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La même année, Philippe le Beau, se rendant en Espagne, traverse la France et est reçu joyeusement par les bonnes villes. À son retour, Louis XII et la reine lui font fête à Lyon et Philippe le Beau s'entremet pour réconcilier son beau-père et le roi de France. Cette fois, Molinet est à l’aise ; 1l n’a plus à prendre parti ; il remplit ses fonctions d’historiographe avec sérénité. adà
Nous pouvons, du reste, contrôler la véracité de notre chroniqueur : il sufht de comparer certains chapitres des Chroniques à des travaux d’historien qui reposent sur les documents originaux. La description du siège de Neuss est confirmée en tout point par les Archives de Cologne. L’exactitude se vérifie même dans les détails : après la reddition de Linz, et malgré les clauses de la capitulation, les troupes de l'empereur Frédéric détroussèrent les habitants de la ville et les Bourguignons retardataires, ce qui donne à Molinet l’occasion de blâmer la perfidie germanique (ch. 12) : Vela la certaine asseurance et leale confidence d'entre vous, fins rustres d’Allemaigre ! Vela la vraye credence et noble parolle sociale que vous entretenez aux aultres, quand vous avez les bras au-dessus. ? Le fait n’est pas contesté par un chercheur allemand, qui, voulant en atténuer la gravité, explique que l’empereur ne fut pas maître de la saldatesque et qu'il se retira mécontent à Andernach ?.
Le récit de la défaite de Charles le Téméraire à Morat (juin 1476),
concorde avec ce que rapportent les dépêches de l'ambassadeur milanais *.
De la bataille de Guinegatte, Molinet a laissé une longue relation. Après examen des sources, E. Richert lui reproche de céder à des sympathies personnelles, pour supprimer des détails intéressants. Il reconnaît toutefois que le récit de Molinet n'est pas un panégyrique de Maximilien, puisque tout l'honneur de la journée est attribué aux piétons flamands et au vaillant comte de Romont ‘. Là encore, Molinet veut être exact et complet : il rapporte au’au début de l'engagement une compagnie de Bourguignons fut enforcée et poursuivie jusqu'aux remparts d’Aire et qu'au cours de la mêlée une troupe de Français s’empara de l'artillerie du duc d'Autriche et s’en servit contre lui, jusqu’à ce que le comte de Romont pût reprendre les canons et rétablir la situation 5.
1. Dans les chapitres 2 et 6, Molinet flétrit encore la déloyauté des Germaniens.