Bibl. nat., Rés. Ye
3, E. Langlois, Recueil, LXXII.
4. Voir les rapprochements établis par E. Langlois, Recueil, LXXI. :
année-là, en effet, une trève solennelle fut conclue entre le roi de France et le duc de Bourgogne et, peu après, Louis XI donna l'ordre à « son bon populaire, manans et habitans de sa cité de Paris, que d'ores er avant, a l'eure de midi que sonneroit a l’eglise dudict Paris la grosse cloche, chascun feust flechi, un genoil en terre, en disant Ave Maria, pour donner bonne paix et union ou royaume de France » ( Journal de Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, I, 264) … En 1501, l'Infortuné paraît avoir tout bonnement repris un traité qu'il avait composé longtemps auparavant |».
Nous ne pouvons accepter ces conclusions. Il nous paraît difficile de considérer comme une grande fête l'obligation pour les Parisiens de s'agenouiller à l'heure de midi et de dire un Ave. Mais une autre constatation est décisive : Louis XI n’a jamais cessé d’être le roi très chrétien et le roi catholique qui a ramené l'unité dans son royaume en chassant les Maures de Grenade n’est autre que Ferdinand d'Aragon. Un passage des Mémoires de Commynes est significatif : Le pape leur [à Ferdinand et à [Isabelle] avoit voullu attribuer le nom de tres chretien et l’oster au roy [de France] et plusieurs fois leur avoit escript ainsi au dessus de leurs briefz qu'il leur envoyoit ; et pour ce que aulcuns cardinaulx contredisoient a ce tiltre, leur en donna ung aultre, en les appellant tres catholiques et ainsi leur escript encore et est a croire que ce nom leur demeurera a Rome ?. C'est en décembre 1496 que le pape Alexandre VI décerna le titre de rois catholiques à Ferdinand et à Isabelle. Ce fait nous permet de fixer entre 1497 et 1501 la date de composition de l’Instructif de la seconde Rhetorique. Dans ces conditions, on peut admettre que l’Infortuné a utilisé l’Art de Rhétorique de Molinet. Tous deux condamnent les redites (Recueil, p. 250 et 251 ; Jardin de Plaisance, a 111 verso b) ; ils ont la même aversion pour les rimes de goret, qui sont bonnes pour les bergers et les ruraux (Recueil, p. 249 ; Jardin de Plaisance, a 111 verso a) ; ils recommandent les verbes composés de prépositions (Recueil, p. 251 ; Jardin de Plaisance, a Vi recto b).
Dans le Grand et vrai art de pleine Rhétorique, Fabri s’est surtout inspiré de l’Infortuné. Il met en prose une grande partie de son traité et cite souvent son nom. Îl a donné de certains vers difficiles une version plus claire et a développé des passages concentrés et obscurs.
Il s'est également servi de l'Art de Rhétorique de Molinet : il lui emprunte des développements sur les vers septains, sur la riqueraque et
1, Le Jardin de Plaisance, I, 49.