‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 40 sur 157 · J. Huizinga, op. cit · texte numérisé non relu

J. Huizinga, op. cit

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l'archevesque y voloit mettre l'archiduc ; toutes fois ils s'accorderent et marcherent par la maniere qui s'ensuit : premiers, les gens de l’empereur, ceux de l'archevesque de Coulongne, ceux du duc de Jullers, les gentilshommes de l'archiduc, les trompettes qui firent grand debvoir, messeigneurs les princes le marissal de l'empereur qui portoit l'espee nue, l'empereur, l’archevesque de Coulongne au dextre costé et l'archiduc, ayant le chief descouvert au senestre costé. Un petit arriere, a grande leesse et a hault triumphe, le tres puissant pere et son tres noble fils entrerent en la ville d'Aix. Et fut le pere convoyé du fils jusques en sa chambre, puis le fils retourna a son logis. Dans toutes les cérémonies officielles, qu’il s'agisse de l'entrée solennelle d'un souverain ou des fêtes de l'Ordre de la Toison d’or, qu'il soit question de célébrer un baptême, des noces ou des funérailles, on observe toujours de minutieuses prescriptions.

Pour l'étiquette, les ducs de Bourgogne rivalisent avec les rois de France : ils l'emportent sur eux par le luxe et l’opulence. Le domaine bourguignon comprenait les riches et puissantes cités flamandes dont la prospérité était proverbiale. Le Banquet du faisan avait donné lieu, en 1454, à de somptueuses fantaisies.

En 1468, le plus magnifique apparat fut déployé aux noces de Marguerite d'York et de Charles le Téméraire !. Molinet décrit, à son tour, le faste bourguignon. Dans les joyeuses entrées de souverain, il montre avec quelle magnificence les bonnes villes décoraient les rues et installaient, dans les carrefours, des échafauds où s'ordonnaient de merveilleux tableaux vivants ?. Pour les chapitres de l'Ordre de la Toison d'or, les fêtes les plus brillantes sont organisées *. Les baptêmes des princes sont l’occasion de pompeuses réjouissances. Quand, par exemple, le fils de Marie de Bourgogne et de Maximilien, Philippe, fut tenu sur les fonts, l’église de Saint Donat, à Bruges, fut tendue de drap et de riche tapisserie (ch. 59) : Devant ceux qui portoient aucunes riches choses servans au saint mystere de ce baptisement, precederent douze nobles chevaliers, ayans chascun la torse au poing ; desquelles choses l'aube aornee de riche pierrerie fut portee par monseigneur de Renty, les bachins d'or et une serviette par monseigneur de la Gruthuyse, la saliere et le sel par Loys, monseigneur de Luxembourg, fils de Monseigneur le Connestable, et le ciron

1. O. Cartellieni, op. cit., 167 ; J. Huizinga, op. cit., 381.

2. Voir, en particulier, les chap. 23, 95, 115, 148, 185, 264, 272, 275, 283, 288, 297, 303, 310, 314, 315, 333.

3. Les chapitres furent tenus à Bruges en 1478 (ch. 51), à Bois-le-Duc, en 1481 (ch. 83), à Malines, en 1491 (ch. 235), à Bruxelles, en 1501 (ch. 310).

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