‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 48 sur 157 · G. Mari, op. cit · texte numérisé non relu

G. Mari, op. cit

D ane

a remarqué aussi que, pour la définition de l’e féminin, Molinet reproduit ce qu'avait énoncé déjà Jacques Legrand :

Archiloge Sophie Art de Rhetorique Si doiz doncques scavoir que quunt Et est assavoir que toutté diction

ce voyeul e se prononce impar/faicte- imparfaitte et de singulier nombre ment el faintement, lors la sillabe fine par e imparfaitement et faintequi est terminee en tel voyeul est ment sonnant, comme viergé, mere. appelee femenine…

Les Regles de la seconde rhetorique et le traité de l’anonyme lorrain présenteraient aussi quelques points de ressemblance avec l’opuscule de Molinet !.

Molinet, toutefois, a donné plus qu'il n’a reçu. Un art de Rhétorique qui se trouve dans le ms. 2375, fol. 38 verso-41 recto, et dont nous avons une édition gothique imprimée vers 1500, à Lyon ?, offre la particularité d’être écrit en vers. Ce système est très fâcheux. E. Langlois en marque fort bien le défaut :« Quand aux difficultés de la mesure et de la rime on ajoute celle, beaucoup plus grande, d’enfermer la règle dans le cadre trop étroit ou trop large de l'exemple même, on court les risques d’être à la fois incomplet, diffus et obscur » ?. Il existe beaucoup d’analogies entre ce traité anonyme et l’œuvre de Molinet. D'après les passages que l'on peut rapprocher, il apparaît comme évident que l'imitateur n'est point notre rhétoriqueur “.

Il semble bien aussi que l’Infortuné, auteur de l’/nstructif de la seconde rhetorique, se soit inspiré de Molinet. Tel n’est point l'avis des commenrtateurs du Jardin de Plaisance, qui reproduit l'Instructif. Voici, en effet, ce qu'ils nous disent sur la date de composition de cet opuscule : « Le traité de l’Infortuné contient une pièce qui a échappé à l'attention des érudits. Cette pièce a été écrite à la louange d’un roi de France. Il y est question d’un roi (atteint de fortune anormale », qui (eut patience en son adversité et qui finit par « extirper division totale » et réduire (son règne en unité”. Ce prince, que l'Infortuné appelle «le bon roy catholique» n'est autre que Louis XI. Attribuant sa « victoire générale » à la divinité, ce roi institua une feste tres principale » pour louer Dieu à perpétuité. Ces allusions semblent se rapporter à l’année 1472. Le 22 mars de cette

Page 1