Un exemplaire est à la Bibl. nat., Rés. Ye
L'Art de Rhétorique est bien de Molinet Date de composition
On a cru longtemps que l'Art de Rhétorique était d'Henri de roy. Déjà en 1883, Bijvanck montrait que l'édition Croy-Vérard était un nouveau cas de supercherie littéraire et que le traité était l'œuvre de Molinet !. En 1890, E. Langlois reprenait la démonstration dans sa thèse latine et il la complétait en 1902 dans son Recueil d'arts de seconde rhétorique *. Dans l’Introduction et les notes qu'ils ont écrites pour .le Jardin de Plaisance, À. Piaget et E. Droz ont contesté cette attribution. Après avoir tenté de réfuter les arguments de Langlois, ils arrivent à cette conclusion : « L'auteur de l'Art de Rhétorique, qui n'avait rien à faire avec la famille princière de Croy, était probablement originaire d'un des nombreux Crouy que mentionne le Dictionnaire des Postes * ». Nous avons observé ailleurs que les commentateurs du /ardin de Plaisance n'ont apporté aucune raison décisive pour rejeter l'attribution des manuscrits ‘. Nous nous bornerons à ajouter quelques remarques.
Pour enlever la paternité de l’Art de Rhétorique à Molinet, il faut accepter les assertions de l'édition Vérard comme authentiques et considérer les données des manuscrits comme fausses et apocryphes. Chacune de ces opinions nous paraît également insoutenable.
Tout d’abord, il est difficile d'admettre que la dédicace qui se trouve dans les vélins est originale : elle démarque le prologue qui figure dans les manuscrits. Ici, l’auteur s'adresse à un tres honnoré seigneur et, selon la coutume, révèle, par un jeu de mots, son nom véritable. Là le personnage à qui est destiné l'ouvrage est le roi Charles VIII et celui qui lui en fait présent est Henri de Croy. Dans l'édition, les passages qui expriment des sentiments hostiles aux Français ont été modifiés ; quelques substitutions de mots en ont changé l'esprit et le sens. De plus l'impression est beaucoup plus incorrecte que les manuscrits ; elle fourmille de
É 1. W. G. C. Bijvanck, Essai critique sur les œuvres de François Villon (Leyde, 1883), p. 80, note 2, LÊE. Langlois, De artibus rhetoricae rythmicae (Paris, 1890), 51-58 ;i Recueil, LVI-LXV 3. Jardin de Plaisance, I], 48.