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Aultres tres cleres haultes proesses de grand renom ont esté achevees en aultres quartiers et places, a l'honneur de la maison de Bourgoigne, lesquelles je tiendrai en silence, jusques a ce que je me polrai trouver es lieux ou les exploicts en ont eslé faits, pour enquerir la verité. Le même souci de vérité se manifeste encore plus loin (ch. 118, début) : Je metterai par escript, au vrai le plus pur que possible me sera, les estats, cerimonies, entrees, receptions, joustes, bancquets, festoiements, nouvelletés, singularités, honneurs et magnificences que nous appelons triomphes, qui furent faicts en ce voyage...
Il est certain qu'il dut se déplacer assez souvent pour compléter ses informations. Î] nous dit qu'il assista au siège de Neuss. En juillet 1486, Maximilien se rendit à Bruxelles avec son fils Philippe, pour y rencontrer son père l’empereur Frédéric ; Molinet fut témoin de l’entrevue (ch. 148) : Et disoient aulcuns qui les regardoient : Veez ci figure de la Trinité, le pere, le fils et sainct esprit. Moy le plus simple de tous autres, oyant ces motz et regardant ces trois personnes ensemble... En mai 1490, il apprend qu'un adolescent du village d’Arin ‘ a des visions : le jeune homme voit en songe sa mère, qui lui ordonne de faire un pèlerinage à Notre-Dame de Hal, pour qu’elle soit délivrée des peines du purgatoire. Le fils s'en va, mais est obligé de s'arrêter en chemin. Sa mère lui apparaît de nouveau et lui enfonce les doigts si rudement dans le bras qu'il en garde des cicatrices. Molinet se rend à Hérin, pour vérifier ce fait singulier (ch. 228) : Et pour cognoistre la verité de ceste apparition que je reputoye estre frivole, Damp Jehan Defontaine, notable religieu dè Saint Benoit, tresorier de Nostre Dame la Grande, en Vallenchiennes, me mena audit Arrin...
En réalité, Molinet fit bien d’autres voyages, dont il n’a pas parlé. Ïl prit soin aussi de se procurer les documents offciels. Il nous raconte, par exemple, qu’en 1479 les aigles impériales furent effacées sur les portes, à Cambrai, et remplacées par les armes de France, dont l'empereur Frederick tres mal se contenta, comme j'ai apperçu par la coppie d’une lettre missive envoyee au roi de France (ch. 70). Molinet nous prouve enfin sa bonre foi, quand, à plusieurs reprises, il déclare que certains événements lui sont restés inconnus (ch. 60, fin ; ch. 93, 156, 315).
Notre chroniqueur, animé des meilleurs desseins et désireux de connaître la vérité, a-t-il toujours réalisé ses intentions ? Ce n'était pas chose aisée, au temps et dans le milieu où il vécut. Il commence ses Chroniques en 1475, à une époque où Charles le Téméraire forme les projets les plus ambitieux, où la maison de Bourgogne, riche et puissante, se dresse