, 153 ° lucellus, feretrum, nostris lusel ; He., S. lusiau, V. luijeau, Ha. lugeu, E. lugé, L. luset : cercueil, bière. J. Jud, Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 63.
94 MacquE « Masse d’armes » : que ses amis a hacques et a macques
(Debat de la chair et poisson, v. 228). Du C., IV, 168 ?. Macha, clava,
Gall. masse vel massue, alias mache et macque ; He. Macque : Massue, en parlant d’un bâton qui a une boule au bout. De là le dérivé macquette, Cpetite boule » : coullions quarrés, vis a grosse macquette (Response a
ME A. Busnois, v. 41). V. Gay, Glossaire, I, 121.
95 Mais « Mauvais » : Trop tost vient message a tous lés qui maïises nouvelles rapporte (P. fol. 45 verso) He. Sentir mais : puer, sentir mau-
vais : S. mai, mouai : mauvais. Meyer-Lübke, REW3, 52652.
96 MALETTE « petit sac » : Baillés leur malette et bourdon (M S Q v. 3285) ; cf. RRM ch.92. He. malette : sac de toile que portent les mendiants ; V. Malette : sac, poche, gibecière où les bergers mettent des vivres pour la journée ; S. Ha., E. Malette : panetière, petit sac où les ouvriers mettent leur pain.
97 MALoT « bourdon » : que weppes ne que gros malos (A David W, alle, v. 12) : escoutés quelz malos ruyans (MSQ v. 1795). C., Ha., E., L. malot : bourdon, Archiv für das Studium der neueren Sprachen, CXLV, 262-3.
98 MauviAR « merle » : aloettes, mauviars, sansonnés (Chappelet des dames, v. 104). He., V., E. mauviar : merle. Gamillscheg, 6012.
99 MEHALLER « pourrir » : T'es carpes sont meschans et mehallés (Debat d’apvril et de may, v. 80). C’est une autre forme de mesaler. He. mesalé : qui a perdu sa fraîcheur ; voir Romania, LIII, 156.
100 MESQUINE servante » : ils avoient voulu esforcer la mesquine de leur logis (Chr. ch. 116). Th. Mechine et Pic. mequine, c'est-à-dire chambrière ; He., Ha., V., J. mequaine ou mequingne : servante, femme de ménage ; E. Mequenne : fille ou femme de service, servante de ferme :
ustensile de cuisine. Gamillscheg, 608? : Meyer-Lübke, REW®, 5539.
101 MET «pétrin» : en cave dessus une met (Argumentum operis, v. 20). He., E. mée, V. mets, S. maite, Ha. mait, J. met, L. moie : pétrin. Gamillscheg, 581? : Mever-Lübke, REW3, 5227.
102 MoucHoN « moineau » : Pies, frions, linettes et mouchons (Chappelet des dames, v. 105) ; cf. chasseurs de blancs moissons (RRM, ch. 104). He, S., V., E., J. mouchon : moineau. J. Jud, Zeitschrift für romanische Philologie, 1914, p. 39 et 62.
103 MouFrFLE « gros gant » : Couteaux, bonnet, moufle, robe et pourpoint (Lettre a de Fenin, v. 13) ; prent on bien ung tel cat sans mouffle